Le congé sabbatique / le départ

Il s’agissait d’une question de confiance. Prendre 4 mois, pour s’arrêter. Sans projet particulier. Avoir confiance : croire que quelque chose arrivera et savoir qu’il n’y a pas de risque à ce que rien n’arrive. Il s’agissait aussi de se déplacer, pour forcer le destin, se baigner dans une eau différente de celles de la ville connue. Et il s’agissait de rester, pour donner sa chance à la chose d’arriver.

La décision avait été prise quelque mois auparavant : partir s’installer dans une autre ville, pour quelques mois, sans occupation professionnelle. Les finances le permettaient, quelques milliers d’euros d’économie qui trouvaient là une vocation : permettre au plan de se mettre en place. La décision avait été prise d’instinct, premier pas dans une nouvelle direction après des années dans la cacophonie des choix raisonnables et des mois à vivre un stress quotidien à aller travailler.

Puis, la concrétisation. Entrevue avec l’associé de ma boîte, j’exprime mon envie de partir. Et puis, finalement, un compromis, le congé sans solde. 4 mois d’arrêt sous un prétexte légèrement mensonger. Une fenêtre qui s’ouvre.

Ensuite était venue la peur, nouvelle, un vent chaud, étouffant. Ne plus bouger, laisser passer la tempête de sable. Ca avait duré quelques jours, à chaque fois que le sujet revenait. Pas tellement un questionnement sur le bien-fondé de la décision, mais plus une forme de terreur assez basique, d’avant les mots : la sensation d’un risque énorme, une peur d’arbre à l’idée de se faire arracher.

Puis, la peur s’était calmée, était venue la normalisation. 3 mois à attendre et à raconter mille fois la même histoire. Nous partons nous installer, pour 4 mois, dans une autre ville. Je ne quitte pas mon job, mais j’ai eu un congé sans soldes. Oui, ils sont sympas dans ma boîte. Le quotidien a repris le dessus et l’attente a commencé. Une période sans trop de chair, faite d’ennui au travail et de détachement progressif.

Enfin, le départ. Une dernière semaine, un dernier jour, un premier jour, un compte à rebours. Une série de tâches à faire, tout prévoir, anticiper. Et le départ. Et l’arrivée. Une grosse journée, c’est tout ce que ça prend.

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