Parcourir mon fil d’actualité Facebook me donne l’impression de regarder la télé

J’ai créé mon compte Facebook courant 2008, comme la plupart des Européens. C’était très bien au départ. Jusqu’au moment où ça a commencé à prendre tout mon temps libre. Comme j’allais bientôt devoir étudier de façon intensive, il fallait régler ce problème.

J’ai supprimé mon compte pour le bien de mes études et j’ai attendu deux ans pour m’y réinscrire, après avoir eu une discussion avec deux amies hongroises qui m’avaient dit mot pour mot : « En Hongrie, t’es un fantôme si t’as pas Facebook ».

Au fond, l’idée d’avoir été l’un de ces fantômes pendant mes années de classes prépa ne m’avait pas déplu, parce qu’il avait été nécessaire d’éviter toute activité chronophage. Une fois en école d’ingénieur, j’avais réalisé qu’un compte Facebook était utile, voir indispensable.

J’ai donc rejoint Facebook une nouvelle fois en 2012 et j’ai commencé à utiliser et apprécier les nouvelles fonctionnalités: j’ai rencontré du monde, je suis allé à des évènements et j’ai découvert des contenus intéressants, d’une part parce je n’avais pas beaucoup d’amis et aussi parce que Facebook, à l’époque, ne distillait pas autant d’informations qu’actuellement. En conséquence, mon fil d’actualité était clair et pertinent.

Petit à petit, les choses ont changé : j’ai rencontré plus de monde, aimé plus de pages, participé à plus d’évènements, et de fil en aiguille, j’ai commencé à recevoir un nombre inqualifiable de notifications, venant de partout et de nulle part à la fois.

Le nettoyage

J’ai décidé de faire du ménage : j’ai supprimé des amis, créé des listes, « désaimé » certaines pages, et mon fil d’actualité a commencé à être plus clair … mais ça a été de courte durée, parce que Facebook s’est mis à afficher plus de contenu, beaucoup trop à mon goût.

J’avais l’habitude de lire les articles, regarder les vidéos et écouter la musique que mes amis partageaient — j’adorais découvrir de nouvelles choses sur mon fil d’actualité. Cette fois pourtant, il ne s’agissait plus tant de mes amis, mais plutôt de leurs connaissances ou bien de parfaits inconnus: « X aime cette page », « Y a commenté le statut de … »

Ajoutez à ça le contenu sponsorisé et surfer sur Facebook me donnait dès lors l’impression de regarder la TV.

Parcourir mon fil d’actualité comme si je zappais d’une chaîne à l’autre

Enfant, j’avais pris l’habitude de zapper de chaîne en chaîne à la recherche de quelque chose d’intéressant, navigant le plus souvent entre talks-shows et pubs. Tôt déjà, j’avais réalisé que je ne voulais pas que l’on me donne à voir quelque chose, mais plutôt choisir ce que je voulais voir.

Facebook adoptait à présent les même méthodes qui avaient rendu la télévision si addictive: un contenu intéressant, une pub, un contenu intéressant..l’idée de manquer quelque chose d’intéressant dictant ma progression dans mon fil d’actualité, entrecoupée de nombreux “tunnels de pubs”.

Un travail collectif pour trouver les meilleurs contenus

Ce qui m’avait vraiment plu à l’origine — partager du contenu entre amis — n’était à présent plus possible. Interagir avec eux n’était plus possible non plus ; Facebook m’exposait désormais à du contenu qu’il jugeait plus intéressant à mes yeux que celui de mes propres amis.

En général je préfère un article recommandé / partagé par un ami à celui suggéré par un algorithme. Un genre de “approuvé par” qui me permet d’estimer la qualité de l’article avant même de l’avoir lu. Et puis ça débouche fréquemment sur une discussion.

Du coup j’avais 3 choix:

  • Ne plus suivre ou supprimer des « amis » et avoir un fil d’actualité constitué d’actualités partagées par des influencers: des gens en dehors de mon cercle d’amis.
  • Conserver les actualités de mes amis et me retrouver submergé par des posts pas vraiment pertinent.
  • Partir en quête d’une alternative: un réseau social dédié au partage de contenu, qui fait ça bien.

De Facebook à Tree : un réseau social de plus?

J’ai cherché une alternative pendant plus d’un an et je me suis rendu compte que bien que le partage de contenu entre amis disparaissait, personne n’essayait d’y remédier.

J’ai d’abord pensé que j’étais seul avec mon problème ; mais à mesure que j’en parlais, j‘ai réalisé que de nombreuses personnes ressentaient la même chose. J’ai donc décidé de proposer une solution.

Il se trouve qu’une de ces personnes était un ami, Antoine, accessoirement étudiant en informatique. On était conscient que le travail qui nous attendait serait considérable. Mais on était également au courant de la (faible) charge de travail en Erasmus: nous aurions le temps et l’argent de nos bourses pour donner vie à notre idée à moindre frais. Nous sommes donc partis en Estonie pour lancer Tree.

Tree : un réseau social dédié au partage de contenu et à la curation

En planchant sur Tree, on a identifié trois problèmes concernant le partage de contenu sur Facebook :

· Le flux d’information : le manque de contenu intéressant n’a jamais été un problème en soi; c’est la vitesse à laquelle il est généré qui nous oblige à faire des compromis. Je vois souvent des articles intéressants que je n’ai pas le temps de lire sur le moment et qui se retrouvent littéralement engloutis dans mon fil d’actualité.

· La surabondance d’information: Arrivé à un certain point, il y a plus d’information qu’on ne peut en afficher sur un seul fil d’actualité. Il est également difficile de comprendre pourquoi tel ou tel post est mis en avant.

· Pertinence: On a tous des centres d’intérêt différents — être l’ami de quelqu’un ne veut heureusement pas dire qu’on apprécie tout ce qu’il partage et ce qu’il aime.

Tree apporte une solution à ces 3 problèmes.

  • Le flux d’information : sur Tree, chaque post dispose d’un bouton “sauvegarder” qui met l’article, la vidéo ou la chanson de côté pour plus tard. Les extensions pour navigateur permettent d’y accéder depuis n’importe quel site (idéal en soirée avec une playlist de musique Youtube).
  • La surabondance d’information : il y a 20 catégories différentes sur Tree (technologie, business, musique …). Comme chaque catégorie possède son propre fil, la quantité de contenu affichée sur chaque fil est logiquement divisée par 20; d’emblée, tout est organisé.
  • Pertinence : Sur Tree, chacun choisit les catégories dans lesquelles il souhaite suivre les autres: en suivant X en technologie et en musique, vous ne verrez que ses posts en technologie et musique, sans voir ses publications business par exemple.

Un arbuste qui pousse

Tree n’en est qu’à ses balbutiements. La petite communauté laisse entrevoir que nous venons de commencer. Mais ça marche déjà : chaque jour, nos utilisateurs découvrent et partagent du contenu de qualité que nous n’aurions pas vu autrement.

Tree est destiné à ceux qui souhaitent reprendre le contrôle sur le contenu qu’ils consomment: la qualité avant la quantité.

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Traduit de l’anglais: “Scrolling Through my Facebook Feed feels like watching TV”

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