Le biais d’optimisme irréaliste

La plupart d’entre nous avons une vision très peu réaliste de l’avenir : nous nous trompons souvent et parfois pour une raison simple : nous nous croyons tous meilleurs que nous le sommes réellement !
Premier exemple :
Pensez-vous être un meilleur conducteur que la moyenne ? Si vous avez répondu oui, vous faites partie des 90% des personnes ayant répondu également oui à cette question. Comment 90% des gens pourraient être de meilleurs conducteurs que 50% des autres? Ce n’est pas possible, il s’agit d’un biais d’optimisme par négligence de la concurrence.
Second exemple :
Vous venez de vous mariez le week-end dernier et l’on vous demande quelle est pour VOUS la chance (ou la malchance) que vous avez de conclure votre mariage par un divorce ? Comme de nombreux jeunes mariés, vous répondrez à juste titre qu’il n’y a absolument aucune chance que cela vous arrive : vous êtes avez épousé LA bonne personne (pour le meilleur et pour le pire). SAUF que la moitié d’entre vous aurait tort en la réalité : à peu près un couple sur deux (45%) fini par se séparer ; 24% (une chance sur 4 donc) au bout de 5 ans.
Que faut-il en conclure ? A part que “oui, je suis quand même un exellent conducteur même si je ne mets pas mes clignotants à chaque rond-point”
Dans son livre “Système 1 / Système 2 ”, Daniel Kanemann note qu’aux USA 35% des petites entreprises survivent au delà de 5 ans, les entrepreneurs évaluent ces chances à 60% dans le cas général et jusqu’à 81% dans leur propre cas !
Un tiers des entrepreneurs pensent que le risque les concernant est nul (Alors qu’un combo échec/divorce est tout aussi possible! )
Il y a fort à parier que ces écarts soient sensiblement les même en France.
Il ne faut donc pas négliger les taux de base , c’est à dire le pourcentage d’échec d’un projet du même type ni l’existence de la concurrence.
Les questions à se poser :
Attention à l’illusion de contrôle : nous vivons dans un monde multi-factoriel où l’on ne peut ni tout anticiper ni tout contrôler. Le facteur “chance” joue bien plus que l’on ne l’imagine (Voir le très bon article sourcé sur le sujet : http://www.konbini.com/fr/tendances-2/selon-simulation-informatique-reussite-financiere-surtout-due-a-chance/)
Le biais d’excès de confiance mène à se croire meilleur et à croire qu’on en sais plus que la moyenne : ce n’est pas forcément vrai!
Avez-vous identifié tous les dangers ? Vous êtes vous fait aider pour trouver des dangers que vous auriez pu ignorer ?
Avez-vous laissé de la place pour les “inconnues inconnues” (les choses dont vous ne savez pas que vous ne les savez pas) ?
Pour conclure :
Il reste malgré tout évident que ce biais est globalement positif (au niveau macro-économique) puisqu’il permet à de nombreuses personnes d’avoir l’élan pour se lancer et créer de nouvelles choses, concepts, idées, etc… Au niveau micro (vous!), il faut apprendre à dompter ce biais, et tout commence en en ayant connaissance : l’objectif de ce billet !
NB : Je vous aurais bien fait un petit topo sur mon expérience des projets informatiques menés au forfait à l’aune de ce biais cognitif, mais je préfère conserver cet exemple pour un autre biais cognitif que sont les coûts irrécupérables. ;-)
Sources :
https://www.amazon.fr/Syst%C3%A8me-deux-vitesses-pens%C3%A9e/dp/2081211475
