Like a phoenix !

Vers une culture coopérative.

Artishoc a, en quatorze années, fédéré 30 acteurs culturels sur une plateforme internet partagée. Pour quoi faire ? Nous avons changé de siècle, les pratiques culturelles immatérielles sont devenues massives. Une part des publics se sent de plus en plus éloignée des théâtres, des libraires et des salles d’exposition… Les tutelles accroissent leur pression de manière permanente sur les institutions. Le ministère de la Culture, le premier, parle désormais d’une économie du contenu et de l’attention. Les industriels du flux et de la billetterie deviennent plus agressifs et mettent en œuvre tacitement un projet de «verticalisation » du secteur. Ils disposent désormais d’informations précises sur les publics grâce aux bases de contacts, achètent les artistes et affirment gérer mieux les salles que ne le feraient des « professionnels ». Au projet d’émancipation porté par les politiques culturelles succèdent les dynamiques de recommandation véhiculées par le marché. Les territoires quant à eux, investissent la question de la culture sous un angle de marketing territorial et d’attractivité. Le projet d’une politique culturelle, d’une éducation populaire devient chaque jour moins lisible. Internet tue la forme institutionnelle dans laquelle nombre de scènes nationales, centres dramatiques semblent enferrées…

Dans ce paysage, internet, en multipliant les promesses d’ouverture au monde, aux marchés, aux données, aux consciences… ne fait qu’accélérer tous les processus de privatisation et d’aliénation. Ainsi, sociétés algorithmiquement organisées, finances de l’ombre et de la vitesse brisent toute idée de culture commune au profit d’une succession de boites noires dans lesquelles plus personne ne peut pénétrer.

Une question : Que nous reste-t-il de commun ?

Commun, le même mot aujourd’hui dans toutes les bouches.

Commun : Capacité donnée d’abord à la praxis — au fait d’être dans l’action créative simplement. Praxis conçue comme force instituante des politiques culturelles. Dynamique d’un monde que l’on ne sait plus comment appeler plus concrètement, plus rapidement à changer, pour plus d’équité et de vie simplement. Un monde sur lequel on souhaiterait pouvoir agir. Ce rêve d’émancipation nous l’appelions encore “culture” il y a quelques temps.

Comment donc inventer cette culture du commun ? Comment intégrer les conditions de transitions sociales qui émergent partout ? Nombre d’expériences existent, nombreuses travaillent en silo, isolées. Entre ces mouvements, l’idée certainement d’une culture du commun, la nécessité de la présence d’artistes, de penseurs, d’acteurs créateurs de sens pour la mise en œuvre d’une société de transition.

Like a phœnix, Artishoc change de genre et devient coopérative. C’est dans ce cadre que nous aimerions désormais inscrire nos recherches. Pour se faire nous inventerons avec ceux qui le souhaitent une coopérative capable de mettre en œuvre un projet de culture collaborative, projet encore à inventer.

Artishoc peut - souhaite - être le test de nouvelles façons de produire un objet commun. Il nous semble que les acteurs culturels peuvent prendre une place majeure dans un tel mouvement, simplement pour donner sens à ces recherches et pour identifier, pour eux mêmes, les perspectives de nécessaires développements.

A l’œuvre ! Donc comme le proposait Jaurès il y a un siècle déjà. En proposant d’inventer maintenant une république coopérative, il dessinait un ensemble de perspectives qu’il nous appartient aujourd’hui de mettre en œuvre. Paradoxalement, le numérique nous en offre enfin les moyens.

Contactez-nous !

Artishoc

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