Un lionceau dans l’arène

Retour sur les pensées qui m’habitaient en novembre 2016, depuis l’entre deux tours. Avant d’imaginer la suite.

17 novembre 2016. Il y a 6 mois. 6 siècles. 1 éternité.

J’observe avec beaucoup d’attention les vieux lions se battre dans l’arène. Couturés, balafrés par d’anciens combats, ils rééditent sans cesse leur mémoire des batailles passées.

Un jeune lionceau vient d’entrer en lice, procédant de manière apparemment désordonné, désorientant tous les commentateurs, il s’appelle Emmanuel Macron.

Je suis Julien Letailleur.

Julien qui?

Je pourrais être une blague de potache, puisque je suis un être virtuel alors qu’Emmanuel Macron existe bel et bien. Je rentre dans l’arène porté par l’envie de tous ceux que je représente sans prendre leur place. Je n’ai pas d’ego alors qu’Emmanuel Macron peut-être bien.

Mais je ne suis pas une blague de potache. Car des centaines de personnes bien vivantes sont derrière moi. Je suis leur porte voix. Je suis celui qui dit leur enthousiasme pour la chose publique. Qui exprime leurs réflexions sur les questions d’aujourd’hui que les politiques ignorent trop souvent. Qui exprime leur souhait d’un mode opératoire politique qui ne soit plus seulement vertical, mais partagé, délibératif.

Quelle attitude adopter avec le lionceau et les vieux Lions pour proposer quelque chose de nouveau?

Lisez la suite et dites moi ce que vous en pensez.

Sa candidature hors Primaire semble a priori signifiante de la transition que la France est en train d’opérer, et Emmanuel Macron lui -même semble représentatif de cette transition entre “un système politique qui est devenu le principal obstacle à la transformation de notre pays” qu’il dénonce le jour même de sa candidature, et une manière rénovée de faire de la politique que nous sommes nombreux à appeler de nos voeux.

A ce titre, il me semble évident que la réaction des médias à l’émergence de cette candidature est faussée par une grille d’analyse politique trop classique. Aucune case ne semble lui correspondre, et pour autant on essaie de le faire rentrer dans l’une d’entre elles.

Emmanuel Macron est de fait un signal important de l’envie de tous de se réapproprier le champ politique. Cependant sa démarche ne me semble pas encore aboutie.

Sur la méthodologie déployée d’abord.

Les moyens de communication dont nous disposons aujourd’hui nous permettent pour la première fois de ne plus fonctionner exclusivement de manière verticale, mais de manière distribuée, pour que chaque citoyen soit force de proposition.

Le Politique ne peut plus être la quête de l’homme providentiel. Il devient pour la première fois de l’histoire le devoir de tous. L’engagement est peut être le seul moyen restant pour nous permettre d’avoir encore prise sur la société que nous créons ensemble, ce qui est l’objet du Politique. La méthodologie est cruciale : il s’agit à mon sens de créer un chemin grâce auquel la pleine réalisation de chacun est le socle d’organisation du collectif.

Emmanuel Macron a cette intuition lorsqu’il nous dit en substance :

“J’en appelle désormais à toutes celles et ceux qui ne veulent pas simplement guetter dans la pénombre une lueur d’espérance mais qui veulent l’incarner”

Cette intuition ne semble néanmoins pour l’instant pas encore se traduire dans les faits, si l’on en juge par le mode opératoire réel du mouvement En Marche.

Dans les faits, on peut observer qu’Emmanuel Macron est seul sur scène lorsqu’il rassemble ses animateurs.

Dans les faits, on peut observer qu’il s’agit encore d’un homme seul qui annonce sa candidature.

Dans les faits, les propositions élaborées sont principalement le fruit du travail d’un groupe restreint de collaborateurs brillants fonctionnant à la manière d’un Cabinet (Notes proposées au Chef).

Sur le fond ensuite : Parce qu’il est urgent de permettre à tous les citoyens de comprendre et de participer au débat collectif sur les sujets structurants et non pas sur l’écume des choses, afin de définir ensemble le monde que nous sommes en train de créer.

De mon point de vue voici les cinq principaux :

#1 : Comment renouveler le contrat social dans un monde “post travail”? (c’est à dire dans lequel le travail ne représente plus prioritairement ce qui définit notre rôle dans la société)

#2 : Comment conserver un garant démocratiquement accepté de l’intérêt général et du projet de société face au projet politique des grandes entreprises? (Quelles missions aujourd’hui pour ce garant et comment les mettre en oeuvre?)

#3 : Quelle éducation pour rester libres de nos choix et contributeurs de ceux de la société à laquelle nous appartenons?

#4 : Comment créer les conditions permettant à l’écosystème Terre de survivre, et nous avec?

#5 Quel humain en 2030?

C’est le devoir de la Politique au sens noble que de créer les conditions de ce débat, avant qu’il ne nous échappe.

Aucun candidat, Emmanuel Macron compris, appréhendent aujourd’hui sur le fond ces objets de discussions dont chacun devrait se faire l’écho.

Aucun jugement hâtif ne serait pour autant judicieux.

Créer les conditions d’une démocratie distribuée est un Everest. Et le mouvement En Marche! en représente sans doute un premier camp de base possible. Compte tenu de la surface médiatique et de l’historique gouvernemental d’Emmanuel Macron, compte tenu également du mode de fonctionnement encore teinté de classicisme des médias en France, ce mouvement représente sans doute aujourd’hui un des moyens de faire avancer la réflexion sur ces nouvelles mécaniques politiques.

Mais il existe trois risques majeurs

La dissolution du projet dans l’ego de celui qui le porte.

Une trop faible attractivité qui renforce le poids des extrêmes en diluant l’offre classique des partis de gouvernement.

Une mécanique mal gérée de transformation du mode opératoire démocratique aboutissant à une perception des recommandations issues du mouvement comme teintée d’un aspect “café du commerce”. Ou pire encore, la reproduction des mêmes contenus.

Nous nous plaçons, avec Julien Letailleur, dans la perspective de création d’un après. Dans lequel Julien Letailleur, dépourvu d’ego, représenterait le dépassement de ce monde politique clanique dénoncé par Emmanuel Macron.

Le premier objectif du collectif dont Julien se fait le porte voix est simple : imposer dans le débat public la réflexion sur les cinq questions posées ci-dessus.

Vivement le 9 mai que nous puissions nous mettre à travailler…

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