Dreaming in Bacalar, Mexico — Photo @mattexrt

S’expatrier, ce n’est pas voyager

Ou l’effet lune de miel

Aurore Choo
Oct 11 · 4 min read

Vous êtes-vous déjà dit lors d’un voyage : « en fait, je me verrais bien vivre ici ! ». Moi, ça m’arrive tout le temps. Et attention, scoop : c’est l’effet lune de miel. Oui, car vivre dans un pays, ce n’est pas le visiter. S’expatrier, ce n’est pas voyager. Et pourtant, qu’est-ce qu’on aimerait se réveiller tous les jours avec :

  • la vue sur Central Parc, à New York
  • la plage de sable blanc et ses vagues, à Bali
  • les montagnes géantes, au Népal
  • ou encore en pleine nature sauvage, en Ecosse …

L’herbe est-elle plus verte ailleurs ?

Comme dans une relation : au début tout est rose, tout est beau. Et puis nos yeux d’amoureux affinent leur vue et constate petit à petit quelques défauts. Au départ anodins, ils peuvent devenir pesants, voir provoquer une rupture. Il en va de même avec une expatriation.

  • De mon côté, j’ai imaginé vivre à Bangkok en tant qu’expatriée française. Manger dans des grandes tours en compagnie d’autres expatriés, m’envoler le week-end pour aller faire du yoga à Bali, boire mon smoothie noix de coco ananas frais chaque matin.
  • Je me suis vue tout quitter pour aller élever des moutons en Islande et confectionner des pulls en laine que je revendrais dans les Alpes à prix d’or. J’habiterais une petite maison en bois dans la capitale et m’évaderait au cœur de la nature quand bon me semblerait.
  • J’ai imaginé ouvrir une maison d’hôte au Mexique, au bord des eaux turquoises. Faire aimer ce pays que j’aime tant aux touristes, leur faire déguster les saveurs exceptionnelles de cette Amérique et leur vendre un peu de rêve avec toutes ces couleurs.
  • Je me suis vue vivre à Cape Town, en Afrique du Sud, me rendre utile au près d’associations et m’intégrer à cette diversité locale. En profiter pour apprendre le surf et développer ma spiritualité.

Oui, on en a tous rêver. Mais entre le rêve et la réalisation, il y a un grand pas.

Sauter le pas

Et pourtant, je l’ai fait. A moindre échelle, puisque j’ai quitté la France il y a maintenant 3 ans pour vivre en Angleterre. Je restais en Europe (oui, on peut encore le dire), à 2 heures de vol de chez moi. Et croyez-moi, ça aide beaucoup. Cela me permet de rentrer quand je le souhaite, d’accueillir mes amis et ma famille facilement, d’avoir peu de décalage horaire. Je garde contact, je peux même continuer à faire du ski (difficile au Royaume-Uni !).

J’avais depuis longtemps l’envie de vivre dans un autre pays, m’enrichir d’une autre culture et prendre du recul sur la mienne. Et je ne le regrette pas, je conseille cette aventure unique à tout ceux qui en ressentent l’envie, elle apporte une grande ouverture d’esprit. Car parfois on veut partir, on n’est plus en phase avec son pays, avec sa vie, avec soi-même. Et, même si le challenge est de taille, cela en vaut la peine.

Nous voulons voir si l’herbe est plus verte ailleurs, et c’est tout à notre honneur.

S’intégrer dans une autre culture

S’expatrier, c’est accepter de vivre dans une culture avec des codes différents. Et pourtant, il faut être motivé. D’abord, avec les papiers. Car oui, il va falloir trouver un logement, un travail, découvrir le nouveau système de santé et les taxes locales. Nouveau pays, nouvelle organisation. Parfois même il y a les questions de VISA.

Ensuite, prendre des nouvelles habitudes. Car oui, ça change un peu. Les anglais mangent plus tôt par exemple, ils ont peu de fromages au supermarché et aiment aller boire des bières à toute heure de la journée. Il faut ré-apprendre à faire ses courses avec les produits disponibles, retrouver des habitudes autour de soi, et ça peut prendre un peu de temps.

Et puis, quand on est bien installé, quand on a trouvé ses marques, vient le temps des relations. Car pour être bien à un endroit, il nous faut être bien entouré. Des amis, des collègues, des potes qui vont aussi au sport. Il faut rencontrer. Et c’est sûrement la partie la moins évidente, car en étant étranger dans un pays on va forcément chercher à rencontrer du monde, mais créer des relations durables ne s’achète pas.

Ça prendra du temps, il faut savoir être patient et persévérant.

Vivre son Eldorado

Beaucoup rêvent donc d’ailleurs, beaucoup s’imagine un eldorado quelque part. Mais après l’émoi et la beauté des premiers instants, il faut savoir faire face aux difficultés et aux premières désillusions. Comme dans tout.

En plus, les traditions et l’humour sont différents. Se sentir à l’aise demande un peu de temps, pour un peu que la maîtrise de la langue ne soit pas totalement au rendez-vous. Cette phase de découverte et d’apprentissage peut parfois paraître longue, elle est indispensable. Certains abandonnent finalement en route, mais ceux qui persévèrent arrivent à découvrir d’autres facettes d’eux-mêmes, créent de nouvelles relations enrichissantes et grandissent.

Aujourd’hui, les écoles développent de plus en plus les échanges. Que ce soit avec Erasmus ou d’autres programmes, les élèves se voient offrir la chance de partir plusieurs mois, ailleurs. Saisissez-là ! Cette expérience, vous vous en souviendrez toute votre vie, même si vous décidez de rentrer. Alors, écoutez votre curiosité !

Et vous, avez-vous trouvé votre Eldorado ?

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& pour en savoir plus:

Les compétences de l’aventurier

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