Carnets de voyage à Madagascar : “D’une île à l’autre”…

Arnauld Rogeau
Jul 24, 2017 · 2 min read

Bientôt s’achève mon périple sur “l’île Rouge” : le gros oiseau de fer m’emmènera de nouveau en ses entrailles éoliennes vers mon point de départ, “l’île intense”, la Réunion.

Comme tout voyageur dont les pas s’égrènent au rythme des coups de coeur pour les terres qu’il visite, et les hommes qu’il y rencontre, je laisse une part de moi sur place. Des sentiments puissants et contradictoires s’emparent de tout mon être : je n’ai pas l’impression de rentrer “chez moi”, mais de laisser celui-ci derrière en partant. Je suis re-tombé profondément amoureux de Mada, par surprise…Sa beauté vénéneuse s’est distillée sans coup férir au sein de mon existence, moment après moment aux vécus si multiples ; ballade après ballade : les images récoltées, toutes plus fortes les unes que les autres ; rencontre après rencontre s’imprimant sur la plaque photosensible de l’âme. Je réalise être devenu totalement accro aux sourires échangés, aux rires partagés avec des inconnus, “sans lendemain”, pensais-je alors.

Madagascar m’a ensorcelé, et je ne ressens aucun désir de résister à sa magie, nulle volonté de ne pas me laisser emporter davantage encore dans ses bras d’ébène. Le Menabe m’envoûte, et tout particulièrement Morondava. M’imaginer ne plus flâner au sein de son fabuleux marché, ne plus guetter le rayon vert sur la plage en sirotant une THB, ne plus marcher sans fin dans Nosy Kely -que de belles rencontres!-, me tord le ventre, littéralement.

Par les volets entr’ouverts me parvient le concert des bruits de la rue, qui toujours me berce jusqu’à parvenir à l’état de rêve éveillé. Cris des enfants qui jouent, musique nasillarde des “épis-bars”, habitants qui s’interpellent, posys-posys qui carillonnent en vain, moteurs aux démarrages récalcitrants : la rue Malgache vit, fort, et prend aux tripes.

La Grande Île, que je croyais commencer à connaître, me laisse totalement désarmé : comment étancher ma soif de joyeuses découvertes quotidiennes, sinon en y revenant?! Est-il plus belle amante que Madagascar? Je t’aime, ô mon île! Nulle autre ne me fait vibrer comme Toi sais le faire…Une vie d’homme ne vaut pas d’être vécue sans aimer : je ne te quitte que pour mieux te retrouver, bientôt, plus tard, qui sait?

Arnauld Rogeau

Curieux de tout, et surtout de tous, j’ai à coeur de faire connaître autrement les pays au sein desquels je voyage depuis bientôt 50 ans…

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