Chapitre 2 : Rencontre avec Ariana Rowlands, la “plus fervente supportrice de Trump”

Ariana Rowlands, étudiante en marketing sur le campus d’Irvine, en Californie, est la présidente du club des Républicains. Pour la jeune femme, cela ne fait aucun doute : les Américains ont besoin de Donald Trump pour retrouver sécurité et prospérité.

Ariana, 20 ans et toutes ses armes. ©D.R.

Elle est probablement la plus fervente supportrice de Trump sur le campus d’Irvine”. Voilà comment le club des Démocrates à l’Université d’Irvine décrit Ariana Rowlands, l’actuelle présidente du club des Républicains. Du haut de ses vingt ans, la jeune femme a déjà un argumentaire bien rodée, des idées arrêtées, et une rencontre avec Donald Trump à son agenda. “C’était en mai”, se remémore Ariana avec délectation. Trump donne un meeting à Anaheim, une ville au sud de la Californie. “En tant que présidente du club, j’avais un pass VIP. A la fin du meeting, ils ont fait partir presque tout le monde, avant d’annoncer la venue de Trump.”

Ariana est conquise par cet homme qui “a les pieds sur terre” et “vous parle d’égal à égal”. “Donald Trump n’a pas un langage policé, il n’a pas été formé à la politique comme tous les autres”, avance la jeune femme. Ce que ses adversaires pointent comme un manque d’expérience est pour elle un point positif : “les politiques sont connus pour promettre beaucoup de choses mais ne rien faire. Ce ne sera pas son cas”. Comment peut-elle en être si sûre? “Trump a déjà atteint tout ce dont on peut rêver. Donc s’il veut devenir président, ce n’est pas dans son intérêt personnel, mais pour le bien du pays”, juge-t-elle.

“Trump a déjà atteint tout ce dont on peut rêver. S’il veut devenir président, c’est pour le bien du pays”

Son passé de businessman ferait également de lui un parfait président pour remettre sur pied l’économie américaine. “Il a mené avec succès une centaine de business. Il saura créer de la croissance et de l’emploi”, conclut Ariana. La “Trump Organization”, un conglomérat installé dans la “Trump Tower”, à New York, est en effet présent dans les secteurs de l’immobilier, de la construction, de l’hôtellerie, du divertissement, de la littérature, des médias, du mannequinat, de la finance, de la vente, de l’alimentation, des compagnies aériennes… Une liste non exhaustive, qui pour beaucoup de supporters est plus précieuse que l’expérience politique sur le CV d’un candidat.

“Nous devons nous protéger”

Le slogan du candidat Républicain, “Make America Great Again”, ne laisse planer aucun doute. Les intérêts des Américains passeront avant tout. Comprenez : protectionnisme et fermeture des frontières. Une vision des relations internationales qui séduit ses supporters. “Les terroristes affluent du Moyen-Orient, nous devons nous protéger. Regardez ce qui s’est passé en France”, justifie Ariana, qui a pour leitmotiv la lutte contre l’immigration illégale. “Il faut évidemment construire un mur entre les États-Unis et le Mexique, mais ce n’est pas suffisant”, assure la jeune femme, qui plaide pour un arsenal complet. “Si un immigré commet un crime, nous devons le renvoyer chez lui”, explique-t-elle. Que Donald Trump ait qualifié les Mexicains de dealers, criminels et violeurs ne la perturbe pas le moins du monde. Pourtant, Ariana Rowlands est la fille… d’une immigrée mexicaine. “Cela n’a rien à voir, se défend-elle. Je suis contre les immigrés illégaux. Ma mère est venue légalement aux États-Unis”.

“Il faut évidemment construire un mur entre les États-Unis et le Mexique, mais ce n’est pas suffisant”

Dans un État historiquement à gauche, Ariana Rowlands se bat contre la majorité. D’autant plus sur le campus d’Irvine, où la population est particulièrement éduquée, internationale, et démocrate. “Avec le club des Républicains, je dis aux conservateurs : oui vous pouvez vous exprimer. Regardez-moi, je vais bien, je suis toujours en vie. C’est important de se rassembler, et de permettre aux gens de parler librement. A Irvine, les Républicains sont encore perçus comme des racistes”, assure la présidente du club, en fonction depuis l’hiver dernier.

Ariana (à droite) tente de recruter de nouveaux membres avec son équipe. ©D.R.

Selon elle, l’image d’un Donald Trump raciste ne serait qu’une déformation de ses propos par les médias, tous “dans la poche d’Hillary”. “Ce ne sont pas des idées racistes mais des faits. Quand Trump dit qu’il y a plus de crimes dans les quartiers noirs, c’est un fait”, assène Ariana. “Plutôt que de se révolter, les Black Lives Matter feraient mieux de régler leurs problèmes. Car les noirs se tuent entre eux avant de se faire tuer par la police”. Un argumentaire qu’elle tente de diffuser sur le campus d’Irvine, qui comprend plus de 30 000 étudiants. “A quelques semaines des élections, ils s’intéressent de plus en plus à la politique. C’est le moment ou jamais de les rallier à notre cause”.