2014–2018. L’Habibliothèque.

Anahi Nguyen
Nov 11, 2018 · 4 min read

Quatre ans. A la fois les meilleurs et les pires moments de ma vie. Quatre ans à la vitesse d’une fusée qui m’ont paru toute une vie. Quatre ans et l’aventure s’arrête.

En 2014, il n’y avait rien. Le mot « location » dans la mode était vulgaire, louer une robe était destiné aux pauvres et louer ses vêtements une aberration.

En 2018, la mode se loue, les garde-robes s’empruntent et le mot « location » devient tendance.

En 2018, il y a Panoply, Une Robe un Soir, Dresswing, Beaurow et d’autres. Il y a surtout les marques haut de gamme qui ne voient plus la location comme une insulte à la création mais comme un marché porteur d’avenir pour revaloriser la mode.

En 2018, il y a eu L’Habibliothèque.

Grazia — 2014

L’ouverture d’un nouveau marché

Pendant quatre années, nous avons tenté de révolutionner la mode, de créer un nouveau marché à l’ère de l’économie circulaire et de la mode jetable. Nous avons bousculé un mastodonte, une industrie vieillissante, pour la faire vivre à nouveau mais différemment, pour consommer mieux et plus intelligemment, pour être responsable et stylée à la fois.

Une vision d’avance, un concept pionnier, l’ouverture d’un marché, la location sous un nouveau jour et une clientèle désormais bien avertie, telle est notre fierté et réussite.

Nous avons converti des milliers de femmes à consommer autrement, nous avons été soutenues par la presse et nous avons convaincu des marques de renom à adhérer à notre modèle.

Et même si nous n’avons pas pu aller au bout, même si l’aventure prend fin aujourd’hui, le chemin a été exceptionnel.

La scalabilité comme enjeu

En 2014, nous étions loin de nous imaginer ce que L’Habibliothèque impliquerait. Le mot « startup » nous était encore inconnu, mais nous avions ce qui nous a fait arriver jusqu’ici : l’ambition et la détermination.

Nous avons cependant rapidement compris que pour atteindre les objectifs que nous voulions pour cette boîte, pour « scaler » comme on l’a appris ensuite, nous ne pouvions nous en tenir à quelques tableaux Excel permettant de gérer les flux.

Nous pensions monter une boite de mode, mais nous nous sommes lancées dans une start-up purement opérationnelle où la logistique et la gestion des flux prime sur les tendances et les défilés.

Nous avons donc mis en place des process opérationnels permettant de gérer plus de 3000 locations mensuelles, développé un système de tracking avec la RFID pour tracer le parcours des pièces afin d’avoir un stock dynamique en temps réel, et nous avons internalisé le nettoyage afin d’optimiser la rotation des stocks et d’accroitre sa rentabilité.

Une aventure incroyable

Alors si nous avons parfois peu dormi, si souvent les week-ends n’en étaient pas et si les jours de congés se comptent en quatre ans sur les doigts d’une main, j’ai aimé cette boite avec passion. Pas pour ce qu’elle est, mais pour ce qu’elle m’a permis de faire.

Nous avons crée une vraie communauté qui nous a suivi et soutenu, nous avons noué des liens forts avec nos Abonnées et nous avons réussi à engager des milliers de personnes dans notre aventure.

J’ai rencontré des personnes exceptionnelles (parmi nos abonnées, parmi les entrepreneurs comme Shanty ♥️, ou même au hasard d’un meeting ou d’un verre), j’ai intégré un Must-Have: The Family ♥️, j’ai croisé la route d’un CTO psychologue à ses heures perdues , Nico, et j’ai eu une équipe hors du commun, prête à déplacer des montagnes : Ambre, Louise, Maxime, Alizée & Marine, sans qui rien de cela n’aurait été possible.

Après avoir erré depuis mes 18 ans des concours Grandes Ecoles au Cours Florent en passant par la mode, j’ai enfin su à 32 ans ce que j’aimais faire et ce que j’avais envie de faire : Entreprendre.

La fin d’un chapitre

Nous avons essuyé tous les plâtres en quatre ans, à tester, tenter, faire et défaire pour trouver le business model qui pourrait fonctionner. Malgré notre acharnement, les quatre ans nous ont rattrapé et nous n’avions plus les fonds nécessaires pour continuer, étranglés par le passé.

Nous avons tenté de lever à nouveau des fonds mais cela n’a pas abouti: marché non significatif, preuve de concept à faire, business model à affiner…

Si les raisons sont multiples, je reste persuadée qu’il y a un marché pour la location de vêtement par abonnement (les témoignages de nos abonnées en disent long). Mais pas avec cette structure, pas avec un poids aux pieds et pas sans l’aide des marques de mode.

Nous pouvons faire changer les mentalités, nous pouvons consommer mieux et lutter contre la fast-fashion, mais nous ne pouvons le faire sans l’appui des marques établies.

Avec L’Habibliothèque, la mode a commencé a changé et même si nous devons clore ce chapitre, ce ne sera certainement pas la fin de l’histoire.

Je remercie tous ceux qui nous ont accompagné dans ce projet un peu fou de vouloir révolutionner la mode, à commencer par nos investisseurs, nos fournisseurs, nos partenaires et bien sûr nos chères Abonnées.

Et par dessus tout, je remercie ma soeur Aurélie de m’avoir supportée, dans tous les sens du terme, et sans qui cette aventure n’aurait pas été ce qu’elle a été et grâce à qui elle restera inoubliable.

xx

Anahi

Written by

French Entrepreneur - Ex Co-Founder & CEO L’Habibliothèque

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