François Fillon chahuté à Tourcoing par des manifestants

Une trentaine de manifestants a protesté contre la venue de François Fillon à la mairie de Tourcoing ce vendredi 17 février, casseroles à la main. Ils ont perturbé le déplacement du candidat, organisé autour des thèmes de la sécurité et du social.

“Fillon rend le pognon !” scandent les manifestants devant la mairie de Tourcoing. Au premier plan, l‘organisateur William Roger

La visite était prévue de longue date, la manifestation improvisée la veille. Et pourtant c’est cette dernière qui a attiré le plus l’attention. Comme mercredi dernier à Compiègne, François Fillon, en visite de campagne, a été accueilli par un concert de casseroles. Ce vendredi, il y a aux percussions des militants de la France insoumise, du Parti communiste et de la CGT. A la baguette, on retrouve William Roger, militant FI et ancien candidat aux élections municipales de Tourcoing en 2014. “Après Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin accueille François Fillon à Tourcoing, déplore-t-il devant la mairie. C’est insultant, nous se sommes pas une ville d’escrocs.”

Un slogan repris par les manifestants, parmi d’autres, comme “Fillon rend le pognon”, ou “l’argent ou tourquinnois, pas aux grands bourgeois.” Bien qu’improvisée, la manifestation est bien rodée. Et les militants attendent l’arrivée des médias nationaux, pour, aux alentours de 9h15, envahir le hall de la mairie.

Un sabotage pour les militants Les Républicains, une question de morale pour les manifestants de gauche

Les manifestants sont finalement délogés par les CRS, après un petit moment de tension. Ils retrouvent finalement une trentaine de militants Les Républicains, arrivés pour accueillir leur candidat. Debout sur les marches, protégés par un cordon de CRS, ils scandent “Fillon Président”, puis entament une Marseillaise, tentant de couvrir le bruit des casseroles.

Certains d’entre eux sont agacés de la situation, à l’exemple de Jonathan Madeau, délégué de la circonscription de Lens. Il dénonce le sabotage de la campagne par la gauche. “Les Socialistes ont vu que la droite allait gagner, alors ils ont voulu déstabiliser Fillon. C’est la seule façon pour Hamon ou Macron de gagner.”

“Tourcoing est une ville populaire. Comment quelqu’un qui a donné 6 000 euros par mois à sa femme pour un emploi fictif peut-il venir ici ?” William Roger, organisateur de la manifestation

William Roger dément toute opération politicienne, et préfère parler de morale. “Tourcoing est une ville populaire. Comment quelqu’un qui a donné 6 000 euros par mois à sa femme pour un emploi fictif peut-il venir ici ? Dans quel monde vit-il ? “ Et de prévenir : “Ce sera partout pareil jusqu’à son retrait.”

Francois Fillon propose l’armement de la police municipale

Sur le fond de la visite, François Fillon est venu à la mairie de Tourcoing pour une table ronde sur le thème de la sécurité, en présence notamment des élus locaux. Il a fait plusieurs promesses, comme l’armement des polices municipales, ou l’aide de L’État pour l’achat de matériel de vidéosurveillance.

Après une longue partie de cache-cache avec les journalistes, François Fillon s’est rendu dans un centre médico-social, pour parler handicap et déradicalisation. La visite a duré une demi-heure seulement, loin des caméras. Le candidat veut rester discret : une mission difficile à deux mois du premier tour, et avec autant de casseroles avec lui.

Antoine Rolland

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.