#BARBAR1 : Hashtag & Soupe Collective

Il était une fois une tribu aux mille visages, dont la plupart ne s’étaient jamais rencontrés physiquement, mais qui avaient pourtant déjà l’impression de bien se connaître.

Leur lieu de rencontre comme tant d’autres tribus aujourd’hui : un forum d’échange virtuel, sur lequel se bâtissait depuis un an déjà une conversation ininterrompue, qui miraculeusement conservait au fil du temps et des interventions écrites un caractère d’humilité et bienveillance.

Un manifeste avait été écrit au début de cette aventure par quelques uns rassemblés lors d’un week-end. Qu’il ait été lu ou non, peu importe, il était le liant de ces visages virtuels toujours plus nombreux qui venaient animer la communauté en proposant des idées, en les commentant, en les reliant entre elles, faisant petit à petit émerger — parfois — des rencontres réelles, voir des projets communs. Ce forum à ciel électronique ouvert était magique. Sans aucune modération particulière, sans que le moindre troll électronique ne pointe à l’horizon, il permettait d’allier des individus autour des causes qu’ils défendaient.

Alors un jour, la question fut posée.

Pas évidente cette question. Ni pour l’émetteur, ni pour les récepteurs. Il y a loin entre « liker » de temps en temps un post, voir le commenter ou le partager, et prendre le temps de se rencontrer.

Et pourtant, plus de 300 barbares, puisque c’est ainsi que nous nous appelons, répondirent présent à l’appel lancé.

Mais le fait majeur, celui qui fonde le prix de cette tribu, c’est que la plupart étaient prêts à s’engager dans la construction de cet événement.

Et c’est comme cela qu’un document collectif est né, collectant les idées de tous sur ce à quoi pourrait ressembler cet événement.

Et c’est comme cela que certains d’entre nous se sont retrouvés à diner, pour échanger et surtout se dire : nous serions content après si quoi ?

Et c’est comme cela que ce dîner partagé a favorisé l’émergence d’une volonté collective, plus de cinquante barbares se greffant au fur et à mesure à l’organisation pour proposer, et surtout faire. Le lieu a été trouvé, la nourriture à préparer collectivement également, c’était le principal. Sans aucune coordination, alors que le budget Leetchi commençait à devenir plus rondelet que prévu, de nombreuses activités ont été proposées au gré des envies de chacun : accueil, barbook d’échange de livres, réalisation d’une affiche et d’un livret, témoignage de barbacteurs, trampoline et séance de photos, pierres à palabre sur la scène. Le bazar s’installait dans la cathédrale.

Tout contribuant à préparer un moment parfaitement inclusif, dans lequel chacun avait sa place, qu’il désire parler, propager, ou tout simplement écouter. C’est ainsi qu’est née l’idée de rôle que chacun pourrait choisir à l’entrée : Barbacteur, Barbalerte, Barbattentif, Barbamédia…

Tout cela parce qu’à un moment dans le groupe en ligne avait émergée une discussion entre un Barbacteur de la première heure, dont le vocabulaire technique avait effrayé une Barbattentive simplement désireuse de s’impliquer dans la construction de l’événement. Et qu’il apparaissait fondamental de créer les conditions pour éviter l’entre soi.

A partir de là, puisque nous étions d’accord sur le pourquoi, c’était déjà gagné, même si nous ne le savions pas encore.

Certains d’entre vous ont peut être déjà vécu cette expérience. Lorsque vous comprenez que FourmiZ a tort, et que c’est son psy qui a raison : vous vous croyez unique, mais vous n’êtes rien sans les autres, vous n’êtes qu’une partie du tout, et c’est mieux comme cela. Vous savez ce que vous voulez : contribuer à votre toute petite mesure à faire en sorte que le monde que nous sommes en train de créer soit un bel endroit pour vos enfants. Mais vous n’avez plus peur, car vous n’êtes pas tout seul. « Ils virent qu’ils étaient nombreux et ils reprirent courage ».

Alors chacun des Barborganisateurs auto impliqués a donc suivi sa pente naturelle. Pour que tous les éléments constitutifs de cette soirée reflète le message que nous voulions collectivement passer : chacun de nous est important.

Barbar1 n’est qu’un microprojet lancé par une petite tribu virtuelle.

Mais le chemin qui y a mené me semble riche d’enseignements

Il est possible de réaliser un projet sans faire de la gestion de projet. Il est possible de faire mieux que ce qui avait été imaginé, sans aucune coordination verticale. Il est possible que chaque problème trouve immédiatement sa solution, apportée par l’un des maillons du groupe. Il est possible que l’esprit qui souffle un mardi soir à Paris dans une chapelle déconsacrée soit le reflet de tous ceux qui ont contribués à le créer.

Quant à l’événement à proprement parler, il est très bien raconté ici par une barbamédia. Et par tous les présents qui ont eu à cœur de témoigner leur enthousiasme.

La suite ? Elle dépend de chacun d’entre nous.

Faut-il institutionnaliser ce genre d’événement ? Je ne crois pas. A contrario, si des volontés se font jour de continuer à rassembler, il me semble qu’elles seront suivie d’effet, pour autant qu’elles collent avec la cause que nous essayons chacun à notre manière de défendre : sensibiliser le plus grand nombre au monde qui vient, donner envie d’agir, chacun à son échelle, pour que ce monde reste humain.

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