Où vivent les catégories sociales ?

Selon le géographe Christophe Guilly, les trois quarts des catégories populaires vivent dans ce qu’il appelle la « France périphérique ». C’est la France des villes petites et moyennes, des espaces ruraux, des communes multipolarisées, des espaces périurbains. Une France qu’il oppose à la France métropolitaine dynamique et « multiculturelle », voire « communautariste ». « Invisible et oubliée », cette France périphérique accueillerait les classes sociales défavorisées, cumulant les difficultés (endettement, coût du transport). Cette thèse a eu beaucoup de succès, dans les cercles médiatiques et politiques. Pourtant, elle ne résiste pas à l’analyse des chiffres.

Les catégories populaires ne vivent pas dans les espaces périurbains, mais bien dans les villes. C’est ce qui ressort des calculs de Violaine Girard, maître de conférence à l’université de Rouen, à partir de données de l’Insee : 54 % des ouvriers et 62 % des employés vivent dans des pôles urbains, contre respectivement 28 % et 25 % dans les couronnes périurbaines (c’est-à-dire l’ensemble des communes de l’aire urbaine à l’exclusion de son pôle urbain).

Pour aller plus loin, ne ratez pas le décryptage dessiné « La France périurbaine a-t-elle été abandonnée ? », que j’ai co-signé avec Xavier Molénat, journaliste à Alternatives Economiques, sur le site AlterEcoPlus.

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