Les MOOC ou le challenge de disrupter l’éducation

MOOC, acronyme de massive open online courses en anglais, c’est la promesse de formations en ligne ouvertes à tous : étudiants, retraités, demandeurs d’emplois… Allier pédagogie et technologie, c’est le défi de nombreuses startups françaises à s’être lancées dans la formation sur le web et qui ont l’intime conviction que le futur de l’éducation se trouve ici.

Le numérique est aujourd’hui bien plus qu’un outil, c’est un profond changement de notre façon de vivre et de notre rapport à tout ce qui forme notre quotidien : de notre façon d’interagir en communauté à notre façon d’acheter nos simples courses ou une nouvelle voiture. Depuis quelques années, c’est l’éducation qui tend vers le digital.

Un premier pas vers la digitalisation des écoles

Face aux universités trop souvent surchargées, il est devenu fréquent que les étudiants puissent suivre les cours à distance par visioconférence, notamment aux Etats-Unis : 4 millions d’étudiants diplômés avaient suivis au moins un cours en ligne, sur 16 millions d’étudiants au total en 2012. En 2015, il était annoncé que plus de 95% des universités américaines de plus de 5 000 étudiants proposaient des cours en ligne.

Mais là où la disruption est réellement effective, c’est lorsque des pureplayers ont décidé de rendre l’éducation libre et accessible à chaque détendeur d’un ordinateur de de volonté.

Mathieu Nebra, co-fondateur du site du zéro en 1999 plus tard devenu OpenClassrooms, explique que son site délivre des formations à part entière, aujourd’hui reconnues par l’état, essentiellement basées sur le numérique, le développement et le design. Aujourd’hui, plus de 2 500 000 de visiteurs ont consultés les cours totalement gratuitement.

Actuellement leader des MOOC en Europe, OpenClassrooms doit son succès à son accessibilité, sa version freemium et la qualité de ces cours, mais aussi aux convictions des fondateurs : rendre la pédagogie plus humaine grâce au numérique. Là où les écoles et universités, prennent en grande partie des étudiants post-bacs et rassemblent les campus dans les grandes villes, les MOOC cassent les frontières des âges (sur OpenClassrooms, on apprends de 18 à 45 ans) et des lieux (on apprends partout, chez soi).

Et le futur ?

Les MOOC ont de beaux jours à venir. D’après M. Nebra, les formations en ligne sont la réponse au fossé que sépare le système post-bac d’aujourd’hui et la réalité des carrières professionnelles. Tout ce qu’on apprends aux étudiants devient très rapidement obsolète. Le monde du travail est en constante évolution, certains métiers évoluent, d’autres disparaissent, remplacés par de nouveaux métiers. N. Nebra prend l’exemple des grandes compagnies d’assurances et leurs habituels experts en risque, sont désormais challenger par des data scientists.

Illustration by Alaina Johnson

Les étudiants actuellement en formation ne font pas face aux mêmes défis que les anciens. Les carrières ne se font plus dans une seule et même entreprise, et encore moins avec un seul et même métier. Alors pourquoi garder le système d’études unique à la sortie du lycée ? 
Les MOOC encouragent les formations continues, plus courtes (3 à 6 mois…) mais régulièrement. Tout cela dans un aspect collaboratif, à l’inverse des SPOC, cours en ligne plus individualistes.

OpenClassrooms a récemment levé 6 millions d’euros pour affirmer sa position de leader européen et maintenir les valeurs de collaboration et de formation pour tous, en continuant de proposer l’accès premium à tout demandeur d’emploi. Un avenir optimiste semble attendre les MOOC qui ne cessent d’augmenter leur nombre d’utilisateurs. Il serait intéressant de se pencher sur les effets à long terme d’une éducation individualiste, sur écran à domicile.

Amandine Loiseleur, le 17 Novembre 2016.