Nouveau départ : je plaque tout !

Source : Financial Thing

Aujourd’hui j’ai acheté un livre.

Ça n’a rien de bien surprenant. J’en achète tout le temps, autant que possible. Je me ruine littéralement dans une librairie en particulier. Sauf que le livre que j’ai acheté aujourd’hui est spécial.

Je ne l’aime pas.

Je vous explique.

Je lis essentiellement deux types de livres. Des livres qui me permettent d’en apprendre davantage sur les domaines de la politique, la géopolitique, l’engagement citoyen, l’économie ou, dans un sens plus large, tout ce qui a trait aux questions sociales/étatiques. Outre ce type de livres, je lis des auteurs qui fouillent et révèlent le côté noir de l’humain (Jean Christophe Grangé ou R. J. Ellory), des auteurs qui questionnent les dogmes ou vérités généralement acceptées et qui semblent intouchables (Jose Rodrigues dos Santos) ou encore des auteurs qui racontent l’Histoire de manière unique (j’ai récemment découvert Ken Follett).

Le premier type de livres me permet de consolider mon savoir dans les différents domaines qui m’intéressent, et le second me permet de passer des moments de détente. Certains disent que les assassinats brutaux en série ne détendent pas. Je pense (fièrement) le contraire !

Donc j’ai acheté un livre aujourd’hui. Un livre écrit par une vietanamienne qui parle mariage et vie de famille dans une partie du monde qui ne me traverse que rarement l’esprit. Le titre est Terre des oublis. De quoi me déprimer à tout jamais !

Ça peut sembler idiot de dépenser de l’argent pour un livre qu’on n’aime pas. La vérité est que j’ai choisi le livre sur lequel mon choix ne se serait en aucun cas porté. Mais cet achat s’inscrit dans une réflexion précise.

Une envie pressante, urgente de changement.

J’ai écouté Justin Timberlake ce matin dans le dernier épisode d’Oprah Masterclass. Je dois avouer que je n’étais pas très emballée quand j’ai sélectionné cet épisode. Un chanteur que je n’écoute plus depuis bien longtemps. Qu’y avait-il à apprendre de lui ? Sauf que quelque jours avant j’avais écouté l’episode avec Dwayne “The Rock" Johnson et j’avais été épatée par ce que j’en ai ressorti. Idem pour celui avec Alicia Keys.

Mais ne digressons pas.

J’ai écouté Justin Timberlake, et il a partagé quelque chose qui m’a poussée à franchir le pas que depuis des mois j’hésite à faire. En fait je n’hésite pas, j’ai peur. Mais ça c’est une toute autre histoire. Il a parlé de la transition entre Justin de N’Sync et Justin Timberlake que nous connaissons tous aujourd’hui.

Nous avons sous nos cieux peut-être mieux connu Backstreet Boys et Worlds Apart (je vois les yeux des filles/femmes briller à ce niveau !!), mais N’Sync était LE boys band de l’époque aux Etats-Unis et en Europe. Et Justin Timberlake a quitté le groupe alors qu’il était à son apogée.

Pour ceux qui connaissent un peu, le tube Gone à été le dernier succès avec le groupe. Sauf que cette chanson a été écrite par Justin pour Michael Jackson. Lorsqu’elle a été refusée par son équipe (Michael Jackson l’a regretté ensuite), il a pensé à la chanter tout seul. Au final elle a finalement été chantée par N’Sync vu qu’il était membre du groupe. Pour ceux qui connaissent le clip, on voit clairement la démarcation. C’etait du Justin featuring N’Sync.

Il n’était plus présent.

Dans l’épisode du podcast, Justin Timberlake dit que les options étaient claires : il fallait soit rester avec N’Sync et maintenir le groupe au top, ce qui était faisable, ou alors il fallait suivre sa volonté et prendre le risque de partir, faire quelque chose de plus grand, bien que ça ne semblait pas possible vu le succès du groupe. Le risque était énorme. C’était quitte ou double. Il a misé sur lui, ses capacités, son talent, son aptitude à créer, et il est parti.

Il s’est fait assez confiance pour partir.

C’est cette confiance que je n’avais pas jusqu’ici. Tout plaquer quand nos actions ne touchent personne et n’ont pas une dimension plus grande que sa petite personne est plutôt simple à faire. Combien de fois ai-je plaqué mes boulots ? Mais quand on a créé quelque chose de relativement grand, plus grand que soi en tout cas, il est difficile de partir. Les questions/inquiétudes sont nombreuses.

Et si c’était ça l’oeuvre de ma vie ? Et si je ne pouvais rien faire de plus grand ? Et si mon identité, mon être ne se résumait qu’à ma “création” ? Qu’est-ce que je deviendrai sans elle ? Et si je décevais les gens, ceux pour qui ce que je fais a de l’importance ? Et si je n’étais pas assez outillée pour faire mieux ?

Je ne me faisais pas assez confiance.

J’ai essayé de tenir, vraiment. A cause de toutes ces questions que je me posais, j’ai essayé de persévérer, de rendre la chose plus belle, plus utile, plus grande. Mais le coeur n’y était plus. J’ai grandi. J’ai mûri. J’ai évolué. Ma vision de la vie a changé. Mes attentes par rapport à mes initiatives ont changé. Mes attentes par rapport à moi même ont changé. Ma réflexion n’est plus la même.

Soit je continue et je me tue à petit feu, soit je pars et je fais quelque chose qui correspond mieux à la personne que je suis devenue, quelque chose de plus grand, quelque chose de plus utile, quelque chose qui me brûle de l’intérieur depuis des mois, un feu que j’ai longtemps prétendu ne pas ressentir.

Je pars.

C’est dit.

Et je l’ai dit plus d’une fois, mes mots ne mentent pas. Une fois qu’ils sont écrit je ne peux plus prétendre le contraire de ce qu’ils révèlent, je ne peux plus faire semblant, je ne peux les retirer.

Je mise sur moi, mon talent, ma capacité à créer quelque chose de plus utile, de plus grand et de plus poussé que toutes mes actions jusqu’ici. Je mise absolument tout sur moi. Absolument tout.

Changer.

Ca passe par de grandes choses, mais aussi par de très petites. Comme l’achat d’un livre qu’on n’aime pas, mais qui nous fera découvrir un monde dont on a pas conscience, un monde qui enrichira certainement notre perception du champ des possibles. Ou éteindre l’ordinateur malgré l’envie de continuer les recherches et se forcer à dormir parce qu’on ne peut pas se permettre de s’épuiser aujourd’hui : le chemin est encore très long. Ou mieux, se forcer à manger pour ne pas être faible en fin de journée : il y a encore tellement de choses à faire !

Ce texte a pris une tournure inattendue. Je ne comptais pas parler d’autre chose que de livres. Apparemment mes doigts et mon clavier avait un tout autre programme.

La décision finale n’a été prise qu’il y a quelques jours, quand je me suis surprise à dire non à une proposition qui aurait pu mener loin le travail auquel je me suis consacrée ces trois dernières années. C’était ce qu’on appelle en français une aubaine. A once in a life time opportunity. Mais mon coeur n’a pas battu la chamade. Mes yeux n’ont pas brillé d’excitation. Mon cerveau ne s’est pas mis en marche. Et ma bouche a sorti ce mot sans demander mon avis. Non.

Trois lettres qui m’ont amenée à confirmer que la passion est morte. J’avais trop évolué sur le plan personnel, j’étais allée trop loin pour me permettre d’être tirée en arrière par quelque chose que j’ai moi même créé.

Non.

Aujourd’hui, forte de ce Non, je fais un tour à 180°. Je regarde dans une autre direction. Ce n’est pas une fin, c’est une continuité.

Je me renouvelle. Je me bonifie. Et je me remets à la création.

Je pars de zéro. Je l’ai fait plus d’une fois. Je le ferai cette fois encore.

Hello mon nom est Befoune et je pars de zéro. Applaudissez pour cette histoire si vous l’avez aimée. Applaudissez quand même si ce n’est pas le cas. J’ai besoin d’encouragements. Vraiment.