Passage de relais
Les Trente Glorieuses
La fin de la Seconde guerre mondiale marque le début des Trente Glorieuses, époque économique faste de reconstruction et de modernisation de la France. Maurice Delubac, soucieux de l’avenir de la Banque, commence à envisager sa succession. Le nom de Jean Samuel, devenu son gendre, s’impose. Jean Samuel a suivi des études à Lille avant d’entamer une carrière dans le secteur bancaire, travaillant dans différentes succursales de la Banque de France. Son talent et ses compétences n’échappent pas à Maurice Delubac, qui l’invite à rejoindre la Banque Delubac & Cie en 1960. Maurice Delubac transmet ses valeurs, sa vision de la Banque, ses connaissances et ses projets au jeune dauphin. Jean Samuel intègre un établissement bancaire familial en pleine croissance et en mutation. Le mode de gouvernance de la Banque Delubac & Cie se modernise, les services proposés se diversifient. L’établissement est situé en plein cœur d’un bassin industriel riche, composé d’entreprises dynamiques évoluant dans des secteurs aussi variés que ceux de la tannerie, de la bijouterie ou du textile. Une clientèle de plus en plus nombreuse se constitue.
Solide face à la concurrence
Les années 60 et 70 sont synonymes de croissance pour la Banque Delubac & Cie, malgré une concurrence de plus en intense : les réseaux du Crédit Agricole et de la Caisse d’Epargne, pour ne citer qu’eux, se développent à toute vitesse. Qui plus est, ces banques bénéficient de privilèges — comme la distribution de prêts bonifiés — dont est privée la Banque Delubac & Cie. Mais la présence d’une clientèle fidèle et très attachée à l’établissement familial ardéchois permet à la Banque Delubac & Cie d’affronter sereinement ce contexte concurrentiel nouveau. A cette date, la réputation de la Banque est déjà faite : son expertise et sa connaissance des différents métiers de banque, la défense de valeurs humaniste, sa proximité avec la clientèle, son obsession pour la liquidité et une gestion financière raisonnable sont reconnus de tous.
Une société en commandite simple
Certains y verront un simple hasard, d’autres un signe riche de sens : Maurice Delubac s’éteint en 1976, âgé de 83 ans, dix jours seulement après le changement de forme juridique de l’établissement. La Banque Delubac & Cie adopte le statut de société en commandite simple, qui rend possible une gestion plus souple et plus moderne. C’est d’ailleurs à partir de cette date que l’établissement acquiert son nom actuel. Madame Josette Samuel-Delubac, fille de Maurice Delubac, devient l’unique associé-gérant de la société. Son époux, Jean Samuel, conserve le poste de directeur général. Il est remplacé par son fils, Jean-Michel Samuel, en 1980. Les années 1980, pour le secteur bancaire, sont celles de la grande mutation. La libéralisation financière et le développement de la nouvelle mondialisation imposent de nouveaux défis. Contre vents et marées, la Banque Delubac & Cie décide de conserver son indépendance et de rester fidèle à ses valeurs originelles, refusant plusieurs offres d’achat. Une nouvelle étape sera franchie avec l’expansion géographique et fonctionnelle de la Banque Delubac & Cie à partir de la fin des années 1980 et au cours de la décennie 1990.