“L’esprit startup” : assez de bisounours, c’est de barbares dont on a besoin !


On ne peut plus laisser passer ce genre d’article : C’est quoi, avoir l’esprit startup ? Ces mythes et légendes urbaines sur les startups font plus de mal que de bien à cet écosystème entrepreneurial qui émerge à Paris. Le plus alarmant est qu’une PME, qui a pour ambition de “help world leading companies build growth at startup speed”, ait participé à l’article.

Si nous n’avons pas de Google français, ce n’est pas à cause d’une fiscalité ou d’une soit disant rigidité du marché du travail, mais à cause de ce genre de discours qui châtre une génération d’entrepreneur français et avec elle l’avenir industriel du pays. Accélérer l’écosystème entrepreneurial français passe aussi par anéantir ce qui lui nuit.

“A Startup is Not a smaller version of a large company “ :

L’article commence avec la définition la plus grossière trouvée sur les startups :“Plus que le secteur dans lequel elles évoluent, l’âge ou la taille, c’est la façon de travailler qui caractérise les start-up. Un mode de fonctionnement qui stimule l’innovation, renforce l’esprit d’équipe et rend plus réactif.”

Il y a une et une seule définition d’une startup, celle de Steve Blank : “Startups are only temporary organizations, designed to search–not execute–for a scalable and repeatable business model”

Une startup doit être à la recherche d’un business model scalable. Donc les exemples cités pour illustrer “cet esprit startup” ne sont PAS des startups. Où est la scalabilité de Fabernovel ou de Michel et Augustin ? Il n’y en pas. Ce sont des PMEs, pas des startups. Il n’y pas non plus une once “d’esprit startup” dans la boîte Sismo Design qui a “dessiné la bouteille d’huile stop goutte de Lesieur”. Attention, il n’y a rien de péjoratif à être une PME d’autant plus si elle est innovante ...

Contrairement à ce qu’affirme cet article, une startup n’est une pas une boîte entre 0 et 7 ans. Une Startup est une organisation à la recherche d’un business model. En d’autre terme une startup, une vraie, n’a qu’un objectif : ne plus être une startup.


Pas de Club Med pour les Barbares :

Les quatre points de l’article sur cet “esprit startup” : 1. Une ambiance de travail conviviale / 2. Un mouvement permanent / 3. Des échanges constants/ 4. Des initiatives antiroutine, ainsi que le “petit déjeuner du lundi en équipe”, “le champagne dans le frigo” et “la partie de Babyfoot entre deux coups de fil clients” fonctionnent aussi pour décrire l’esprit Club Med. Comme le dit Ben Horowitz dans son livre The Hard Thing About Hard Things :“Perks are good but they are not culture”.

Une startup n’est pas un monde de bisounours, mais une organisation en état de guerre permanent.

#1 Il n’y pas de de deuxième et troisième positions. Dans le numérique c’est “winner takes all”.

#2 La finalité d’une startup est l’empire industriel.

#3 L’esprit Barbare est le seul esprit qui permette à une organisation de passer du stade startup au stade de géant indutriel.


La meilleure illustration pour décrire l’esprit startup c’est l’image du Header : une organisation qui a le feu au cul et seulement une fine protection pour se protéger. Déterminée, elle tente de traverser la rue pour passer de 0 à 1, quitte à pivoter quelques fois pour éviter les voitures qui semblent ignorer son existence.