Petit moment à moi…

La lecture d’article me donne parfois envie de rédiger moi-même. Je viens de découvrir l’article « Se déconnecter pour se reconnecter : petit traité pour un bien-être décomplexé » rédigé par Mallorie Sia et publié sur le site L’ADN. Belle lecture qui me donne envie de réagir, prolonger, témoigner…

La déconnection fait — devrait faire — partie intégrante de la vie. A une époque pas si éloignée, on veillait le soir, on échangeait avec les voisins, on allait à l’école à pied, on jouait…

Loin de vouloir suggérer qu’avant c’était mieux, force est de constater que la déconnection devient un acte éminemment volontaire. Il fait face au remplissage systématique, frénétique (maladif ?) de nos vies.

Un constat qui révèle à quel point « la culture du flot continu » devient la norme. Nous sommes devenus incapables de stopper la machine qui ne cesse de s’emballer. Le temps pour soi devient en cela RUPTURE. Il est mal considéré, mal mené, violenté, rabaissé au rang d’égoïsme profond (non sans blague ?) alors qu’il constitue l’essence même de l’équilibre et donc de la bonne relation avec les autres.

A en croire certains, cette fameuse rupture constitue une posture peu souhaitable et même critiquable. Un effort surhumain en somme : modifier son agenda, transiger avec des obligations apparemment suprêmes, se lever plus tôt, adapter sa vie, refuser un confort pernicieux pour la planète ou sa santé (prenons la voiture au lieu du vélo).

Il est vrai que l’instant salvateur demande une extraction, une extirpation, une exfiltration de l’obligation. Une entrave à la dictature de l’action ininterrompue.

La technologie crée la frénésie et tente à l’autre bout de la résoudre. Les applications de la maîtrise du temps fleurissent. J’ai même découvert un moulin à poivre qui brouille les ondes wifi autour de la table.

Revenons à la question fondamentale : qui peut prétendre qu’en n’arrêtant jamais la charge mentale, il reste en forme, créatif, efficace et productif ?

La « productivité globale » est fondamentalement fait de sprints de travail, de questionnements et de moments d’aération. La pause constitue en cela une belle matière à réflexion et à rebond.

Je travaille avec des créatifs. Les meilleures créations sont souvent issues de mises en situations éloignées de la pression ou de formalisme professionnel.

Comme le disent les américains, Think out of the box. Feel out of the box pourrait compléter cette idée séduisante. Des lieux propices à la créativité fleurissent (salles de séminaires, péniches, maisons particulières et même des caravanes que l’on dépose en pleine nature). Changements, couleurs, chaleur, sensation d’être à la maison, cocooning caractérisent ces endroits.

Certaines entreprises ont compris l’intérêt de la rupture en favorisant des temps dédiés aux projets alternatifs souvent source d’épanouissement, d’innovation et d’évolution. Loin d’être perdus, ces derniers ouvrent de belles perspectives de développement de business.

J’en viens à une question simple : pourquoi dormons-nous ? Pour recharger les accus, restructurer et mieux repartir. Considérant cette phase comme improductive, nous la réduisons au profit de la suractivité. Un double effet ciseau qui conduit à la fatigue latente, néfaste et parfois fatale.

Nous faisons de même avec ces petits moments pour soi.

Je pratique la rupture. On me demande souvent :

Comment fais-tu ? Tu as un problème, tu as besoin d’être seul ?

Je réponds non, je n’ai pas de problème et oui j’en ai besoin ! Certes, je suis magnifiquement entouré. Mais j’accorde une importance toute particulière à mon bien-être intérieur.

Allez… Petite inspiration pour quelques ruptures simples :

Ecrire, marcher, dessiner, faire du vélo, prendre un café à une terrasse, apprécier — réellement — un repas, aller au marché, lire un livre, regarder un film (même en plusieurs fois :), faire du sport sans aller dans une salle. Tout cela seul ou accompagné selon l’envie.

Bref, faîtes ce que vous avez envie ne serait-ce qu’un court moment. C’est çà la liberté, la responsabilité envers soi et les autres. Un effort salvateur pour bien couper avec « le reste ».

J’arrête d’écrire cet article. Beau moment de rupture. J’avais juste envie de le faire…

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