Pensée transhumaniste, entre optimisme et pessimisme.

Le transhumanisme et son logo (H+) représentation de l’Homme (H) augmenté (+).

Dans la mythologie grecque on peut apprendre le mythe d’Icare, un jeune homme enfermé dans un labyrinthe avec son père, qui pour s’enfuir lui construit des ailes en cire, mais grisé par sa prétention et par le pouvoir de voler s’approche trop près du soleil et meurt noyé dans la mer. 
 Le mythe d’Icare aborde la relation entre nature et culture. L’Humain est confronté à l’effet néfaste que peut avoir un conseil ou une interdiction et son désir de repousser toujours plus loin les frontières de l’exploration et de la connaissance, au risque de soumettre sa condition humaine à une épreuve fatale.

Le transhumanisme, une quête d’aboutissement pour le genre humain.
Le transhumanisme aujourd’hui est le deuxième pole d’investissement pour la Sillicon Valley et principalement pour les GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple). Le fait qu’il soit devenu d’une science complètement utopique pour l’homme au deuxième pôle d’investissement n’est pas un pur hasard, l’homme à toujours voulu repousser ses limites, qu’elles soient physiques ou physiologiques. Les scientifiques et chercheurs affectés à ces projets l’ont bien compris mais ne sont pas tous d’accord avec l’utilisation de ces nouvelles perspectives pour l’homme. Nous nous situons selon eux et d’un point de vu objectif entre dystopie et utopie, une situation que bien des George Orwell ou Aldous Huxley auraient du mal à expliquer.

Le transhumanisme et la bioéthique dans les médias.
Le jeu vidéo “Deus Ex” expose bien les problèmes que pourraient engendrer l’augmentation humaine avec une ségrégation des augmentés qui ne peuvent contrôler leurs augmentations par les non-augmentés qui eux ont peur de celles-ci. Il y met en exergue aussi les quêtes de pouvoirs et les conflits qu’il peut y avoir entre entreprises et États pour le contrôle des augmentations, on peut donc y voir une sorte d’anticipation d’un futur proche.
Depuis la fin des années 80, le cinéma également se met à penser à un futur dystopique. Dans les années 80 ce futur n’était rien de plus qu’une dystopie impossible, une adaptation de roman de 1984 de George Orwell ou du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley mais au fil des années, des décennies le cinéma à incorporer des touches des réalisme et ces films vu comme des fables dystopiques se sont mutés en réalités possibles et “anticipationnistes”. On peut citer par exemple le célèbre “Bienvenu à Gattaca”, “Brazil” ou encore les plus récents “V pour Vendetta” ou “Les fils de l’Homme”. Les thèmes abordés sont souvent l’eugénisme, le contrôle étatique total et la perte de liberté au profit d’une équité qui se révèle souvent irréelle.

Un rêve sans croyance.
Pour ses nombreux détracteurs, le transhumanisme s’apparente à une religion, voire une secte dont Kurzweil serait le gourou. Récemment, Paul Jorion critiquait leur “message messianique”. Un parallèle que ne nie pas Laurent Alexandre. “Bien sûr, c’est une croyance de nature religieuse. À l’exception que l’on met Dieu de côté. Dieu, c’est l’Homme 2.0. D’ailleurs, Kurzweil estime que dès 2035, nous serons des dieux [“We will be Godlike”].

“Google se rapproche plus d’une église que d’une entreprise traditionnelle, expliquait-il aux caméras d’Arte. Leurs objectifs sont des objectifs messianiques avant d’être l’accumulation de l’argent”. Dès lors, doit-on s’inquiéter des dangers d’une dérive sectaire ? “Nous parlons là de maîtrise de l’intelligence artificielle, de cerveau connecté, de la possibilité d’éditer le génome humain, de se rapprocher de l’immortalité, etc. Les conséquences et les dangers de tout ça sont multiples et vertigineux, je ne pense vraiment pas que le fait de savoir s’il faut considérer le transhumanisme comme une secte soit la priorité, balaye Laurent Alexandre. Il faudrait plutôt se pencher sur notre capacité à anticiper le monde qui arrive”. Ou plutôt notre incapacité.

Vers un homme totalement augmenté ?
L’Homme augmenté aura la maîtrise de son génome, de ses capacités cognitives et physiques. Dès lors, il est difficile de ne pas envisager deux catégories d’humains : ceux qui sont augmentés et ceux qui ne le sont pas. Suivant cette logique, difficile d’imaginer que ceux qui ne le seront pas seront bien évidemment les pauvres d’aujourd’hui. Puisque les pays riches concentrent la plupart des richesses quand certaines populations n’ont pas accès à l’eau potable ou l’éducation, difficile d’imaginer.

La transhumanisme, en user sans en abuser.
Les pessimistes voient dans la pensée transhumaniste une façon non pas de faire évoluer le genre humain mais de le pervertir. La manière d’utiliser ces nouvelles technologies est également abordée, d’une certaine façon celles-ci peuvent entrainer la chute de l’homme, tout comme Icare, prétentieux et obsédé par son désir de repousser ses limites oubliant même que le soleil existe, le soleil étant la représentation d’un “Dieu” ou d’un aboutissement ultime dans notre cas. 
Les optimistes voient quant à eux la panacée à tous les maux du genre humain, mais ils évoquent aussi que l’utilisation de leur panacée doit être réglementé, on doit en user et non en abuser revendiquent-ils.
On peut donc voir que la pensée transhumaniste soulève bien des débats mais malgré sa controverse et le pessimisme de certains groupes de personnes la recherche reste dans les priorités des entreprises les plus prestigieuses de la Sillicon Valley et son aboutissement devient beaucoup plus réel que l’aurait imaginé le monde il n’y a même pas vingt ans.

Antonu-Francescu Andreani

Cet article s’adresse aux adultes et aux jeunes adultes, étudiants ou travailleurs.