Quand le sage désigne le climat, l’imbécile regarde l’argent.

Antoine Poisson
Sep 4, 2018 · 2 min read

Telle serait la phrase qui pourrait cristalliser la situation pas si actuelle que ça puisque elle dure depuis plus de 30 ans. Des décennies de mises en gardes, d’avertissements et d’appels à l’éveil des consciences, en vain.

Chaque lendemain noircit le tableau et l’inébranlable espoir d’un sauvetage in extremis à la manière d’un twist de blockbuster prévisible.

Ces petites craquelures, fêlures du confortable vernis technologique et matérialiste derrière lequel nous, les occidentaux, nous cachons, se multiplient. Lorsque les flammes d’un incendie massif viennent lécher nos vitres, lorsque nos sols s’appauvrissent, nos récoltes s’amaigrissent, alors là seulement, le doute s’installe quant à l’avenir jusqu’ici imaginé comme une continuité de ce que nous avons toujours connu.

Un joli mensonge auquel chacun est biberonné depuis la naissance : La promesse d’un emploi décent pour chacun, d’une voiture, d’une maison et tout ces symboles d’une sorte de rêve américain généralisé qui a la vie dure. En fait, un monde où tout est monnayable et dans lequel la réponse comme la question gravitent autour de l’argent. Mais pas cette fois.

On se sent bête quand on accepte de voir l’urgence que notre terre transpire car toutes ces alertes sont une B.O de notre quotidien depuis trop d’années et sont devenues, à tort, un bruit de fond désagréable et non des sirènes d’alarmes assourdissantes.

A force de toiser l’humilité, l’Homme a oublié qu’il était mortel ou du moins cherche à se persuader du contraire. Pourtant le meurtrissement de notre unique foyer est bien une auto destruction consentie. Une sorte de suicide collectif à grande échelle.

Acceptons de voir qu’une croissance insatiable nous précipite un peu plus vite dans le gouffre qui nous attend et que nous ne pouvons plus éviter. Cet avenir nous l’avons choisit, de manière non unanime mais nous en paierons tous les frais.

Apprenons à redevenir des êtres de chair et et de sang et non des chiffres sur des lignes. Construisons la résilience, nous en aurons besoin.

L’utopie c’était hier.