Transport Routier de Marchandises : l’opacité sur les prix, un danger pour la profession.

Le recours croissant au marché “spot”, permis par le développement des bourses de fret et des places de marché en ligne, tire les prix vers le bas et peut conduire à une baisse de la qualité de service.

La sous-traitance spot est indispensable au fonctionnement du marché du transport, notamment pour absorber les pics d’activité. Elle permet aussi de limiter les transports retours à vide.

Dans la sous-traitance spot, les bourses de fret jouent un rôle important du fait du nombre considérable de transactions journalières. Les bourses de fret, quelles qu’elles soient, fonctionnent toutes sur le même modèle économique. Les offreurs et les preneurs sont tous des professionnels du transport (transporteurs ou commissionnaires) abonnés ou inscrits, qui paient pour accéder à ces bourses.

Le transporteur qui ne peut assurer lui-même un transport affiche une offre sur la bourse de fret indiquant la nature du transport et l’origine-destination, et éventuellement les exigences ou spécificités de ce transport. Aucun prix n’est affiché, les bourses de fret proposent uniquement une mise en relation afin de négocier les termes du contrat spot.

Les bourses de fret permettent donc d’optimiser en partie les retours à vide des transports pour compte d’autrui. Ainsi, les chargeurs peuvent obtenir des tarifs préférentiels en utilisant un trajet retour, moins flexible puisque lié au client du trajet aller. Cela diminue le taux de vide, mais dans le domaine routier, très concurrentiel, le bas prix des trajets retours a pour effet pervers de faire baisser le prix des trajets aller et in fine de dégrader les conditions d’exercice du métier. Régulièrement, il est fait état de prix très bas proposés sur les bourses de fret.

Depuis quelques années, le secteur a vu apparaître de nouveaux acteurs proposant de mettre en relation l’offre et la demande de transport. Les places de marché se distinguent des bourses de fret par le fait qu’elles fonctionnent sur le principe des enchères inversées.

Les enchères inversées consistent à permettre au client de fixer un prix plafond pour une prestation de transport, et d’amener les transporteurs intéressés à offrir des prix de plus en plus bas.

Or, un prix trop bas peut amener un opérateur de transport à enfreindre les règles édictées, en matière de temps de conduite des conducteurs routiers, de surcharge ou de vitesse des véhicules.

Gagner l’enchère peut primer alors sur toute autre notion rationnelle qui devrait amener un opérateur à cesser de participer à l’enchère. Accepter un prix trop bas peut également amener le soumissionnaire à trouver des solutions visant à externaliser les risques et donc favoriser la sous-traitance en cascade.

Les bourses de fret et les places de marché, parce qu’elles contribuent à tirer les prix vers le bas et favorisent la sous-traitance en cascade, ont des effets dommageables pour les chargeurs. En effet, ces derniers ne sont pas en mesure de sélectionner leurs prestataires sur des critères de qualité, et peinent à suivre l’acheminement de leurs marchandises et à piloter leur activité.

Afin de répondre à ces problématiques, FretLink a crée une plateforme de mise en relation entre expéditeurs et transporteurs. Les expéditeurs peuvent planifier leurs expéditions, et les ordres de transport sont automatiquement transmis aux transporteurs ayant des capacités de transport disponibles (sur un trajet retour par exemple).

La plateforme calcule un juste prix de marché afin de lutter contre la pratique de prix excessivement bas. FretLink calcule des indices de performances dynamiques afin de permettre aux transporteurs de se démarquer par la qualité. La solution se compose également d’une application mobile géolocalisée afin de permettre à tous les acteurs (expéditeur, transporteur, destinataire) de partager le suivi du transport en temps réel.

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