Où est ton honneur, région Rhône Alpes Auvergne ?

Communiqué publié en réaction à l’annonce de Laurent Wauquiez, président de la région Rhône Alpes Auvergne, d’aider les maires des communes à produire des recours administratifs contre l’installation de migrants dans notre région.

Il ne faut pas se faire trop vite un avis sur les uns ou les autres en politique, notamment quand il s’agit d’une alternance. Nous le disons souvent à Anticor, le cumul des mandats (et fonctions) dans le temps ainsi que le féodalisme sont toxiques pour la démocratie dans notre pays. Par essence, nous sommes favorables aux changements de locataires du pouvoir car cela permet d’éviter ou de réduire le clientélisme et les pratiques mafieuses.

Cependant la proposition de Laurent Wauquiez d’aider les maires des communes à produire des recours administratifs contre l’installation de migrants dans notre région est particulièrement indigne et fautive.

D’une part parce que Laurent Wauquiez entretient savamment la confusion entre les populations françaises d’origine étrangère et les migrants (en essayant d’ailleurs de doubler le Front National sur la bande d’arrêt d’urgence de droite) et d’autre part parce qu’il ne s’agit que de 1784 réfugiés sur une région qui compte 7.758.000 habitants (soit un ratio de 0,02%).

Circonstances extraordinairement aggravantes, Laurent Wauquiez est diplômé de l’institut d’étude politique de Paris, diplômé de l’École Normale Supérieure avant d’être reçu premier à l’agrégation d’histoire, diplômé de L’ENA (major de la promotion Mandela, cela ne s’invente pas) et intègre le Conseil d’État. Il sait donc parfaitement que sa proposition d’aide juridique aux maires des communes de la Région est totalement illégale. Ni plus, ni moins.

Anticor avait déjà été particulièrement troublée par sa déclaration concernant les carcans juridiques dont il disait qu’il présenterait des choix “emballés dans du papier cadeau avec de gros rubans rouges” et ce afin, vraisemblablement, de contourner la justice administrative. Nous observons que ce dernier met ses menaces à exécution, notamment en indiquant aux maires concernés qu’ils doivent refuser l’installation de migrants au titre de l’Hygiène et de la Sécurité.

Anticor croit à la justice et à la force du droit, nous ne pourrons jamais tolérer que des élus essayent de s’en affranchir par pur cynisme électoral. Que l’on soit de droite, de gauche, d’extrême droite ou d’extrême gauche, centriste, votant blanc, abstentionnistes chacun doit bien mesurer qu’un président de Région se doit de respecter le droit français.

Nous sommes les habitants d’un très vieux pays qui a eu son lot de guerres, d’atrocités ; des guerres de religions jusqu’aux horreurs de la seconde guerre mondiale. On peut tout à fait débattre, en toute transparence, de l’immigration, de l’évolution des politiques publiques ou du regroupement familial mais l’on ne peut pas violer la loi, violer la République et notre histoire. Le débat politique mérite une certaine tenue et ne peut s’affranchir du droit et des valeurs de ceux qui ont versé leur sang pour ce pays. D’où ils sont nos parents nous observent, l’histoire nous observe, nos alliés historiques également.

Il faut prendre la mesure de cette indignité. C’est sur notre honneur collectif qu’on marche aujourd’hui. Nous le répétons, on peut tout à fait questionner la politique d’immigration française, les problématiques d’immigration, ou d’assimilation sans pour autant se parjurer et ressembler au pire de nos ennemis.

Pour finir, je souhaite poser un questionnement à nos élus régionaux, principalement ceux de la majorité. Je souhaite leur poser les trois questions suivante :

  • Où est ton honneur, Région Rhône Alpes ?
  • Où est l’honneur de ta majorité ?
  • Où sont les voix des justes qui s’élèvent dans l’assemblée du coté de la majorité ?

Pour Anticor,

Stéphane Sacquepée
Administrateur d’Anticor et Co-référent pour le Rhône

Lyon, le 20 septembre 2016.

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