L’histoire des Amours d’Hôtels de Charme

Sarah Lauferon, propriétaire de la collection Les Amours d’Hôtels de Charme qui regroupe aujourd’hui trois établissements : Le Petit Palais d’Aglaé (Gordes), le Grand Hôtel Dechampaigne (Paris, 1er arrondissement) et le Boudoir de la reine (Paris, ouverture en 2017) nous offre une interview exclusive.

Racontez-nous votre histoire

J’ai passé mon enfance dans un petit village de campagne où j’ai grandi comme fille unique, avec des parents propriétaires de plusieurs pressings. A mon adolescence, nous avons déménagé à Paris et c’est là que ma famille s’est lancée dans l’hôtellerie. Mon arrivée à la capitale a été difficile et l’aide que j’apportais à mes parents à l’hôtel était pour moi une forme d’échappatoire. Je retrouvais là les bonnes habitudes de travail que j’avais développées en les aidant au pressing. Dès l’âge de douze ans, je remplaçais à la réception et je m’intéressais à tout ce qu’il se passait.

Après mon baccalauréat, je me suis lancée dans des études d’économie de la santé. Mais une fois ma maîtrise en poche, c’est tout naturellement que je suis allée prêter main forte à mes parents qui dirigeaient alors un hôtel quatre étoiles dans le huitième arrondissement. J’ai occupé le poste d’assistante de direction pendant huit ans au sein de cet établissement et j’ai construit parallèlement ma vie de femme.

Après la naissance de mon fils, mes ambitions ont changé. Dans l’hôtellerie haut de gamme, tout se faisait en force ; il n’y avait rien de fluide, rien de naturel. Pour ma santé personnelle et l’épanouissement de ma famille, j’ai décidé de quitter le monde du luxe et de me lancer, indépendamment de mes parents, dans une aventure hôtelière plus vraie, à échelle humaine.

Au cours des quinze dernières années, j’ai repris trois hôtels à Paris et créé Les amours d’Hôtels de Charme en 2005. J’ai ainsi développé une forme de boutique-hôtel où l’objectif de remplissage était gommé pour laisser place à l’échange humain, à la douceur et au plaisir des rencontres.

Ma reconstruction intérieure débutée alors, continue aujourd’hui avec l’ouverture de nouveaux hôtels comme le Petit Palais d’Aglaé le mois dernier.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussée à lancer une collection d’hôtels ?

C’est arrivé dans mon cheminement personnel. Mon idée initiale était de changer le mode de fonctionnement de l’hôtellerie. Cela a commencé avec le Grand Hôtel Dechampaigne dirigé par ma mère mais au sein duquel j’ai souhaité insuffler un service hôtelier personnel et humain.

Les murs de cet établissement transpirent d’ondes positives. Le Grand Hôtel Dechampagine date de 1562 et je sens l’énergie de son passé ; c’est comme si toutes les âmes qui y avaient séjourné au fil du temps, y avaient laissé une part d’elles.

A la fin des années 1990, entre l’arrivée de mon fils, l’intensité de mes journées de travail (souvent de quatorze heures) et le manque d’humanité dans le luxe, j’ai dû tourner une nouvelle page de ma vie et passer à quelque chose de plus sain, à quelque chose qui me ressemblait. C’est aussi à cause de ce passé dans la profession que je refuse d’être assimilée au haut de gamme. Mes hôtels proposent des services de qualité mais je m’inscris dans quelque chose de plus simple et humain.

Pourquoi le thème des anges revient-il dans vos établissement et pourquoi les avez-vous choisis pour représenter la collection des Amours d’Hôtels de Charme ?

Lorsque j’ai commencé ma reconstruction intérieure, je me suis entourée d’anges. Devant l’un de nos anciens hôtels, il y avait un marchand qui en vendait beaucoup. Ils ont d’abord atterris dans la décoration des halls et des chambres, puis j’ai pris goût à la recherche de nouveaux objets et ils se sont installés naturellement dans ma vie professionnelle et personnelle. J’ai ouvert les yeux sur la douceur, sur une certaine abnégation envers les gens que je côtoie et les rencontres que je fais depuis.

Y a-t-il d’autres projets à l’horizon ?

Mes parents ont fait une acquisition en Normandie il y a plusieurs années. Il s’agit d’une superbe maison au milieu des haras ! La propriété est entourée par la nature et l’ambiance y est paisible. Je souhaite continuer ce renouement avec les forces de la nature que j’ai lancé avec l’ouverture du Petit Palais d’Aglaé à Gordes, sur les hauteurs des champs de lavande et des oliviers. Cette maison sera transformée et rejoindra Les Amours d’Hôtels de Charmes dans quelques années.

Avant cela, je vais réaliser de grands travaux dans un hôtel dont je suis propriétaire à Paris afin qu’il rejoigne lui aussi la collection. L’hôtel Pointe Rivoli sera fermé à partir du 2 janvier 2017 et rouvrira le 9 février 2017.

C’est très plaisant de mener des projets entre Paris et des petites villes, cela me permet d’avoir des moments de solitude. Il y a une telle activité, une telle réflexion tout le temps avec ce projet de vie qu’est la collection des Amours, que je me mets en situation de solitude choisie, je médite, je me recentre sur moi-même. Je souhaite que mes clients puissent réaliser le même voyage intérieur et j’optimise donc ces « maisons » en lieux de pèlerinage personnel.