Mokodu Fall, artiste plasticien

Pourriez-vous vous présenter?

Je suis né en 1975 à Mbacké au Sénégal. Grâce à mon père diplomate, j’ai beaucoup voyagé durant mon enfance. C’est à 15 ans que j’ai découvert ma passion pour le dessin. Dans les années 90, Je réalisais des caricatures politiques dans un journal satirique au Sénégal.
 Je suis un artiste plasticien contemporain inspiré par les traditions et les valeurs de la communauté dont je suis issu mais je suis aussi très ouvert sur le monde.

Installé en Italie depuis 1996, je travaille entre Paris et Rome.

En tant qu’artiste, comment vous définiriez-vous?

Je suis un artiste réaliste que je classerai dans la catégorie des impressionnistes réalistes. 
Selon moi, ma particularité est le fait que je combine l’art instinctif et réaliste. Mon outil de travail est la main car la plupart du temps j’aime manier et être en contact avec la matière que j’utilise pour réaliser mes œuvres.

J’évolue aussi bien dans le figuratif que dans l’abstrait (collection jardin de l’amour).

Qui vous a influencé dans votre art?

Mon art reste atypique car je m’inspire de la nature et de mes émotions mais souvent en manque d’inspiration je me retrouve face à des œuvres d’artistes de grande renommée qui peuvent me guider dans ma recherche de sensibilité et de renouveau.

Je peux citer par exemple l’artiste transversal Joe Ouakam (il était à la fois poète, dramaturge, sculpteur et peintre), le peintre Jacob Yacouba, l’artiste engagé Kerry James, Claude Monet artiste impressionaliste et le peintre italien Caravaggio. Ils sont des repères pour moi.

Que reflètent vos œuvres?

Mes œuvres me définissent donc elles évoluent en même temps que moi. Je peins pour exister en tant qu’humain sur terre. J’ai le sentiment d’avoir un rôle à jouer, ainsi, l’art est mon d’outil d’expression.

L’art me permet aussi de réagir à une situation qui me touche de manière directe ou indirecte. Mes œuvres sont le reflet des personnes qui évoluent autour de moi mais je parle également de moi. Elles peuvent évoquer aussi bien la situation géopolitique mondiale que l’histoire de l’Afrique à travers à son passé, ses relations avec l’occident ou le monde arabe.

D’ou vient votre inspiration ?

Mes travaux sont le reflet de mon quotidien et de ce qui m’entoure (couleurs, formes, lumières, humeur…) ainsi mes compositions sont en phase avec mon état d’esprit, et sont une projection de mes sensibilités vis-à-vis de mon entourage.

Je ne dirai pas que je m’inspire du vivant, mais plutôt de ce qui constitue et compose la vie chaque éléments, chaque forme, chaque couleur sont une source de questionnement pour moi.

L’art c’est un monde d’imprévus et de sensations mais je ne peins jamais lorsque je suis stressé ou anxieux cela peut avoir une incidence négative sur mon œuvre.

Quelles sont les étapes de votre création?

Le shéma est toujours le même que j’ai déjà une idée bien précise de ce que je veux réaliser ou non: une fois l’idée de départ bien en tête, j’entame les esquisses préparatoires puis l’étude des détails importants et enfin l’ébauche et l’exécution. Quand je débute une toile, j’ai une idée de ce à quoi je souhaite aboutir mais au fur et à mesure que le travail avance, c’est l’œuvre qui me dicte le chemin à suivre. Je peux ainsi obtenir un résultat inattendu mais qui cadre parfaitement avec l’ébauche et qui donne la version définitive du tableau.

L’art c’est un monde d’imprévus et de sensations mais je ne peins jamais lorsque je suis stressé ou anxieux cela peut avoir un incident négatif sur mon œuvre.

Quels sont vos projets en cours?

Pour cette fin d’année 2017, je prévois en collaboration avec Rahviance Bemé et sa ligne de production à Writings Inchalk basée a Chicago, la sortie d’un livre sur une de mes collections « le Jardin de l’amour de Mokodu Fall ».

Nous avons aussi plusieurs manifestations de prévues: une grande exposition prévue à la Galerie Spazio Cima (Rome,Italie), une exposition à l’Hôtel Radisson (Rome,Italie) et une autre exposition à la Résidence Aquarooms (Parlemo, Italie).