Anou voté à l’écoute de la diaspora : témoignages de Valérie

Je vis en France depuis 2005 . Indéniablement, ce qui me manque le plus, c’est le contact quotidien avec ma famille, les échanges et les rencontres improvisées “kas poz”, le fait de pouvoir passer un coup de fil au pied levé pour un coup de main ; ce que j’appellerais: la “proximité familiale”. Heureusement, la technologie d’aujourd’hui nous permet de maintenir ce lien. Ce contact “non physique” est indispensable et nécessaire dans mon quotidien. J’utilise whatsapp (photo/video), facebook, et de temps en temps, j’envoie un colis pour de grandes occasions. Je suis aussi à l’affût de pigeon voyageur qui pourraient transporter les cadeaux dans leur valise, à moindre coût. Je garde, cultive et partage cette identité (MON identité) dans ma cuisine que je fais partager à mes amis, dans la musique que je leur fais découvrir, et dans le langage (mes amis ne sont plus surpris de m’entendre dire « AYO », « viens kassé une poz »). De plus, ma belle famille, et mes amis proches sont venus à Maurice avec moi, ce qui a alimenté un peu plus ce lien triangulaire: moi/mes amis, mes amis/maurice, moi/ma famille à Maurice qui ont découvert une partie de mon quotidien en France.

Je rentre en moyenne tous les 3 ans, sauf cas d’ordre majeur. Seul le prix exorbitant des billets freine la possibilité de rentrer plus souvent. J’ai 2 garçons de 5 ans et demi et 2 ans et demi, né de ma relation de 11 ans avec un Français. Depuis notre dernier voyage à Maurice (août 2017) mon grand prend conscience de l’existence d’une famille “ailleurs” qu’en France. Plus particulièrement, il a réalisé cette distance qui sépare Maurice de la France. Maintenant, il sait que « là-bas » il a des tatas et tontons, des cousins et des cousines, une popo tai (arrière grand-mère) et un coungcoung. Tout comme en France! Je maintiens ce lien entre mes enfants et Maurice, en leur partageant les photos reçues de la famille, les imprimer, les afficher, regarder les vidéos en boucle. Des livres-photos de nos vacances sont réalisés également, et ouverts régulièrement, pour faire perdurer les visages, les moments passés ensemble. J’ai aussi acheté des livres de jeunesse à Maurice, et des livres sur la faune et la flore. Ils aident à déclencher des discussions. Mes enfants aiment les regarder. De même, la transmission de culture se fait par la cuisine, l’achat de sucreries que je mangeais petite (bonbons lapins, losti sinoi, biscuit panda). Mon fils n’a pas encore conscience que ces personnes, sont ma famille, qu’avant j’habitais avec eux, qu’ils étaient mon quotidien, et qu’un jour je suis partie…

Jusqu’ici, depuis 2005, je n’ai jamais ressenti l’envie ni le besoin de rentrer. Mais depuis que j’ai des enfants et qu’ils grandissent, cette idée commence à germer. Je ne suis pas encore prête, mais j’avoue y avoir songé, en particulier en voyant ce lien qu’unissent mes frères et sœurs, et leurs enfants, entre eux. Ainsi, j’envoie des photos de mes enfants, leur photo de classe, pour qu’eux aussi fassent partie du quotidien de ma famille, comme un cri venant du coeur « ne m’oubliez pas ».

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