Blockchain au Maroc

La vague de crypto-monnaie et la Blockchain, révolutionne de nombreux secteurs, principalement la finance. Ces technologies sont présentées comme la nouvelle grande révolution technologique qui pourrait changer nos vies. La Blockchain et ses dérivés deviendront « le cœur battant » du système financier mondial, Le Maroc ne doit pas rater ce changement qui se manifeste dans l’horizon.

Blockchain & Cryptocurrency

La crypto-monnaie (en anglais Cryptocurrency) est une monnaie digitale basée sur la cryptographie lors de la génération et pour sécuriser les échanges. Elle est délivrée par un réseau décentralisé de nœuds selon des algorithmes prédéfinis. Une Cryptocurrency n’a pas de représentation virtuelle (fichiers ou tokens) et elle ne peut ni être falsifiée ni dupliquée. La première crypto-monnaie a vu le jour en 2008/2009, c’était le fameuxBitcoin [1]. L’autre face de la pièce est la technologie Blockchain qui est une base de données décentralisée qui sert comme un registre pour la Cryptocurrency. Les acteurs, sous un processus de consensus, répertorient dans la Blockchain les transactions en toute transparence et de sorte qu’elles ne peuvent pas être altérées. Ainsi, la Blockchain offre un mécanisme fiable, transparent, autonome et décentralisé pour gérer le cash flow.

Révolution Blockchain

Depuis 2011, l’intérêt a rapidement augmenté, notamment durant la montée fulgurante du cours du Bitcoin qui a surpassé 1000 $, ainsi que la large capitalisation du marché estimé à un volume de 10 Milliard de $.

En effet, Les grandes institutions financières ont publié un certain nombre de notes au cours des dernières années sur le potentiel de la technologie Blockchain et ils ont penché sur le développement de la crypto-monnaie pour en tirer profit. Dans ce sens, un consortium de plus de 45 grandes institutions financières, dirigé par l’entreprise R3, développe actuellement un cadre pour l’application de la Blockchain aux marchés. Un membre de poids, Goldman Sachs a publié une note qui explique que Blockchain “could change everything” [2]. Récemment, Les fruits de ces efforts se concrétisent, L’ ATB une banque à canada a envoyé $1,000 au Reisebank en Allemagne en 8 secondes, via le Blockchain Ripple [5]. La Banque de Tokyo-Mitsubishi UFJ (BTMU) de son côté planifie en collaboration avec IBM d’automatiser les transactions commerciales en 2017, en se basant sur le projet Blockchain Hyperledger [3]. Le Buzz n’a pas épargné les géants du High-tech, Google, Microsoft, IBM, et autres se sont adhérés rapidement à cette tendance et développent des offres BAAS (Blockchain as service) pour les institutions financières.

Gartner dans ses prévisions des technologies futuristes estime que : « la blockchain est actuellement utilisée par ‘moins de 1%’ de son audience totale, elle avancera plus rapidement dans les secteurs industriels, du gouvernement, de la santé et de l’éducation“

le WEF « World Economic Forum » a publié son rapport “ The future of financial infrastructure ” expliquant comment la blockchain peut remodeler les services financiers [4].

Impact Blockchain

L’immense potentiel de Blockchain n’est plus un sujet de doute, elle ouvre des perspectives intéressantes pour les acteurs financiers. Le duo Blockchain Cryptocurrency est considéré comme le pilier de la Fintech, permettra entre autres de surmonter plusieurs problèmes du métiers, de supprimer le lourd processus du « Back charge », accélérer et sécuriser les envois de fonds : Transferts rapides de quelques secondes à quelques minutes à très faible coûts, l’élaboration de contrats autonomes via les Smart Contract. réduire drastiquement les coûts de transaction, Transferts possibles à l’échelle mondiale indépendamment du pays et des circonstances géopolitiques. Faciliter et booster le paiement en ligne et bien plus.

Les analystes du Santander InnoVentures, estiment qu’en 2022, la technologie blockchain peut économiser aux banques plus de 20 Milliards $ annuellement

Certes, l’impact direct de la Blockchain touche principalement le secteur bancaire. Cependant, elle s’attaque à des secteurs très variés comme la preuve de l’existence (l’Estonie a adopté un système innovant : e-residency qui permet aux étrangers d’acquérir une nationalité numérique), Le stockage décentralisé, les assurances, la protection des données privées, ‘la Uberisation’ des services, le vote des citoyens ou même le monde de l’Internet des Objets. Généralement, la blockchain peut cibler tous les secteurs d’activité où le métier repose sur un intermédiaire.

Au Maroc

La Blockchain aura des conséquences immenses pour les banques, le système financier et l’économie tout entière. Cette révolution pousse plusieurs pays comme Singapour et Dubaï à tout faire pour devenir le centre international pour le développement des technologies Blockchain. D’autres pays économiquement semblable au Maroc comme la Tunisie et l’Afrique du sud ont franchi le pas pour promouvoir ces technologies, la Tunisie a adopté une cryptocurrency (E-dinar)qui est une première au monde [6]. le Maroc se dispose de tous les ingrédients pour réussir (infrastructure, capital humain,..). Notre pays doit surfer la vague plutôt que de l’attendre.

Le Maroc étant un pays émergent, il priorise dans sa politique économique l’encouragement d’investisseur étrangers, principalement ses efforts penchent sur des secteurs d’activités traditionnels dans un environnement mondial et régional férocement compétitive. Mais le temps est venu pour penser intelligemment, oser et étendre la stratégie, L’idée serai de diversifier les domaines encouragés vers les domaines de hautes technologies émergentes et se démarquer par l’instauration des écosystèmes propices pour attirer les investisseurs (surtout en Fintech).

Environ un cinquième du PIB de l’Afrique provient d’un ensemble de pays que nous appelons étoiles de croissance, avec des taux de croissance élevés et un score élevé sur la stabilité. Ces pays, dont la Côte d’Ivoire, Ethiopie, Kenya, Maroc et Rwanda, ne dépendent pas des ressources pour la croissance, sont en train de réformer activement leurs économies, et augmentent la compétitivité. “World economic congress”

Plan d’action :

En plus des avantages et profits intrinsèques de la Blockchain, Il faut exploiter cette technologie et celles autour pour conquérir un marché international immense et booster notre économie, se positionner sur ce secteur du Fintech/Blockchain et attirer les investisseurs dans ce domaine. Le rapport du WEF stipule que le «point de basculement» pour l’usage du gouvernement de la blockchain se produira d’ici à 2023, nous sommes donc au bon moment pour se préparer. Pour réussir une telle mission nous auront besoin d’un plan national, qui peut inclure les points suivants :

  • En premier lieu, Le Maroc doit d’investir en recherche et développement dans le domaine de la Blockchain pour se positionner en tant que générateur de technologie Blockchain comme le fait Israël. Le domaine de la Blockchain est très évolutif, la recherche joue un rôle primordial pour créer de nouveaux services et de nouvelles solutions aux défis techniques. Une expertise marocaine doit être bâtie dans ce domaine comme l’Inde essaie actuellement de le faire.
  • L’adoption d’une législation révolutionnaire et moderne vis-à-vis des Cryptocurrencies. Actuellement, le statut juridique des crypto-monnaies varie selon un pays à l’autre. Au Maroc le statut n’est pas encore défini, alors qu’ailleurs la législation les concernant est en train d’évoluer. A titre d’exemple Les services fiscaux américains considèrent que le bitcoin serait traité comme un bien immatériel opposé au dollar. La France a reconnu en mai 2016 la blockchain comme un outil d’enregistrement permettant l’authentification de transferts de propriété (sans adopter sa nomenclature anglaise blockchain). Le Maroc peut aller loin en faisant valoir devant le tribunal un contrat commercial noué sur la blockchain.
  • L’Encouragement Fiscal en faveur de l’usage des Cryptocurrencies pour les particuliers et les investisseurs.
  • L’adoption d’une solution de paiement “tokenizée” basée sur la Blockchain/Cryptocurrency en “backbone” via un système hybride qui présente une Gateway entre les systèmes financiers traditionnels et une Platform basé Blockchain.
  • L’instauration de services audacieux basés sur la Blockchain par exemple un système national d’identité ou de collecte des impôts ou même un système de vote.
L’étude du WEF prévoit que la première collecte d’impôt en utilisant la blockchain sera en 2025, et 10% du produit intérieur brut (PIB) mondial serait stocké sur un blockchain par ce temps [4]

Le programme des e-résidents lancé en Estonie a atteint presque 10000 E-résident depuis son lancement qui ont créé plus de 500 sociétés. L’estonie vise 10 millions d’e-résidents en 2025 [8].

  • L’organisation d’événements internationaux en Fintech et blockchain pour exposer les potentialités du pays et promouvoir l’expertise local.
  • Mise en place une infrastructure dédiée pour les activités Fintech/Blockchain, en impliquant les opérateurs de télécommunications, les banques, CMI, etc.

Les institutions financières marocaines doivent être pragmatiques et étudier les profits de la Blockchain au lieu de penser qu’il s’agit d’une menace concurrentielle à exterminer.

Mot de fin

Historiquement le Maroc a toujours tardé dans l’adoption des nouvelles technologiques, en arguant de risques de sécurité et d’immaturité, ratant ainsi des occasions économiques en or pour se développer. Actuellement, une nouvelle ère technologique se dessine, Les leaders politiques et économiques doivent êtres intelligents et saisir les occasions présentées.

La blockchain crée des opportunités et des défis pour les pays. D’une part, elle est non réglementée et non supervisée par toute banque centrale, ce qui signifie moins de contrôle sur la politique monétaire (un défi qui peut être résolu techniquement). D’autre part, elle constitue une nouvelle niche à explorer pour en tirer profit pour le pays et le citoyen, en créant la possibilité pour les nouveaux mécanismes de taxation à être construit dans le blockchain lui-même (par exemple, une petite taxe sur les transactions). “

Je ne suis pas un idéaliste mais j’espère que nous vivrons le succès d’une politique marocaine basée sur la Blockchain et les Cryptocurrencies. Osons et ouvrons le débat.

Réferences :

[1] Bitcoin white paper : https://bitcoin.org/bitcoin.pdf

[2] http://www.goldmansachs.com/our-thinking/pages/macroeconomic-insights-folder/what-if-i-told-you/report.pdf

[3] http://finance.yahoo.com/news/ibm-bank-tokyo-mitsubishi-ufj-120000153.html

[4] http://www3.weforum.org/docs/WEF_The_future_of_financial_infrastructure.pdf

[5] https://ripple.com

[6] https://www.e-dinar.poste.tn/fr/

[7] http://atlasblocks.com/

[8] https://e-estonia.com/e-residents/about/

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.