Papier s’il vous plaît
ou comment faire très simple (pour moi)
C’est un peu la suite logique de ce premier billet, une suite dans ma réflexion pour arriver à combiner logique financière et mes envies qui, malheureusement pour mon banquier, ont rarement été très compatibles.
J’ai procédé simplement: quelles sont mes envies? Et quelle est la réalité financière dans laquelle je vis? En gros est-ce-que je peux me permettre de me concentrer à 100% sur un nouveau projet en quittant un boulot qui me plaît encore (un peu) en ne sachant pas ce que cela peut donner financièrement ou bien oublier ce projet et continuer mon boulot qui m’apporte un confort financier relatif, mais qui d’un point de vue personnel, et très égoïste, ne m’apporte presque plus grand chose, en tout cas dans l’état actuel des choses.
On évitera les proverbes à la con type “l’herbe est plus verte ailleurs” et “on sait toujours ce qu’on quitte mais jamais ce qu’on va trouver”, ça c’est certain qu’en ne faisant rien, il ne risque pas de nous arriver grand chose.
Et je suis tombé sur cet article (en anglais, mais pas très compliqué, si j’ai réussi à comprendre, c’est que c’est simple). Plutôt pas mal vu, même si ça a un côté “développement personnel à la con” mais dans l’ensemble c’est assez encourageant et ça m’a permis effectivement de comprendre une chose: je peux dire qu’a priori je pense être un artiste, ou au moins un membre de la sous-classe, un créatif, comme un artiste mais la “liberté” en moins, ce n’est que mon point de vue.
J’aime dessiner, peindre, écrire, lire, écouter et faire de la musique. Je ne dis pas que je fais tout ça bien mais j’ai au moins le mérite de le faire, surtout qu’a priori je ne force personne à subir mes “créations”. Bon c’est vrai qu’on pourrait me répondre qu’à voir ce que j’écris ou dessine, je ferai mieux de regarder les “Ch’ti à Vesoul” avec une bonne bière fraîche au lieu de me prendre la tête sur des questions à la con. Mais c’est ça le souci, c’est que même comme ça, j’ai quand même envie, et je trouve le temps, malgré les enfants, le boulot, la fatigue, les soucis de santé (oui je cumule), ma chérie.
Alors j’en reviens à cet article, qui en gros dit ça: si malgré ta vie de tous les jours, tu n’es pas encore un “vrai” quelque chose selon certains critères, c’est que tu l’es certainement déjà: si même ton boulot qui te prend du temps, une vie chargée, différents soucis, ne peuvent t’empêcher de faire une chose pour laquelle tu trouves toujours du temps, même si ce n’est pas très régulier, c’est que sans t’en rendre compte tu l’es déjà. Tu es certainement dèjà cet écrivain, ce peintre, cet architecte, ce proctologue que tu pourras dire “être réellement” quand tu ne feras plus que ça.
Alors que ce n’est peut-être pas une finalité en soi, même si l’idée de dire un jour “Je suis peintre” me semble assez classe il faut bien nourrir tout ça. Alors tu tentes de vivre des choses, parce-que devant un bureau ou bien un chevalet, hormis la tempête sous ton crâne on ne peut pas dire qu’il se passe réellement de quoi faire un blockbuster, à la limite un plan séquence dans un film d’Haneke, et encore.
Et j’en reviens donc au sujet principal de ce billet après avoir fait un peu diversion pour vous amener jusqu’ici (bravo à ceux qui ont tenu, même si dans un livre ce que vous avez lu n’aurai pas pris plus de deux pages et ne pourrait être considéré comme un exploit, tout dépend du niveau de “l’auteur” aussi c’est vrai): comment faire pour devenir un peu plus ce “Je suis peintre” sans pour autant se la jouer “crise d’adolescence avec 20 ans de retard”?
Je n’ai certainement pas encore trouvé la solution idéale, mais je discute déjà nouveau projet avec une vieille connaissance, un ami même je pourrai me risquer à écrire (quelqu’un qui t’appelle une fois tous les 6 mois et te parle comme si tu l’avais vu hier, c’est comme un pote un peu) qui sans s’en rendre compte, ou justement si, me pousse petit à petit à avoir envie de me lancer.
Et j’y réfléchis aussi, sans que cela soit forcément incompatible avec cette envie toute conne:
là pour le moment j’aurai du mal à vendre mes tableaux vu l’idée que je me fais de leur valeurs et leurs valeurs réelles, et ne voulant pas “brader” mes “bébés” parce-que j’ai justement ce luxe de ne pas avoir un besoin vital, pour le moment, d’argent, je me suis tout simplement tourné vers une autre manière de m’aider à pouvoir faire un peu plus ce que j’aime: vendre de belles impressions/sérigraphies/litho de mes tableaux.
Je n’ai pas encore bien poussé les recherches, je regarde ce qui se fait, mais l’idée de proposer de belles séries limitées numérotées par mes petits doigts et imprimées avec soin (c’est-à-dire qu’en gros je ferai mon dictateur de service pour avoir le résultat que je veux, étant le mieux placé pour savoir si l’impression est fidèle à ce que j’ai peint) et tout ça a un prix plutôt correct: en gros un prix qui te donnera presque envie de te dire “bah allez, à ce prix là, c’est pas énorme et puis il va pouvoir se payer de nouveaux châssis, de la peinture, peut-être même se louer un petit atelier, et puis moi de mon côté j’aurai un beau truc à mettre sur mon mur sans que je sois obligé de bouffer des pâtes les deux prochains mois”.