Emploi. Qui sont les gagnants et les perdants de l’intelligence artificielle ?
Maçons, vendeurs, hôtesses de caisse, comptables, arbitres, médecins, conducteurs de train… Face à la révolution numérique et au développement de l’intelligence artificielle, certains métiers tendent à disparaître. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Qui aura le dernier mot, l’homme ou le robot ? Dans nos sociétés la domination de l’intelligence artificielle est une réalité qui n’appartient plus seulement au domaine de la science-fiction. Cette révolution technologique “ne se produira pas dans cinq ans ou dans cinquante ans. Elle est en train d’arriver. Des opportunités et des choix s’offrent déjà à nous” a martelé Emmanuel Macron qui prévoit l’investissement de 1,5 milliard d’euros pour le développement de l’intelligence artificielle en France d’ici 2022. Objectif : faire de la France un des pays leaders de l’IA. Ou serions-nous déjà à la traîne ? Il faut dire qu’il y a urgence : d’ici 2030, entre 400 et 800 millions de personnes pourraient devoir chercher un autre travail selon un scénario “médian” d’une étude réalisée par le cabinet de conseil McKinsey & Company. 60% des emplois verront au moins 30% de leurs activités robotisées ou prises en charge par l’intelligence artificielle. Si certains secteurs d’activité sont moins menacés car ils nécessitent des compétences sociales, empathiques, émotionnelles, cognitives ou créatives, les professions manuelles ou les moins qualifiées sont en revanche les plus vulnérables face à la robotisation. Selon l’Institut Sapiens, ce sont près de 2,1 millions d’actifs concentrés dans 5 métiers qui ont une forte probabilité de voir leur emploi disparaître dans les prochaines années.
L’intelligence artificielle dépassera-t-elle un jour l’intelligence humaine ? L’interaction de l’esprit humain avec les nouvelles technologies en fera-t-elle un homme augmenté ? Le débat reste ouvert.
“Parler d’intelligence artificielle revient toujours à parler d’intelligence humaine et de la manière dont elle peut se mettre au service de la société” a rappelé le mathématicien et député Cédric Villani. Ces innovations robotiques contemporaines devront donc répondre à un cadre éthique technologique strict.
Des machines et des hommes
Selon une étude britannique menée par le cabinet PwC, “l’IA ne va pas créer de chômage technologique puisqu’elle pourrait supprimer et créer un nombre équivalent d’emplois”. L’étude prédit une disparition de 7 millions d’emplois, mais aussi l’apparition de 7,2 millions d’autres — ce qui représenterait donc une augmentation d’emplois. Toujours d’après le même document, ce sont les secteurs du transport et de l’industrie manufacturière qui pourraient être les plus touchés par la démocratisation de l’IA. En revanche, les domaines de la santé et de l’éducation pourraient bien être avantagés par l’IA. Même son de cloche du côté du cabinet Accenture qui a présenté au forum economisue mondila de Davos en 2017 une étude tentant de prouver que l’IA pourrait augmenter de 10%, en moyenne, les effectifs des entreprises ayant investi dans cette technologie. Cette thèse s’appuie sur une étude menée auprès de 14.078 salariés, dont 1201 cadres dirigeants, dans onze pays différents et auprès de nombreux secteurs d’activité : automobile, santé, transports, énergie, banque, grande distribution… Envie de savoir si votre job sera un jour remplacé par un robot ? Faites le test en cliquant ici.
Aurelie Lalanne
