Gogole Alerte !

La bêtise crasse sonnera-t-elle le glas de l’humanité ?

En 2009, nous pensions que nous allions tous mourir d’une pandémie de grippe A. La fin du monde (ou plutôt de l’Humanité : la Terre se porte bien, elle vous remercie, mais tient tout de même à préciser qu’elle vivait mieux sans vous) n’aura finalement pas eu lieu, même si des cas mortels de grippe A ont encore été observés cet hiver mais, que voulez-vous, une info en chasse une autre, puis une autre, puis une autre…et l’actualité étant assez chargée en morts et autres faits hautement anxiogènes depuis la rentrée, les média ont pu laisser l’épouvantail grippal au placard cette année.

Ou peut-être nous sommes-nous tout simplement habitués à une menace virale qui, depuis sept ans maintenant, tue tout de même un peu plus et, surtout, un échantillon de population un tant soit peu plus varié qu’une bonne vieille grippe B des familles ? L’homme s’adapte à son milieu et si un germe un peu trop virulent finit par faire partie intégrante de ce milieu, il n’a d’autre choix que d’apprendre à vivre avec. Inutile d’arrêter de respirer chaque hiver en attendant la mort.

Surtout que le péril auquel nous devons faire face depuis quelques temps est bien plus terrifiant : un monde en proie à une pandémie mortelle de gros-taréisme. Rien qu’hier — mardi 26 juillet 2016—, en l’espace de deux heures, nous apprenions qu’un Berlinois assassinait son médecin avant de se donner la mort, qu’à Tokyo, un homme s’est rendu coupable d’une tuerie de masse puisque, dixit le forcené lui-même, “tous les handicapés devraient disparaître” et, paroxysme religio-monstrueux de cette belle journée d’été, que deux gosses avaient égorgé, au nom de leur ami imaginaire, un vieil homme à genoux qui, s’il avait survécu au premier assaut de ses bourreaux détraqués du bulbe, aurait très probablement tendu l’autre joue au nom de ce même ami imaginaire.

On se croirait dans l’épilogue jus-de-boudinesque d’un mauvais roman d’anticipation. Sauf qu’ici, ce sont les personnages qui écrivent (mal) l’histoire. Et que, non content d’être réel, cet épilogue n’est, sans nul doute, que le prologue d’une seconde histoire autrement plus aberrante et sombre, dont l’horreur n’aura d’égal que la folie de ses protagonistes. Car, selon toutes apparences, il semblerait que nous soyons les témoins de l’aube du soulèvement, non pas des machines comme dirait Sarah Connor, mais des gogoles. Des gogoles que les attentats/tueries de masse que nous avons connus ces dernières années, que ce soit au nom d’un ami imaginaire, d’une soit-disant supériorité de race, du mal-être d’un adolescent moqué par ses petits camarades ou de l’homophobie religieuse d’un homosexuel mal dans son slip, auront achevé de désinhiber.

Nous entrons dans une nouvelle ère. L’ère des incultes barbares bas du front, biberonnés à la merde, dont l’espace de cerveau disponible n’a finalement pas été comblé par Coca-Cola, mais squatté par l’obscurantisme, l’intolérance, la haine, la lâcheté.

Certains agiront au nom de Daesh, lequel s’empressera, comme à l’accoutumée, de revendiquer chacune de leurs actions, de la plus insignifiante à la plus monstrueuse, du simple train qui déraille à la tuerie de masse, en passant par le vomi puant de votre voisin, alors que vous vous apprêtez à décoller pour un vol de 12 heures.

D’autres se réclameront de “l’axe du bien”, comme Bush il y a quinze ans. Sauf que le prochain Bush se nommera (peut-être) Donald Trump et fera (il le fait déjà) passer W pour un disciple éclairé de Voltaire et Montesquieu. La pandémie de bêtise crasse aura alors infecté l’humanité toute entière jusqu’à la tête de la “plus grande puissance mondiale”.

Allons-nous nous en accommoder, comme nous nous sommes habitués à la grippe tueuse ? Une invasion Zombie aurait tout de même eu plus de classe. Monde de merde. Bienvenue dans The Walking Dumb(asses).

Et la France dans tout ça ? Les élections ? 2017 ? Un ami m’a dit un jour : “il faut attendre d’être dans la merde pour y penser”. Je vais suivre son conseil et sortir attraper quelques Pokémon pour me changer les idées.