Le projet sonore — Accent

Solution de recherches, atelier iLab

Arthur Anst
Nov 7 · 6 min read

Préface

L’atelier iLab est un laboratoire de recherche, une structure sociale constituée donnant un cadre de travail aux étudiants, à finalité expérimentale. En fonction de l’utilisateur cible, les résultats de ce dernier peuvent prendre différentes formes portant sur un même fond, la lutte pour le climat.

Ce projet scolaire a été réalisé à la Haute École Albert Jacquard de Namur, option Design Web & Mobile en BA3.

L‘ébauche

Dès la première présentation de l’atelier, l’idée de travailler des sonorités est venue relativement vite à nous. La plupart des campagnes de lutte pour le climat sont basées sur la présentation d’images alarmantes, d’extraits issus de documentaire, dans un même but, informer la cible du média.

De cette idée a débuté un travail de recherches d’inspirations où la performance artistique était le centre. Des oeuvres comme Metamorphy, SphérAléas ou Phonofolium, toutes basées en partie sur le son, nous permettent d’extraire 3 mots clefs : Communication, Obligation, Intrusion.

Le fond du projet commence alors à se dessiner plus clairement, les sons pourront être utilisés pour marquer l’esprit des cibles du projet, celles-ci seront choisies au hasard et ne pourront y échapper, comme face à un spam.

La délimitation d’état

Le soucis majeur d’un projet basé sur le son, est que dès lors qu’ils ne sont pas clairement perceptibles, il devient rapidement difficile de les lier à leur origine et dans le cas présent, à la lutte pour le climat.

Ensuite, vouloir impacter à une échelle importante, idylliquement mondiale, implique un problème majeur, celui que le message n’intéresse pas la cible et qu’il ne soit qu’un de plus.

Réduire — déterminer

En trouvant une cible précise au projet, notre message gagne non seulement en impact mais en sens. Trouver une cible, c’est aussi trouver un lieu, s’intéresser à ses habitudes et ses actions. Et pour cela, nous avons une multitude de personnes autour de nous, dans l’enceinte même de l’école, également de choix de lieux. La transformation du projet en moyen de communication plus efficace touchera un public moins nombreux. Se concentrer, se diriger, s’avancer vers quelque chose de concret et réel.

L’utilisation de plusieurs pièces au sein d’un même endroit, sur des périodes précises afin d’avoir une participation active et un flux de mouvements constant autour du projet, nous permettra d’installer des dispositifs ainsi que de récolter et d’amplifier des sons dérivés d’actions néfastes pour la planète.

Le projet devient une installation mouvante au sein de l’établissement où les habitudes machinales des autres engendrent des conséquences immédiates sur leur environnement. Ces agissements, tels que : l’utilisation d’un sèche-main, l’achat d’une bouteille en plastique ou laisser coulée l’eau interminablement, seront amplifiés en direct et utilisés pour créer des visuels aléatoires.

Définir une forme

La même mélodie est diffusée dans l’ensemble des pièces. Un micro est posé dans chaque pièce à des endroits définis, chaque action engendre un son et ce même son est directement amplifié et diffusé par-dessus la mélodie (musique calme d’ambiance) dans la pièce ou l’action est produite. Dans un même temps, les courbes sonores sont enregistrées par un second micro qui les renvoient dans un ordinateur où un code javascript crée des visuels aléatoires selon leurs niveaux sonores.

Identité visuelle de l’installation

Pour mettre en exergue, mettre en évidence, pour amener au premier plan, pour que ce soit plus intense, on accentue le tout.

Accent, le nom de ce projet décrivant notre volonté de pointer du doigt les antécédents de la dégradation climatique, amplifiant nos actions sonores pour nuire au confort d’autrui. Ce choix sert de preuve à la théorie comme quoi notre quotidien peut toujours être amplifié et perçu différemment, en intensifiant ses sonorités, en modifiant les réactions de gestes habituels.

Un texte par des impulsions

L’installation bouge, l’identité graphique bouge. Les ambiances se reflètent dans les animations javascript. En lien avec le son, ou à son opposé, le silence. Ne pas parler, juste entendre, juste voir. Communiquer différemment, comme le morse. Chacun sa perception, avec ou sans le langage, avec ou sans les connaissances.

Le travail de fond est l’essence même du projet, il est son début, son milieu et sa fin. Sans ces recherches, tout serait vide. Elles vivent dans le projet, elles font vivre le tout, même au centre de notre présentation. Mettre en avant pour mieux faire passer notre message était la priorité dans le design de l’interface du site de présentation.

Régir les flux

Faire entrer un nouveau public dans l’installation afin de partager notre action. Les sons récupérés dans les pièces sont transformés en visuels abstraits offrant une interprétation différente pour l’extérieur. Pour communiquer notre projet, les sons et les visuels sont disponible en direct sur nos urls, le tout n’est donc pas seulement abstrait mais aussi éphémères, à la manière des sons produits aux instants T.

Pour le matériel, nous arrivons à recevoir en prêt une table de mixage, une enceinte ainsi qu’un microphone, le reste étant à nous. L’installation est rapide, quelques branchements, une source d’alimentation, une source de sons, une cible.

En direct

Selon différentes flux de personnes, les sons varient. Le projet commence, l’action se met en route, déclenche la suivante, à la chaîne, on récolte à la chaîne, les actions sont commises et capturées. Les gens ne s’arrêtent pas, il y en a tant, tant de choses anodines, sans intérêt pour le reste, un grand intérêt pour nous. On dérange la pièce, on dérange les autres, on dérange le secrétariat, on nous dérange pendant les enregistrements.

Installation dans le Bloc B au Campus Infographique

Lorsque rien n’est capté d’un côté, rien ne se passe de l’autre. Le second micro, relié au moniteur créant les visuels, offre une seconde forme d’interprétations et de diffusions, aux allures de cercles sonores vibrants. On colle le micro à l’action, pour récupérer le plus possible, le plus fort. Les sons sont à fond. La pièce gronde et se sature. Les gens passent devant, regarder vite, regarde lentement.

Un dernier pour finir

Résultats visuels aléatoires des sonorités

De plus en plus de monde, de plus en plus de sons, on coupe, on recommence. Sans arrêt en mouvement, dans d’autres pièces, avec d’autres personnes, qui font d’autres actions, qui provoquent d’autres sons, qui génèrent d’autres cercles. Sans s’arrêter, rien ne s’arrête, peut on l’arrêter, les arrêter ?
On dérange, on vous dérange ? Tant mieux.

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Ce projet est une réalisation de Hélène Nonnon, Maxime Walrant, Mohammed Moussaoui, Juwan Dutkiewicz & Arthur Ansotte.

Nous serions ravis de connaître votre opinion sur ce travail.
Bye.

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