Embrasser l’horrible pour trouver l’équilibre

Source : Steemit

Mon mec m’avait quittée.

Ce n’était vraiment pas le moment.

Ou plutôt si.

Quoi qu’il en soit, je vous raconte.

Je traversais une période assez trouble et il était en quelque sorte ma bouée de sauvetage. Me focaliser sur lui, sur nos échanges, nos ping-pong d’idées m’empêchait de réfléchir. Je m’empêchais de regarder dans le trou noir qui m’aspirait de l’intérieur.

Je n’avais plus goût à rien. Je détestais tout ce que j’avais pu réaliser, estimant que ce n’était pas assez bien, pas assez profond, pas assez utile. Pas assez, tout simplement. Un nouveau projet me faisait briller les yeux, et il m’encourageait dans cette voie. On passait des nuits à en parler, dans une obscurité parfaite.

Puis il m’a quittée. Comme ça. Sans prévenir. Ce C’est fini auquel on ne croit pas sur le moment, mais qui gagne en substance au fil des heures qui passent. Ce C’est fini là.

Je me suis retrouvée dans un état difficilement qualifiable.

Je ne ressentais absolument rien.

Pas de peine. Pas de tristesse. Pas de haine. Rien. Absolument rien.

Je restais des dizaines d’heures couchée dans la même position, à fixer le même point sur le mur ou sur le plafond. La tête totalement vide. Je ne pensais à rien. Juste le C’est fini qui résonnait dans mes oreilles. Et ces phrases qu’on ne termine pas parce qu’elles n’ont pas de chute. “Donc ça signifie que…” “Non, attends, donc en réalité…”

Puis un matin j’ai ouvert les yeux, et cette situation n’existait plus. Le questionnement était fini. Aussi fini que cette relation. Je ne ressentais toujours rien par contre. Au départ ça semblait sympa. Etre quittée et ne pas avoir mal. Mon état d’hébétude face au mur ou au plafond continuait toutefois, mais ne m’alarmait pas vraiment. Ça va passer, je me disais.

Sauf que ça ne passait pas.

Je l’ai dit, c’est un état difficilement qualifiable. Tout va bien, mais tout va mal. Tout allait bien sur le plan professionnel et social. J’assurais au boulot sans me donner trop de mal, j’étais là pour ceux qui avaient besoin de moi (pour une fois!), je voyais des gens, je discutais, je riais, tout allait bien.

Mais d’un autre côté j’étais vide à en pleurer. Sauf que je ne pleurais pas. Je n’avais goût à rien. Je lisais moins. Je ne réfléchissais pas. Des événements de premier plan se passaient dans mon champ d’action et je m’en foutais totalement. Je me fichais de tout. Je regardais des séries et des animés à la chaîne. L’arbre qui cachait la forêt était tombé. La bouée de sauvetage avait explosé d’un coup, piquée par un oursin.

Le vide. Un vide immense, habité d’un silence assourdissant. Celui de mon désespoir. Je le contemplais sans le comprendre. On ne comprend pas ce qu’on ne ressent pas. Tout était remonté à la surface d’un coup, balayant sur le chemin ce projet dont je ne pouvais plus parler à personne. L’interlocuteur semblait faire la passion. La lumière dans mes yeux s’est éteinte et je suis passée en mode pilotage automatique.

Je sais comment gérer la tristesse. La peine. La douleur. Mais rien ? Que faire de rien ? Comment analyser rien ? Comment vivre rien ? Comment se sortir de rien ? Comment accepter, ou même rejeter rien ?

Je m’entendais parler aux gens et je ne décelais aucune différence dans ma voix. J’étais toujours aussi taquine, et aussi teigne avec ceux que j’apprécie. Rien n’avait changé. Ça semblait être moi, sauf que je n’étais pas là. Mon visage semblait remonter à la surface de ce vide noir et gluant à l’intérieur pour que mes yeux puissent voir qui je continuais prétendre être. Je n’étais pas là.

Une seule chose m’a marquée. Ce sentiment d’étroitesse, d’étouffer, d’être enfermée. Je me sentais emmurée. Emprisonnée. Enterrée. Mais je ne savais à qui le dire. Ou même comment le dire. Le blob à l’intérieur de moi m’enserrait lentement, mais de plus en plus fort. Il m’oppressait. Je me sentais dans l’impossibilité de me mouvoir. Un sentiment d’étroitesse que les sorties et même les voyages ne résolvaient pas. Parce qu’il ne s’agissait pas de murs.

Ce matin-là j’ai pris une douche brûlante. Je suis restée sous l’eau pendant longtemps, à ne rien faire d’autre que la laisser cuire ma peau. “Peut-être que je ressentirai alors quelque chose. Peut-être que si l’eau est plus chaude j’aurai mal. Peut-être que si le jet est plus fort…” Mais rien. Je ne ressentais toujours rien. A l’intérieur comme à l’extérieur. Rien.

Mes yeux se sont alors mis à chercher. Je ne savais pas quoi, mais ils regardaient à gauche, à droite, en haut, en bas. J’entendais retentir dans ma tête “Mais il n’y a vraiment rien ici ?” Je tournais dans tout les sens sous le jet d’eau brûlant. Dans cet hôtel isolé du monde, il ne semblait avoir rien d’autre dans la salle de bains que des flacons de gel douche ou de shampoing et des serviettes aussi blanches que du coton. Absolument rien d’autre.

“Il doit absolument avoir autre chose. Peut-être que si je trouve ça ira mieux. Peut-être que si je me blesse, si je me coupe je ressentirai enfin quelque chose. Peut-être que si je me fais mal, si j’extériorise ce vide qui me consume par une atroce douleur, j’irai mieux. Je dois trouver quelque chose de tranchant. Peut-être que…”

Pause.

Quoi ?

Trouver quoi ?

Mais de quoi tu parles ?

Si je me blesse, si j’ai mal, ça ira mieux.

De QUOI tu parles ?

Il doit avoir quelque chose. Forcément. Un truc. Je dois me faire mal.

STOOOOOOOP !

Ce stop a retentit dans ma tête comme un coup de massue. J’étais aussi rouge qu’une écrevisse sous cette eau extrêmement chaude, et Anne et Marie semblaient se chamailler dans ma tête. Il fallait se couper pour aller mieux. A ce moment là j’ai eu la certitude que je vivais une profonde dépression depuis des mois, mais l’arbre qui cachait la forêt m’avait empêchée de la voir, de la déceler, de chercher à la comprendre. Je l’avais tellement enfouie que je n’arrivais plus à la retrouver. J’étais perdue en moi-même.

Je suis sortie de la douche, je me suis habillée, j’ai mis des talons hauts et j’ai fait bonne figure durant toute la conférence. Je me regardais faire, ne décelant aucune hésitation, aucune faille dans mes gestes. J’étais moi sans être là.

La première fois que j’ai entendu parler de l’auto-mutilation c’était dans Dr House il y a plus d’une dizaine d’années. Une jeune dame qui semblait tout avoir. Carrière, vie de famille, argent, parents aimants… Mais elle se tailladait les cuisses, où personne ne pouvait voir. Je me suis demandée en regardant cette épisode si des gens arrivaient vraiment à ces extrêmes. Si des gens se mutilaient vraiment. A quoi pensaient-ils ? Étaient-ils fous ?

Sauf que je n’étais pas folle sous cette douche. j’avais une réelle envie, un réel besoin de me faire mal pour avoir la certitude que d’une manière ou d’une autre j’étais encore présente. Que quelque part, dans le corps de cette personne qui restait couchée des heures à fixer le même point, j’étais encore là. Que dans ces mots qui ne faisaient sens que pour mes interlocuteurs, il y avait encore un peu de moi. Que j’étais là. Que je n’avais qu’un seul besoin, sortir. Sortir par tout moyen possible. Juste un trou. Juste une ouverture pour m’échapper, aussi fine soit-elle. Une coupure de lame de rasoir pour me retrouver à l’extérieur, loin de cette obscurité aussi silencieuse que lourde et visqueuse.

Juste une ouverture.

J’avais décidé de ne pas raconter cette histoire. J’avais décidé que ce poids serait le mien. La vérité est que je n’ai jamais su mettre cet épisode en mots. Je n’ai jamais réussi à dire à qui que ce soit ce qui n’allait pas. Jusqu’à ce jour, je n’ai pas de certitude. Je me dis que ça peut être ci ou ça, mais je ne sais exactement ce qui a causé cet état.

J’avais décidé de ne rien dire jusqu’à ce qu’un petit ange se glisse dans mon inbox, sur Twitter cette fois, et me raconte ma propre histoire en ses mots à lui. Il m’a contactée pour me proposer un sujet sur lequel écrire et a fait resurgir cette histoire que je garde en moi depuis bien longtemps. Je voulais au départ ne partager que des bribes de notre conversation, mais je la partagerai quasi totalement pour que chacun puisse comprendre clairement. Par contre vous ne saurez pas qui il est. Je respecterai l’anonymat qu’il m’a demandé de préserver.

Je ne partage pas ce texte pour que vous y alliez de vos avis et de vos diagnostics. Je l’ai clairement montré plus haut, tout ne peut être expliqué. Et rien ne fait plus mal que des personnes qui prétendent analyser et comprendre une situation hautement douloureuse sous le prisme de leur expérience de vie à elles, qui n’a rien à voir avec la nôtre et qui n’est donc pas comparable.

Je l’appellerai Him. Et moi Her. Deux personnes qui ne se connaissaient pas, mais qui ont su se parler parce que partageant une bribe de la même histoire.


Him

Bonsoir. Je me dis que tu as déjà certainement reçu des suggestions pour ton prochain texte. Même si le sujet semble déprimant et que je ne sais pas si tu as déjà écrit dessus par le passé, est ce que tu pourrais écrire sur la dépression/les pulsions suicidaires/l’automutilation?

Il ne s’agit pas de faire peur aux gens, mais de leur faire avoir un autre regard dessus. Les personnes qui traversent ces maux sont encore mal vues dans les sociétés africaines. Et je parle en connaissance de cause

Her

Bonsoir Him. C’est étrange que tu en parles. Ce sujet me trotte dans la tête depuis quelque temps. Tu dis que tu en parles en connaissance de cause. Est-il possible de m’en dire un peu plus ?

Him

Il est possible de t’en dire plus, seulement il faudrait que tu poses des questions précises pour que je ne parle pas de manière touffue. Si justement jusqu’aujourd’hui je n’ai pas encore moi-même écrit dessus, c’est parce qu’il m’est un peu difficile de tout organiser dans ma tête.

Her

Alors n’organise pas. Parle juste. Parle moi de mutilations. Je suis toute ouie.

Him

Juste j’aimerais préciser une chose très importante pour moi et j’aimerais que tu ne le prennes pas mal. Je ne suis pas en train de me confier. En tout cas je considère que le fait que je m’ouvre là dessus contribuera à faire savoir à ceux qui souffrent en silence ou qui sont jugés pour ce qu’ils sont ou font, qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils méritent qu’on les écoute.

Donc pour commencer de manière simple… Au sujet de l’automutilation, j’ai une trentaine de cicatrices sur le bras gauche, toutes faites au cutter. Les points de suture je crois qu’on m’en a fait plus d’une centaine. Bien sûr je ne compte pas les fois où je me suis volontairement brûlé avec un fer à repasser, ou les jours où je me suis volontairement privé de nourriture pendant plus de 7 jours, ou les fois où je me suis brûlé les paumes de main avec un mégot de cigarette, ou les fois où je me suis frappé volontairement les avant-bras contre les coins de murs.

Si à un moment tu trouves que mon vocabulaire est trop trash, fais le moi savoir pour que je m’adapte.

Her

Oh non, pas du tout. Parle comme tu le sens.

Him

Well then. Je ne saurais dire ce qui se passe dans la tête des autres personnes qui souffrent de ce trouble, mais je sais que chaque fois que j’en suis arrivé à me faire du “mal” c’est parce que je ressentais le besoin irrépressible de transposer physiquement mes émotions.

Des fois je me suis coupé parce que j’avais l’impression d’être à l’étroit dans mon propre corps, comme si ma peau était une espèce de vêtement en taille triple XS. Ou bien parce que certaines questions rebondissent tellement dans mon cerveau que le seul moyen de relâcher la pression c’est de créer des “soupapes” sur ma peau.

Ça parait absurde d’un point de vue commun, mais la réalité c’est que chaque fois que je l’ai fait, je me suis senti beaucoup mieux.

J’ai justement écrit “mal” parce que quand on est dans cet état, ce qui compte c’est le bien-être immédiat. Des fois je l’ai aussi fait dans le seul but de me punir, parce qu’une chose dont la plupart des gens n’ont pas conscience, c’est que quand on est suicidaire, dépressif ou qu’on a des tendances à l’automutilation, on a nous mêmes une très mauvaise opinion de notre personne.

Les gens ne le savent pas, alors ils jugent. On voit toujours d’un mauvais œil les choses qu’on ne comprend pas.

Her

J’ai une question. Je peux ?

Him

Yep !

Her

Pourquoi as tu souhaité dès le départ préciser que ceci n’a rien à voir avec le fait de se confier ?

Him

Parce que les gens ont beaucoup d’a priori sur le sujet, et qu’ils pensent que si on en parle, c’est parce qu’on veut faire pitié ou attirer l’attention.

Her

Je comprends mieux. Merci d’avoir pris le temps de m’expliquer la situation. Comme je l’ai dit, ce sujet me trotte dans la tête depuis un moment. Je ne suis peut-être pas passée à l’action, mais je comprends ce dont tu parles parce que j’ai pensé le faire à un moment. Le triple XS dont tu parles m’est de plus en plus familier. Je n’avais pas trouvé les mots pour l’exprimer. Triple XS est le ressenti exact.

Him

J’espère que ça ne te sera pas trop longtemps familier lol ! Comme je disais, moi j’ai eu le forfait complet. Bon sans la politique d’utilisation donc il fallu que je me débrouille un peu tout seul avec ça. De manière générale, quand on souffre de ces troubles, on ment de manière compulsive et systématique. Sur notre humeur, notre état de fatigue, notre forme physique qui décline.

Her

Je me reconnais dans ces mots. En parles-tu souvent ?

Him

A certaines personnes à une époque oui. Mais je ne pense pas me tromper si je dis que 98% d’entre elles m’ont jugé et ont pris leurs distances. Le truc c’est que puisqu’on ment aussi bien, et qu’on est parfois manipulateurs, les gens préfèrent se concentrer sur d’autres détails de notre personnalité. Le fait que nous soyons serviables et prompts à venir en aide aux autres, pour ma part à de parfaits inconnus des fois ou de manière totalement démesurée sans me poser la moindre question. Le fait que nous ayons un sens de l’humour ultra développé, et une certaine habileté pour manier le sarcasme à la perfection. Le fait que paradoxalement nous soyons à certains moments capables, pour oublier ce qu’on vit intérieurement, d’en faire abstraction et de se donner corps et âme au travail.

Her

J’ai souri.

Him

Why?

Her

Parce que c’est la première fois que quelqu’un me décrit aussi bien.

Je ne m’étais pas rendu compte que tout ceci était lié. La façon dont je suis en société et “la part qui ne peut être encodée par des mots susceptibles d’être compris”.

Him

Bien souvent on m’a demandé “pourquoi tu te fais du mal?” Je n’ai pas été capable de répondre de manière claire à la question, parce qu’il n’y a JAMAIS une seule cause.

Il y a bien sûr la goutte d’eau qui fait déborder le vase, mais très peu se posent la question de savoir quel est la contenance du vase, et depuis combien de temps le robinet au dessus goutte.

Her

Je peux poser des questions ?

Him

Bien sûr !

Her

Que pense ta famille de tout ceci ?

Him

Il ont été les premiers à me juger, même s’ils se sont ravisés juste avant la 6e tentative de suicide.

Je ne sais pas forcément ce que les autres pensent de leur dépression, mais moi j’ai eu le sentiment après ma première tentative de suicide que j’avais ouvert une porte que je ne refermerai peut-être jamais.

Her

Comment ca ?

Him

Bah en Afrique une personne qui se suicide est par définition un lâche.

Her

Pourtant tu sembles pouvoir en parler avec aisance.

Him

Quand on parle de ses pulsions suicidaires à sa famille, la première chose qu’on nous met en face c’est la souffrance et la douleur que notre absence occasionnera. Je vis tout ça depuis 3 ans et demi. J’ai rencontré un psy, pendant plus d’un an, et à part la psy tu es la première personne qui trouve que j’en parle avec aisance. Et surtout j’ai pris conscience du fait que je dois m’adapter à la partie instable de ma personnalité.

(…)

Les gens ont toujours les mêmes répliques. “ Ça va aller !” “ Tu es plus fort que ça !” “ Ne te laisse pas abattre !” “ Il faut relativiser !” Sauf que comme je l’ai dit plus haut, un dépressif a par définition une très mauvaise opinion de lui. Donc toutes ces formules qui sont sensées le motiver peuvent et ont souvent l’effet contraire.

Her

Je vis ça à l’instant dans une autre conversation. C’est une des raisons pour lesquelles je ne me confie pas. Cette incompréhension est hautement frustrante et fait nettement plus de mal.

Him

Yup !

Her

“Tu dois aller mieux”.”Aller mieux est une décision”.

Him

Les gens n’ont pas idée du nombre de questions existentielles qui peuvent rebondir dans la tête d’un dépressif s’il prend une pause de 3 minutes.

L’autre raison pour laquelle on se tait souvent c’est le sentiment d’importuner avec ses problèmes. “Le problème est dans ta tête !” Bah oui je sais qu’il est dans ma tête ! J’en ai même tellement conscience que je veux m’ouvrir le crâne avec une perceuse pour l’en sortir ! Les gens pensent que tout ça marche avec un bouton switch on/switch off ! Du coup on s’enracine davantage dans la misanthropie.


La discussion ne s’est pas arrêtée là en réalité. Elle s’est poursuivie sur l’état créatif dans lequel on se sent quand on est mal, et la peur de nourrir cet état pour produire des œuvres de qualité. J’ai connu ça. Lui aussi. Et nous en avons parlé.

Cet échange a été le premier pas vers la sortie de mon état. Je l’ai traîné avec moi durant des mois. Je n’avais personne autour de moi que je savais avoir traversé une expérience similaire ou pire, et qui était prête à me parler.

Je l’ai dit lors de la discussion, je ne me confie pas. Les prismes ne sont pas les mêmes. J’ai une histoire ponctuée de faits conscients et inconscients. Me dire que tout ira bien sous le prisme de ce qu’on pense savoir par rapport à son histoire annule la mienne, la réduit au rang de détail sans importance.

“Tu es plus forte que ça.” “Arrête tout ça et reviens nous vite.” “L’essentiel est que tu fasses tout pour aller mieux.”

Le plus bête dans l’histoire est que je me retrouve parfois à dire ces mots. Pas pour me débarrasser de la personne en face, mais parce que je les pense vraiment. Je sais la personne forte. Et je le lui rappelle. Sauf que ce que je vois moi de l’extérieur n’est pas ce qu’elle vit à l’intérieur. Et mes mots invalident sont ressenti et la frustrent.

J’en suis désolée.

A chacun d’entre vous je demande pardon.

Ecouter ne signifie pas conseiller. Assister ne nécessite pas de parler. Etre là n’a rien à voir avec le fait d’analyser. Il suffit d’être présent. Comme Ragnar et Björn, assis en retrait, à droite et à gauche de Lagertha, regardant droit devant eux alors qu’elle pleurait l’enfant perdu entre les deux hommes de sa vie, son mari et son fils, rassurée par leur simple présence. Ils ne la regardaient pas. Ils ne la touchaient pas. Ils ne lui parlaient pas. Ils étaient là. Et c’est tout ce dont elle avait besoin.

Him a été mon Bjorn. J’espère avoir été la Lagertha assise à la place de Ragnar.

Et pour ceux qui ne comprennent pas l’allusion, regardez Vikings.

Hello, mon nom est Befoune et j’ai voulu me taillader. Applaudissez pour cette histoire si vous l’avez aimée. Applaudissez quand même si ce n’est pas le cas. J’ai besoin d’encouragements. Vraiment.