Je rêve d’un monde rempli d’amour. Et comme pour tout, ça commence par moi !

Mon chemin pour apprendre à m’aimer.

En 2018, c’était mon thème. L’amour.

Franchement, ça m’a fait un peu flipper de démarrer l’année autour de ce mot.

En France, il est un peu tabou.

Pour moi en tous cas, il l’était.

Je n’avais pas réfléchi à ce qu’était l’amour dans ma vie.

Je n’osais pas vraiment parler d’amour.

J’avais tendance à limiter l’usage de ce mot aux relations amoureuses.

Aussi quand j’ai choisi d’explorer ce que signifiait mettre de l’amour dans ma vie, j’ai commencé par rechercher sur Wikipédia une petite définition. Revenons à la base. Bien comprendre ce dont on parle.

Première surprise : les Grecs distinguaient eux en fait 4 formes d’amour. Ce sont des sentiments différents que l’on a outrageusement regroupés dans notre seul petit mot amour dans la langue française :

  • L’amour filial, storge,
  • L’amour-amitié, la philia,
  • L’amour du prochain, l’altruisme, l’agape,
  • L’amour des amoureux, l’eros.

Là, petit soulagement je dois bien avouer ! Mon année ne va pas du tout être dédiée à la quête de l’âme soeur. Ainsi, le champ d’exploration est devenu d’autant plus intrigant et passionnant et je me suis jetée à bras le corps dans cette étude approfondie de la thématique ! Bien choisie !

Je me suis donc tournée un peu vers nos amis anglophones.

En anglais, on met du love à toutes les sauces.

D’ailleurs, j’ai commencé à parler de love love love bien avant oser parler d’amour, en français.

Ca me semblait plus facile d’envoyer du love que d’envoyer de l’amour à mes amis par exemple. De lâcher un “love you” que un “je t’aime”.

L’amour au centre de la relation, avec les autres, avec soi-même et avec notre environnement.

Aujourd’hui, je rêve d’un monde où l’amour serait au centre des relations. Avec les autres. Avec nous-mêmes. Et avec notre joli monde.

Un monde où nos journées seraient remplies de moments d’amour. Où chacun de nous serait rempli lui-même d’amour. Comme si nous avions tous des batteries que l’on pourrait charger d’amour, et peut-être même s’entraider mutuellement en se donnant de l’amour :

  • Un hug de 20 secondes : youpi + 10%
  • Un repas concocté avec amour et dégusté avec des amis : + 30%
  • Un coucher de soleil observé à la terrasse d’un rooftop : +20%
  • Une balade en forêt : +10%
  • Un sourire échangé dans la rue avec un inconnu : + 5% et un fou rire + 50% !

Les occasions de ressentir de l’amour sont multiples. Il s’agit toutefois de les capturer. Les enregistrer. Les cumuler. Les absorber. Les digérer. Les accueillir, tout simplement. Ouvrir les yeux et s’ouvrir aux autres et à notre environnement.

Recevoir l’amour est tout aussi important qu’en donner.

Je l’ai compris il y a peu.

Et s’aimer soi est aussi tout aussi essentiel qu’aimer son prochain. C’est Jésus qui le disait paraît-il :

“Aime ton prochain au moins autant que toi-même”.

“Au moins autant que toi même.”

Il s’agirait donc de commencer par là. Savoir ce que c’est que s’aimer soi pour pouvoir aimer autrui correctement.

J’aimerais que l’amour de soi soit donc un acquis stable, solide et impondérable dont tout un chacun dispose pour démarrer sa vie.

Toutefois, ça, c’est un idéal. Les faits sont bien différents.

J’ai constaté en effet que le stock de nos batteries varie grandement selon notre contexte de vie : familial, amical, sociétal et amoureux. J’ai observé que certaines enfances bercées d’amour créaient des individus stables et solides avec des batteries chargées à bloc et endurantes.

J’ai remarqué que mes amis qui avaient grandi dans un cocon d’amour partaient avec une confiance dans la vie, et dans leurs capacités aussi, un peu supérieure à la mienne.

Que contrairement à moi, ils ne cherchaient pas l’amour dans le regard des autres, ils n’étaient pas “needy”, “en demande” dirait-on, en français. Jusqu’à aujourd’hui, j’avais besoin des autres pour m’aimer moi-même un peu. Je me souviens précisément d’un hug incroyable donné par une femme brésilienne un peu forte, qui m’avait bercée de tout son amour en me collant contre sa poitrine. Que ça m’avait fait du bien ! Ensuite, impossible de rentrer à Paris et retrouver mes amis en leur faisant une bise, distante et froide. La chaleur des corps brésiliens et la vie enveloppée de cet amour inconditionnel de ce peuple latin m’avaient transformée pour toujours.

Je ne savais toutefois toujours pas ce qu’était le fameux “self-love” à l’américaine. J’avais compris intellectuellement que c’était important de s’aimer soi avant toute chose mais j’étais démunie et ne savais absolument pas comment faire concrètement.

Et en fait, ça m’a mis au moins l’année pour le comprendre. Et je suis sûre que je peux encore progresser. Toutefois, je sens en moi une vraie différence. Je me sens moins vide de l’intérieur, moins dans le besoin de l’amour des autres pour exister.

Au début, très franchement, j’étais plus que perplexe. Mais qu’est ce que ça veut bien dire “s’aimer soi-même” ? Quelle chose étrange ! Cela semble paraître évident pour certaines personnes mais pour moi c’était une curiosité absolue. “M’aimer moi-même mais pour quoi faire ? Et pourquoi mériterais-je de m’aimer d’ailleurs ?” Mon cerveau tournait en pilote automatique : “En vrai, je me connais bien, et de l’intérieur en plus, et je ne suis pas sûre de valoir cet amour. J’ai des mauvaises pensées parfois. Je ne suis pas assez ci. Je suis un peu trop cela… Je ferais mieux d’agir comme ci et pas comme ça…” Je pouvais m’écouter tourner en boucle me saboter moi-même et trouver tout plein de raisons de ne pas mériter d’amour.

Convaincue du processus toutefois après avoir lu notamment Thich Nhat Hanh à ce sujet, j’ai d’abord testé la méthode “passage en force”, ma spécialité.

J’ai donc passé les 3 premiers mois de l’année à me répéter à moi-même dans mon mantra du matin :

“Je m’accepte comme je suis, je me respecte en tant que personne et je m’apprécie comme tel. Je m’aime.”

Cela sonnait faux toutefois, soyons honnêtes. J’étais toujours vide à l’intérieur. Incapable de passer outre mon intention et surtout incapable de comprendre comment franchir l’énorme montagne qui se dressait devant moi. Je devais déconstruire tous mes schémas de pensée pour en reconstruire de nouveaux. Comme pour tout chemin de la vie et col à franchir, j’ai commencé par faire un premier petit pas.

J’ai ainsi débuté en essayant d’arrêter l’auto-flagellation au maximum : ne pas me critiquer pour rien. C’était un premier moyen concret et a minima, quand je le faisais, être consciente de cette tendance fâcheuse à l’auto-critique. Ainsi, j’ai commencé à m’auto-féliciter plutôt à la place. Et pour tout plein de petites victoires du quotidien : “youpi j’ai fait le bon code de carte bancaire, Béné, you rock !”, “wahou, c’est délicieux le plat que j’ai cuisiné ce soir ! du kif en bouche !”, “bravo, j’ai réussi à payer mes impôts dans les temps cette année !”… Pas de petite victoire, toute occasion est bonne pour m’encourager !

Puis, j’ai observé tout ce qui me procurait de l’amour et j’ai commencé à noter chaque soir mes 3 moments de love de la journée. Et je me suis nourrie de ces moments. Aujourd’hui par exemple, je partais un peu stressée vers le travail. Et puis, dans le métro, un homme a commencé à chanter “Imagine” de John Lennon. C’était beau. Je voulais répondre à mes messages whatsapp de la veille, forcée à plonger mon nez sur l’écran comme mes compagnons de route. Et puis en fait, j’ai arrêté de pianoter frénétiquement sur mon portable pour parler à des gens pas là physiquement pour profiter de la beauté du moment présent. J’ai levé la tête, regardé l’homme qui chantait. Il était un peu veillot, plus l’air Clint Eastwood que John Lennon mais peu importe. Sa voix était douce et son message était beau. Je lui ai souri. Il m’a souri. Nos regards se sont croisés. Et je suis descendue à la station de métro suivante. Un bref moment d’amour. Dans la jungle du métro parisien. Capté. Enregistré. Pour ma petite batterie à moi.

Dès lors, c’est devenu une évidence pour moi. Comme le prêche si poétiquement Abd Al Malik dans Ode à l’amour, désormais moi aussi :

“je professe la religion de l’amour”.

Identifier l’importance de cette valeur dans ma vie a été une vraie révélation. Ainsi, j’essaie désormais de mettre de l’amour dans toute ma vie : de profiter intensément des moments avec mes proches tout comme de me comporter avec les inconnus avec cet élan d’amour et nourrir mon amour pour le monde aussi, en observant la beauté de la nature.

J’ai cru qu’il fallait faire la révolution de l’amour mais c’est en fait la révélation de l’amour qu’il s’agit d’opérer. Je suis en effet convaincue que nous avons tous en nous cette flamme d’amour qui existe, même si elle a pu être mise à mal par les expériences de la vie.

Révélation car c’est une évidence : une fois que l’on commence à regarder le monde avec les lunettes de l’amour, il n’y a plus que cela qui compte. C’est en nous, il s’agit juste d’enlever la boue accumulée sur nos petites lunettes pour pouvoir voir clairement. C’est naturel d’aimer.

L’amour me semble désormais être la valeur primaire, primordiale, impondérable, non-négotiable.

Alors commençons chacun par là : apprendre à nous aimer nous-même. C’est-à-dire en effet à nous traiter avec compassion, complaisance, compréhension, douceur. Apprendre à nous accepter comme nous sommes et même à aimer nos imperfections, nos défauts apparents. Moi c’est ce que je préfère chez mes amis : leurs grains de folie, leurs obsessions, leurs manies. Alors autant les aimer chez moi aussi !

Apprendre à nous respecter et nous écouter et fuir les situations de violence envers nous-mêmes. Comme on le ferait pour quelqu’un d’autre.

Finalement c’est naturel de s’aimer, même si ce n’est pas facile.

Pour ma part, je m’engage ici à m’aimer moi-même en continuant à :

  • Me nourrir physiquement avec une alimentation saine, respectueuse de l’environnement, et garder mon corps en bonne santé (dormir, bouger, m’hydrater !)
  • Faire des activités qui me font plaisir : danser, faire du yoga, chanter, randonner, skier, me promener dans la nature voire tout à la fois !
  • Me nourrir intellectuellement et apprendre de nouvelles choses qui attisent ma curiosité et font frétiller mes neurones.
  • Me nourrir énergétiquement et m’entourer de personnes qui m’apprécient pour qui je suis, et surtout pour mes défauts.
  • Continuer à rêver à un monde meilleur, rempli d’amour.

D’ailleurs, c’est devenu ma devise personnelle, là encore inspirée par les Brésiliens qui ont décoré Santa Teresa de cette phrase clé : “Mais amor por favor”.

En français, pour moi, c’est

“Pour plus d’amour, toujours”.

Et pour finir, voici deux questions pour toi cher lecteur que j’aime éperdument car tu es arrivé tout à la fin de ce texte :) Un grand merci d’abord, et voici des pistes de réflexion si tu le souhaites :

- Quels sont les actes que tu fais pour te montrer de l’amour au quotidien ?

- Quels ont été tes 3 moments d’amour de la journée ?

Béné