L’escape game, nouvel outil de cohésion pour les entreprises

Oubliés les sauts à l’élastique et les soirées bowling. Depuis un an, à Bordeaux, les escape games sont la nouvelle tendance pour renforcer la cohésion entre les salariés d’une même entreprise. De nombreux groupes s’y sont essayé. L’Oréal, Lacoste, Orange… et dernièrement Colissimo a tenté l’expérience. Mais ce jeu urbain est-il réellement le nouvel ami des patrons en quête de productivité ?

Dès l’entrée, l’immersion dans la maison de Sherlock Holmes est réussie.

L’effervescence commence à s’emparer des 150 mètres carrés du 5 rue Pierre Loti, dans le quartier de la gare de Bordeaux. Ça grouille d’amis, de familles, de collègues. Il est 18h55. Aurélie Mousseau, cheveux courts et visage d’ange, attend seule ses camarades de jeu, assise sur l’un des nombreux canapés de velours vert installés dans le hall d’entrée. La jeune quadra est une employée de l’entreprise Colissimo. Avec ses confrères, ils ont été invités à profiter de la douceur des débuts de soirées pour s’essayer au nouveau jeu tendance, l’escape game.

C’est son manager, qui a décidé d’offrir une session aux commerciaux de la région grand Sud-Ouest, après une journée intensive de réunions dans la capitale girondine.

Aurélie sourit à Jean-Baptiste, l’un des responsables des lieux, un peu gênée : ses collègues n’arrivent qu’au compte-goutte. Le groupe des onze commerciaux ne sera au complet qu’après vingt minutes de retard. « C’est souvent comme cela avec les entreprises. Certains viennent à reculons, parce qu’ils n’ont pas choisi de faire cette activité… et ils ressortent de la salle tout excités à l’idée de pouvoir revenir nous voir en privé, avec leur famille ».

“Je vais flipper si on se retrouve dans le noir… ” confie Carole à Aurélie, impatiente de voir ce qui l’attend, enfermée pendant une heure dans cette salle mystère.

Cette fois-ci, le retard n’est pas synonyme de démotivation. Oublié la fatigue d’une journée de séminaire. Le groupe accueilli par Jean-Baptiste et son équipe est conduit dans un des salons, de style victorien, pour le brief d’avant jeu. La grande pièce est tamisée, l’atmosphère est énigmatique. Les challengers chuchotent, de peur de casser le mystère du lieu. Rien n’est laissé au hasard dans cette décoration 19ème siècle.

Auriane, la meneuse du jeu, privilégie toujours ce salon quand elle le peut pour l’explication des règles du jeu.

Auriane, le maître du jeu pour la soirée, entre alors en scène. C’est décidé, deux équipes constituées s’affronteront sur le thème Meurtre au Port de la Lune. Accusés du meurtre du capitaine du navire, les joueurs, prisonniers dans une cale, vont devoir à tout prix s’échapper avant leur exécution imminente. Aurélie et ses collègues auront 60 minutes pour collecter des indices et résoudre des énigmes afin de sortir de la pièce, vainqueurs.

Rentrer dans la peau de Sherlock Holmes le temps d’une course contre la montre, voilà la mission affichée de ce nouveau type de jeu urbain.

Certaines fois, la constitution des deux équipes s’effectue par un faux tirage au sort. Jean-Baptiste raconte : « il arrive qu’un manager d’une entreprise me demande de faire cela parce qu’il veut à tout prix que des collègues, qui ne s’entendent pas forcément bien dans le cadre du travail, puissent apprendre à se redécouvrir dans un cadre ludique ».

Cette fois-ci, nul besoin de constituer les deux groupes de manière superficielle. Ce sera Colissimo Bordeaux vs Colissimo Toulouse.

Dans la lumière, Jérôme Gui, le manager et organisateur de cette activité, se réjouit de la bonne entente entre ses collègue à la fin de la partie.

Les deux équipes ont échoué. Les collègues, posés dans un salon aux allures privatisées, verre à la main, échangent sur leur heure d’enfermement respective. « Je suis sûre que vous avez bloqué sur le casse-tête. La logique, c’est pas votre truc ! » Ça rigole et ça taquine. Tout cela va finir dans un beau resto.

Pour les onze marins prisonniers, c’est un retour en enfance.

Pour le manager, c’est une manière subtile de renforcer la cohésion de groupe et l’esprit d’équipe entre ses employés.

Pour les escape games, c’est une façon d’ouvrir leur marché à une nouvelle cible, celle des teams building.

Le team building, cest ce processus continu qui a pour but de renforcer les liens existant entre les membres d’une équipe et de créer une cohésion de groupe. Depuis plusieurs années, des activités ludiques se développent pour offrir aux salariés ces moments de partage. Les escape games en font partie.

Les escape games, une pratique efficace ?

Les chiffres

Entreprises et escape games à Bordeaux

Blandine Le Page, Jennifer Biabatantou et Anaïs Moran.