Ouch, les mots!

Avant de commencer à écrire, j’aimerais soulever le point suivant : je n’ai pas la prétention de dire que mes talents orthographiques et littéraires sont au-dessus de quiconque, loin de là. Dans mon entourage, j’envie la facilité que certains ont de jouer avec les mots et d’écrire avec aisance. Toutefois, je peux affirmer une chose : j’ai complété avec succès mes cours de français du secondaire et du collégial sans avoir à retenir mon souffle. Et j’ai bien l’impression qu’il s’agit là de réussites bien difficiles à atteindre. De plus, il s’agit d’un texte d’opinion. Je suis donc bien loin d’être une experte sur le sujet de l’analphabétisme, et je n’ai pas fait d’études universitaires en Études littéraires, mais le français est une cause (c’en est une, oui!) qui me tient réellement à cœur.

Je l’assume, je fais partie de ceux dont l’attention est retenue par la moindre banale faute d’orthographe. Un ‘’s’’ en trop à la fin d’un mot? Je vais te repérer! Tes ‘’si’’ ne mangent pas les ‘’rais’’ comme ils le devraient? Alors là, j’ai mal aux yeux! Et pourtant, s’il n’y avait que cela à se reprocher… ce ne serait presque rien! (Et si seulement.) Pour ceux qui savent écrire — et par là, je n’insinue pas qu’il est nécessaire d’avoir le talent de Molière ou des grands poètes de renom, mais bien d’être en mesure d’enligner quelques mots sans faire une dizaine de fautes d’orthographe, de grammaire, de syntaxe et de ponctuation — vous aurez sans doute rigolé quelques fois (comme moi) à la lecture particulièrement pénible d’un statut sur les réseaux sociaux. Bien que cela soit plutôt divertissant, il n’en demeure pas moins que c’est triste et inquiétant. Lorsque mes yeux et mon cerveau ne parviennent pas à faire la connexion logique entre une suite de mots rédigée par Monsieur X ou Madame Y sur les réseaux sociaux et que, malgré une première relecture, puis une deuxième et une troisième… -eh! Non, ce serait mentir que de dire que j’essaie de me lancer dans une troisième relecture — c’est qu’il y a un problème. Un grave problème.

Selon les années et les diverses sources, la problématique de l’analphabétisme est préoccupant. Peut-être que je m’attarde de plus en plus à ce fléau de société, mais il s’agit tout de même d’une problématique importante. 19% des Québécois seraient analphabètes. Sous ce pourcentage s’en dissimulent d’autres, représentant ainsi les catégories d’âge touchées par l’analphabétisme. Selon la Fondation pour l’analphabétisme, 10% sont des jeunes de 16 à 25 ans, 39% se situent entre 26 et 46 ans et 51% sont âgés entre 46 et 65 ans.

D’un avis tout à fait personnel, que ce soit en lisant des statuts sur les réseaux sociaux, en prenant connaissance d’un contrat professionnel ou en m’intéressant à une offre d’emploi sur Internet, je suis rapidement agacée et découragée par le nombre de fautes d’orthographes, de syntaxe ou de ponctuation. Il ne s’agit peut-être simplement que de mes valeurs profondes, mais jamais je ne postulerai pour un emploi dont l’employeur ne sait pas décrire le poste sans faire une faute aux deux mots. Jamais je ne prendrai au sérieux une entreprise, quelle qu’elle soit, qui rédige des contrats bourrés de fautes. De plus, avoir toute la misère du monde à lire une opinion sous un article journalistique sur les réseaux sociaux parce que la majorité des gens écrivent au son, me désespère royalement.

Certes, il faudrait être en mesure de trouver des solutions pour contrer le fléau de l’analphabétisme. La société dans son ensemble devrait prêter une attention particulière à cette problématique, plutôt que de faire comme si elle n’existait pas, comme s’il n’y avait rien de grave à ne pas savoir écrire. Toutefois, tous ne sont pas analphabètes, il faut le dire et le répéter.

Il ne m’est pas rare de lire des insultes révoltées de gens incapables de se relire ou simplement incapable d’écrire convenablement envers des personnes qui prennent le temps de faire… tout le contraire. J’ai côtoyé de nombreuses personnes dans mes cours au primaire, au secondaire et au CÉGEP. Durant toutes ces années, combien d’étudiants ai-je entendus se vanter de ne pas avoir lu l’ouvrage obligatoire avant une dissertation portant sur le livre en question? «Oui, mais j’ai vu le film.» Nombreux sont les étudiants qui ne se relisent pas, qui ne se servent pas des nombreux outils mis à disposition pour s’aider eux-mêmes. Il n’est non plus pas rare de voir des élèves demander à leurs parents de relire et de corriger leur travail plutôt que de le faire soi-même. Avoir des difficultés en français n’est pas plus ou moins important que rencontrer des obstacles dans une autre matière quelconque. Il suffit de demander de l’aide. Mais surtout de prendre conscience du problème et de s’aider soi-même. S’aider soi-même. S’aider soi-même… Et faire des efforts. Lire des livres (petit secret : les bibliothèques sont des endroits qui contiennent des livres par milliers. Des livres en tous genres, en toutes grosseurs et en tous formats. Allez donc faire un tour, impossible que tu ne trouves pas ton bonheur!). S’intéresser, être curieux. Se relire. Utiliser un dictionnaire. Faire des efforts, particulièrement lors du processus d’apprentissage.

Parce que certains trouveront important de combattre les injustices ou de soutenir la cause du siècle, mais je pense qu’en 2017, il est crucial de défendre notre langue française et de ne pas prendre pour acquis qu’elle est acquise.

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