Emmanuel Macron a compris les enjeux de la transformation numérique

Le numérique n’est pas un secteur : c’est une transformation technologique qui affecte progressivement tous les domaines de l’économie, en touchant aussi bien les transports ou l’hébergement que l’éducation, la justice ou la santé… Le numérique déforme les distances, il fait évoluer le marché du travail, il suscite de nouveaux modèles d’entreprises et met sur le marché des services que personne n’imaginait il y a encore quelques années. Le programme d’Emmanuel Macron a pris en compte cet aspect révolutionnaire et s’oppose ainsi à la vision des autres candidats. Ceux-ci ne prennent pas la mesure de la révolution numérique et de ses conséquences sociétales. Ils raisonnent en silo, se limitant à des problèmes « techniques » tandis qu’Emmanuel Macron pense la transformation dans son ensemble.

Face à cette transformation, la France peut réagir par la peur et le refus, en empêchant les innovations d’atteindre tel ou tel secteur, en entravant les progrès de la numérisation. Ou au contraire elle peut décider de s’emparer de cette opportunité en en faisant un relai de croissance et en refusant d’être la laissée pour compte de la transformation digitale. C’est cette voie qu’a choisie Emmanuel Macron. L’idée qui sous-tend son programme numérique repose sur un double principe, fondamental dans sa vision : s’ouvrir aux nouvelles opportunités tout en assurant la protection des individus. Ce double mouvement s’oppose à la stratégie souvent défensive adoptée par les autres candidats face aux enjeux numériques. Trop souvent, les réponses proposées aux bouleversements numériques consistent à bloquer, interdire, ou vouloir faire rentrer dans les cases de régulations prévues pour le monde classique les modèles de l’économie numérique : bloquer le développement des VTC, interdire le développement des plateformes numériques d’assistance et de conseil juridique, ou même imposer aux auto-écoles numériques de disposer d’un local physique … Sur Internet, ce qui doit être régulé, c’est la transparence et la confiance dans la loyauté du fonctionnement des plateformes, mais non les conditions d’exercice d’un nouveau métier ou l’utilisation d’une nouvelle technologie. Le programme d’Emmanuel Macron répond à ce besoin en préconisant la création d’une agence européenne pour la confiance numérique.

Nous ne devons pas passer à côté de cette transformation, mais au contraire tout mettre en œuvre pour profiter de cette source d’innovation et de croissance économique. Nous devons aussi nous préoccuper du sort de ceux qui sinon seraient laissés de côté par les nouvelles technologies. C’est Emmanuel Macron qui propose dans ce domaine le chemin d’équilibre entre la nécessité d’ouvrir et celle de ne laisser personne sur le bord de la route.

Au lieu de « taxer les robots » comme le suggère Benoit Hamon, et de se priver de la possibilité d’offrir grâce à eux de nouveaux produits, le programme d’En Marche ! propose au contraire d’aider les entreprises à s’adapter au numérique : en partant du constat que de nombreuses TPE et PME ne peuvent aujourd’hui profiter pleinement des gains de productivité et de l’exposition que permettent les technologies digitales, Emmanuel Macron propose d’aider les entreprises qui s’engageront sur la requalification de leurs salariés, en leur offrant un accès privilégié à la formation professionnelle. Mais en parallèle, il doit être mis fin à la possibilité qu’ont les entreprises du numérique d’échapper à l’impôt en localisant leur activités de manière flexible : Emmanuel Macron propose la création d’un instrument fiscal unique en Europe, une taxe sur le chiffre d’affaires, qui permettra que les entreprises du numérique rentrent dans le rang fiscal et n’échappent pas au devoir de payer l’impôt.

L’administration n’est pas à l’écart de la transformation numérique, déjà partiellement amorcée dans les services publics. Le sujet est sensible puisqu’il s’agit là encore de trouver l’équilibre entre la plus grande fluidité de l’administration que permet la numérisation des rapports entre administrés et services publics, et la protection des données personnelles : Emmanuel Macron propose la création d’un compte citoyen unique en ligne, qui rassemblera l’ensemble des droits de chacun (qu’ils soient liés à la santé, à la formation, à la trajectoire professionnelle ou à la situation fiscale). Par ailleurs à l’horizon 2022 toutes les démarches administratives (sauf la première délivrance des papiers d’identité) pourront être effectuées en ligne. Plus de moyens seront en revanche investis dans l’accompagnement physique des personnes qui en ont le plus besoin, notamment celles pour lesquelles l’accès numérique est difficile. En parallèle, il préconise la construction d’un « privacy shield » européen garantissant la protection des données personnelles.

Ce double mouvement d’ouverture et de protection se retrouve aux différents étages de la transformation numérique proposée par Emmanuel Macron : par la promotion du capital-risque et par celle de la formation aux métiers du numérique, par l’encouragement à l’innovation et la nécessité de remettre les géants du numériques dans l’obligation de payer leurs impôts, par la création d’un État plateforme offrant de nouveaux services et la garantie de la protection de la vie privée, Emmanuel Macron est le seul qui candidat qui ait pris la mesure des changements qui nous attendent et qui propose à la fois d’en tirer partie et de protéger les individus, plutôt que de prôner un refuge fatal et illusoire dans le rejet de cette vague de progrès.

Anne Perrot

Economiste