L’enfer africain ou européen ?

Les migrants africains continuent et continueront de se faire engloutir dans le « ventre de la méditerranée »*.
Pourquoi ? Car, ils n’ont pas été choisis. Car, l’Europe n’en veut pas.
L’explication est simple : pour entrer dans la forteresse européenne il faut que l’Europe ait besoin de vous, il faut que se soit elle qui vous appelle et pas l’inverse.
« Afrique ! O jeunes africains, entendez ma détresse. J’ai besoin de vous. Entrez donc au sein de ma jolie forteresse. Je vous nourrirai, blanchirai, vous donnerai tout ce que vous convoiterai. Nos femmes, nos maisons, notre travail. Partageons donc mes frères ! Allez, vite, pressez le pas ! Je vous ordonne d’entrer ! ».
L’esclavage ou la migration forcée. De 1451 à 1870, 297 000 africains furent importés de force des pays africains vers l’Europe. Ces africains étaient considérés comme des marchandises, une main d’œuvre gratuite pour les maîtres propriétaires d’esclaves européens.
La migration de la génération de mes parents durant la période des Trente Glorieuses. L’Europe avait besoin de cerveaux et de mains pour contribuer à la construction de la nation européenne et également d’agents de consommations.
La migration d’aujourd’hui ou la politique du tri entre :
- Les migrants “utiles” : Ceux qui aujourd’hui arrivent à entrer dans la forteresse européenne par voies légales ont été choisis pour leurs qualités intellectuelles. De nombreux jeunes africains après le baccalauréat quittent le continent africain pour continuer leurs études supérieures dans les écoles et universités européennes. Faisant souvent parti des meilleurs de leur promotion en Afrique, ils mettront leur intelligence au service du développement des nations européennes.
- Les migrants “néfastes” : « Europe, Europe. Oh si belle Europe ! Entends-tu notre détresse ? Notre continent est riche, nos dirigeants sont riches, tu es riche, mais nous sommes pauvres. Accueil nous au sein de ta forteresse. Le voyage à été long et pleins de périple. Cela fait des mois que les enfants crient famine et qu’ils n’ont pas dormis dans un vrai lit. Europe, s’il te plait. Aide-nous, ouvre-nous tes portes. »
Malheureusement, Europe ne répondra pas. Si l’Europe n’a pas besoin de vous, alors elle fermera les portes de sa forteresse et vous laissera mourir à l’extérieur.
Je sais que la vie en Afrique est dure, en fait je n’en sais rien puisque je ne l’ais jamais vécu. Mais je vous vois, mes frères et sœurs africains migrants, toujours en vie mais l’âme éteinte, quitter votre famille, traverser le sahara, vous faire réduire en esclavage en Lybie, risquer votre vie en mer. Tout ça pour fuir l’enfer africain.
Malgré tout, je vous le répète. L’Europe ne veut pas de vous, elle n’a pas besoin de vous. Dans le cas contraire, elle vous aurait déjà ouvert ses portes et étreint dans ses bras. Malgré votre courage et détermination pour escalader les murs de cette forteresse, une fois de l’autre côté, sans papiers, vous vivrez l’enfer européen.
Quitter l’enfer pour arriver dans un nouvel enfer. La vie paraît parfois injuste et la nature humaine complètement inhumaine.
#AfricaBillionImpactMovement
*Inspiré par le livre de Fatou Diome, Le ventre de l’Atlantique.
