Malick Welli, photographe

Art Kelen
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Oct 2, 2016 · 6 min read
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Peux-tu te présenter ?

Je suis Baye Malick Kébé, sénégalais de 27 ans. Mon nom d’artiste est Malick Welli en hommage à mon grand père. Je suis artiste photographe, artiste visuel depuis 5 ans.

Pourquoi as-tu choisi ce métier?

La photo était ma passion depuis mon plus jeune âge. Au lycée, je me suis acheté un téléphone uniquement pour pouvoir prendre des photos. En grandissant, je voulais me tourner vers l’architecture mais mes parents n’ont pas approuvé ce choix et j‘ai dû intégrer une école de commerce. Une fois l’école terminée, j’ai décidé de ne pas poursuivre dans la voie qu’il souhaitait me voir prendre, à savoir travailler dans une entreprise.

Quel est ton parcours?

Comme évoqué précédemment, j’ai intégré une école de commerce pour satisfaire mes parents mais à la fin de mon cursus, j’ai suivi mon instinct et je me suis consacré à la photographie. Mis à part quelques stages, je n’ai jamais travaillé dans le monde de l’entreprise. J’avais besoin d’indépendance et de liberté.

Concernant la photographie, je n’ai pas suivi de formation particulière, j’ai appris tout seul. J’ai acheté mon premier appareil photo en 2012 et j’ai commencé à travailler en tant qu’assistant avec Djibril Dramé.

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En tant qu’artiste, comment te définis-tu?

Au Sénégal on me colle l’étiquette de photographe pour enfants. En fait, j’ai grandi dans une maison dans laquelle j’étais le plus jeune des enfants et paradoxalement, il n’y avait pas de photos de moi. Cela m’a marqué de ne pas avoir de souvenirs de mon enfance immortalisés par des photos.

Avec l’âge et avec mon intérêt grandissant pour la photographie, j’ai décidé que je pourrai aider d’autres enfants à immortaliser leur enfance.

Je suis très sensible aux problèmes liés à l’enfance mais également aux problématiques de la femme dans la société sénégalaise.

Qui t’a influencé ?

Une des personnes qui m’a énormément influencé c’est le photographe sénégalais Boubacar Touré Mandémory. C’est un globe globe-trotter qui est mordu d’images anecdotiques, de scènes de rue et d’ambiances lumineuses. Il est une grande figure de la photographie sénégalaise.

Wendy Spivey a joué un grand rôle dans mon parcours et je tiens à lui rendre hommage car sans elle je n’aurai certainement pas eu le même parcours.

Elle est une designer australienne qui conçoit des bijoux. Elle travaille et vit à Dakar. C’est une seconde maman pour moi. Wendy m’a énormément influencé et aidé dans ma méthode de travail, elle me conseillait des expositions afin que j’élargisse mon champ de vision.

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Quels sont les artistes que tu admires?

Les deux photographes que j’admire par dessus tout sont Robert Doisneau et Malick Sidibé.

Ils m’ont permis de façonner mon regard. Je suis extrêmement sensible à leur approche humaniste.

Du côté du Sénégal, j’admire le travail de l’artiste peintre Soly Cissé.

Et pour la photographie, j’aime beaucoup les oeuvres de mes amis Alun B et Siaka Traoré. Nous sommes très proches et nous nous épaulons dans le travail.

Tes proches t’ont-ils toujours soutenu dans tes choix?

Non pas du tout ! mes parents ne comprenaient pas mon choix et ils souhaitaient que je fasse « un vrai métier ». Mais avec le temps, et la reconnaissance de mon travail, leur regard sur ce métier a évolué.

Le début de ma carrière artistique a été une période assez difficile dans le sens où j’étais vraiment seul sans le soutien de mes proches.

En revanche, aujourd’hui ma mère me soutient à 100%, elle est fière de moi et me prodigue même des conseils dans mon travail !

Que reflètent tes oeuvres?

Je me situe dans le courant des humanistes, j’oriente mon regard vers une nouvelle Afrique, une Afrique positive, une Afrique qui a du potentiel.

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Quelles sont tes sources d’inspiration?

Généralement je travaille sur des projets définis. Une fois le sujet choisi, je fais un travail de recherche et je choisis les modèles en fonction de la thématique choisie. Je suis ensuite prêt pour commencer la série.

Dans le cas de ma dernière série sur l’intégration entre les peuples, j’avais à cœur de montrer une Afrique qui monte. Le projet s’intitule : Cogito « je pense donc je suis », l‘idée de savoir et de comprendre quelle vision les gens avaient de cette Afrique berceau de l’humanité. J’aime bien demander aux gens l’interprétation qu’ils font de mes photos, savoir ce qu’elles leur inspirent. Par exemple, la photo de la femme noire portant sur le dos un bébé blanc illustre l’Afrique qui berce toutes les nations.

Comment travailles-tu?

J’ai des commandes notamment d’ONG qui peuvent utiliser mes photos pour illustrer leurs sites par exemple. Je travaille également beaucoup avec la communauté expatriée lors d‘événements ou d’expositions.

Concernant le temps consacré à une série, c’est assez variable et cela dépend aussi beaucoup de contraintes de temps comme les commandes reçues.

J’ai débuté une série en 2015 (Cogito), bien qu’inachevée j’ai exposé quelques photos lors de la biennale de Dakar au mois de mai dernier. A ce jour, je ne l’ai toujours pas fini.

Mes séries sont illimitées mais je peux travailler sur plusieurs séries en même temps.

L’histoire de ma série « journal d’un retour au pays natal » est née lors d’un séjour dans le village de mes parents (dans le Saloum). J’y étais dans le cadre d’une commande d’une ONG. J’ai alors décidé de réaliser une série de portraits de ma famille avec l’envie de rendre hommage au travail des femmes qui sont incroyablement dynamiques et courageuses. Ces femmes se réveillent aux aurores pour aller chercher de l’eau et satisfaire maris et enfants.

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Quelle étape préfères-tu dans le processus de réalisation?

C’est le moment où le sujet de la série est défini, l’instant où je sais dans quelle direction aller.

J’aime également beaucoup le moment où mon travail est exposé, quand j’offre au public la possibilité de découvrir mes photos et évidemment j’apprécie particulièrement quand je sens l’intérêt du public à l’égard de mes photos et tous les retours positifs.

Lorsque tu débutes une création, as-tu une idée précise de l’aboutissement souhaité?

Oui la plupart du temps je sais vers quoi je veux aboutir même si en cours, je peux changer de pistes et d’orientation, le travail peut évoluer à travers mes échanges avec d’autres artistes.

Quelle est l’oeuvre phare parmi tes créations?

Il est difficile pour moi de répondre à cette question. Même si pour l’instant ce sont mes travaux en noirs et blanc qui sont très appréciés et le plus vendus, c’est compliqué pour moi de choisir. Je ne souhaite pas me limiter au noir et blanc, la couleur offre tout un tas de possibilités que je veux explorer.

Où travailles-tu?

Jai aménagé un studio chez moi. Pour mes travaux spéciaux et les commandes je peux me déplacer chez les clients.

Mon studio représente pour moi l’environnement idéal pour exercer mon métier.

Es-tu membre d’associations, de collectifs ou autre?

Il y a quelques années j’étais membre du collectif « Regard sur la ville » mais par manque de temps, je me suis petit à petit désengagé.

Quels sont tes projets en cours?

Je termine mes projets « cogito » et « happy nappy » et je prépare également des expositions à Dakar et aux Etats Unis pour 2017.

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