Abdelhakim Madi, 16 ans, jeune comédien niçois plein d’avenir
Abdelhakim Madi a grandi dans le quartier populaire des Moulins à Nice. D’origine marocaine, apprenti technicien énergéticien, il s’investit depuis plusieurs années dans la vie de son école, de son quartier, de sa ville. Aujourd’hui, il crée des sketchs qui tracent un portrait à la fois drôle et acide sur la France et les quartiers populaires à l’ère Macron. Rencontre.

M. Abdelhakim Madi, vos sketchs parlent avec humour des travers des habitants des quartiers populaires. Comment avez-vous vécu votre enfance dans le quartier des Moulins et en quoi cela nourrit-il votre travail ?
J’ai aimé grandir aux Moulins et j’adore toujours mon quartier. C’est sûr qu’il y a de la discrimination, mais il y a surtout un nombre incroyable de gens biens, gentils, généreux. Mon quartier est un symbole : ceux qui habitent là n’ont pas la vie facile, il y a les galères d’argent, de boulot, la mauvaise image du quartier à l’extérieur… mais les habitants font face, ils se battent pour l’emploi et ils restent solidaires.
Et c’est là que vous trouvez l’inspiration pour vos sketches ?
Pas directement, je n’ai jamais fait un sketch sur mon quartier. Mais je base mes personnages sur les gens que je rencontre dans ma classe et dans mon quartier.
Comment vous est venue l’idée de faire des sketchs ?
Quand j’avais huit ans, en CE1, j’ai préparé un petit numéro que j’ai joué devant ma classe. Ils ont tous rigolé et c’est ça qui m’a donné envie de faire des sketchs pour faire rire les gens.
Et depuis le CE1, qu’avez-vous fait alors ?
J’ai continué à improviser des numéros avec mes copains de classe ou ma famille, et ensuite au collège j’ai fait un sketch pour la remise des prix de fin d’année, devant 150 personnes. Et cette année, j’ai préparé un sketch qui s’appelle « Le Retour des Kassos » et que j’ai joué aux journées des lycéens à Aubagne. J’ai obtenu la deuxième place pour ce sketch. En même temps, j’ai aussi eu un prix pour des caricatures en défense de la liberté d’expression que j’ai dessinées en quatrième.
Les sketchs et les caricatures, vous aimez vous moquer des gens on dirait !
Non, je n’aime pas me moquer des gens, ni des religions. Quand je joue des personnages, c’est pour faire ressortir leur personnalité, et oui c’est vrai, un peu leurs défaut aussi !
Et alors, c’est quoi la suite pour vous ?
Je prépare un spectacle plus long que j’espère pouvoir jouer à Nice avant la fin de l’année. Je recherche encore un lieu qui voudra bien m’accueillir. J’ai aussi eu la chance de rencontrer Irina Brook, la directrice du Théâtre National de Nice, et j’espère un jour pouvoir faire quelque chose avec elle.
