Lorsque tout abandonner n’est pas un échec

Source : Befoune

Je ne crois pas au hasard. Je n’y ai jamais cru. Je me suis posé beaucoup de questions ces derniers temps sur le fait d’abandonner un projet ou de dire non à une une offre très intéressante qui nous est faite. La réponse m’est venue sous la forme de la femme la plus inspirante que j’ai rencontrée depuis fort longtemps.

Son nom est Fungai.

La première fois que je l’ai vue, elle a retenu mon attention parce qu’elle était plongée dans un livre. Tout simplement. Le bruit autour d’elle dans cet aéroport ne l’affectait nullement. Elle était perdue dans son monde, ou plutôt celui de l’auteur qu’elle lisait. Je ne savais pas que comme moi, elle était invitée à la rencontre annuelle du réseau Africa Blogging. Je savais encore moins que nous allions en devenir membre seulement quelques heures après.

Cette jeune femme est un blogueuse de renom dans son pays, le Zimbabwe. Lorsque j’ai visité ce que je croyais être un simple blog, j’ai été très étonnée. Elle ne se contentait pas de bloguer, elle avait fait de son blog un espace communautaire d’expression qui met en lumière les réalités auxquelles font face les femmes de son pays. Le projet s’est développé, et est devenu ensuite une organisation. Le succès ne s’est pas fait attendre.

Je devais apprendre d’elle, de son expérience.

Je me suis empressée d’aller à sa rencontre le lendemain matin pour lui dire tout le bien que je pensais de son travail. Mon cœur a manqué un battement lorsqu’elle m’a annoncé calmement qu’elle avait tout laissé tomber. Elle n’était plus à la tête de l’organisation et ne faisait plus du tout partie du collectif qu’elle avait créé. Elle avait tout abandonné, et sa raison était des plus simples : elle n’était plus heureuse.

Fungai est à l’origine une blogueuse, une femme dont les doigts n’existent que pour écrire et dont les textes sont révélateurs, intéressants et éducatifs. Elle produisait du contenu quasi quotidiennement, et adorait ça. Une fois à la tête de son organisation, ses priorités ont changé contre son gré. Il fallait satisfaire les bailleurs de fonds et respecter des délais. Elle écrivait de moins en moins, et ne se sentait plus la liberté de partager le fond de sa pensée : tout avis tranché et/ou mal interprété pouvait négativement affecter le collectif, et donc l’organisation dont elle était à la tête.

Sa santé a commencé à en pâtir. Le stress des délais était parfois insupportable.

La blogueuse heureuse s’était transformée en dirigeante inquiète.

Le succès était au rendez-vous, mais ne contribuait pas à son bien-être. Il fallait choisir, et elle a choisi son bonheur aux applaudissements. Elle a claqué la porte de l’organisation qui lui a demandé des années de travail, que ce soit pour sa conceptualisation, sa création, son animation ou sa direction.

Fungai est retournée à ses premières amours, à sa première plateforme, Fungai Neni. Elle est retournée au blogging, à la création de contenu juste pour le plaisir de le faire.

Elle a choisi d’être heureuse.

J’ai été presque jalouse de sa force, presque envieuse de sa détermination, car il en faut pour repartir de zéro. Il en faut pour retourner des années en arrière et redevenir la personne qu’on était avant le succès, Il en faut pour dissocier son nom et/ou son identité d’une entreprise aussi grandiose. Il faut du courage et beaucoup d’humilité.

Aujourd’hui elle est épanouie, elle retrouve ses marques et a le sourire aux lèvres. Elle ne se musèle plus, car elle a brisé ses chaînes. Ses épaules son légères : sa passion n’est plus une contrainte, elle a retrouvé sa place dans son cœur.

J’aime son histoire.

C’est peut être calculateur, mais j’aime être entourée de gens inspirants, de gens qui me prouvent au quotidien qu’un chemin se trace par soi-même. Fungai ne s’est pas laissé définir par les nues auxquelles elle a été portée. Son désir est clair, tout ce qu’elle veut c’est être heureuse.

Venez discuter avec moi en privé, contactez-moi surAsk.fm où je suis prête à répondre à toutes les questions qui me seront posées.

Hello, mon nom est Befoune, et je parle de tout ce qui a trait à la participation citoyenne dans mon pays le Cameroun (et ailleurs) sur la plateforme Elle Citoyenne. Mon ami Tchassa Kamga et moi avons créé la publication Self-Ish pour partager notre expérience dans les domaines du développement personnel, de la création de contenu et des relations entre les humains qui peuplent cette terre. N’oubliez pas de cliquer sur le petit coeur si vous avez aimé ce texte.