Innovation : Quand le passé se rappelle à votre souvenir

Une citation de Edwin Land (fondateur de Polaroid) est souvent utilisée pour présenter l’innovation :

« Innover n’est d’avoir de nouvelles idées mais de cesser d’en avoir des anciennes».

Tu parles, Charles, enfin Edwin.

Alors que je prépare un documentaire et une série de Podcasts sur Tesla (ex Tesla-Motors), je réalise que le futur dont nous parle les futurologues est déjà là depuis longtemps ! Et que d’utiliser «d’anciennes idées» peut être une source de disruption.

En 1897, une flotte de Taxis électriques sillonnaient les rues de Londres. Ils étaient surnommés «Colibris» à cause du bourdonnement de leur moteur. La ville en avait approuvé la license car ils promettaient de résoudre les problèmes de circulation en ville. Forcément, ils étaient deux fois moins longs que les fiacres traditionnels équipés de chevaux.

Taxi Colibir

C’est ainsi qu’en 1900, 40% des véhicules «Horseless» en circulation aux USA étaient à vapeur et 38%… électriques selon l’encyclopédie britannica. Imaginez, il y avait plus de «colonnes» de recharge dans les grandes agglomérations qu’aujourd’hui !

Un article du New-York Times, publié le 29 Janvier 1911 sous le titre «Electric Vehicles attract attention», citait la voiture électrique comme le mode de transport idéal : silencieux, propre et économique comparé aux voitures à essence.

Imaginez, il était possible d’installer sa propre station de recharge dans son étable, ainsi, selon l’article, la voitures électrique, préférée par les femmes gagnait en intérêt chez les hommes également ! Toute une époque.

New York Times — January 20, 1911

N’oubliez que que cette époque est celle de Edison et de Tesla, les Gates et Jobs de l’époque, et que l’électricité était considéré comme la pointe de la technologie face aux moteurs à explosion bruyant et polluants.

En résumé le 20e siècle promettait d’être électrique.

Mais voilà.

La voiture électrique était (déjà à l’époque) chère à produire, ce qui laissait un sacré paquet (on appelle ça un “marché”) de personnes n’ayant pas les moyens d’acquérir un tel véhicule hors du coup.

L’obsession de beaucoup des 291 fabricants d’automobiles américains en 1914 (255 en France) devint alors de chercher à baisser les prix de production (Ford) ou d’inventer de nouvelles façons de financement (General Motors) pour ouvrir ce marché qui roulait toujours avec ses pinces à vélo.

Résultat : En poussant un peu sur l’idée que «Conduire un véhicule à essence c’est pour les vrais hommes car c’est dur et rapide» et sur le fait que «et en plus…c’est moins cher», peu importe que la voiture était polluante, bruyante et salissante ! A 350$ pièce au lieu de 850$ le choix est vite fait.

L’essence avait gagné et fin de l’histoire pour 90 ans jusqu’à l’arrivée de…Nissan avec la Leaf. Oui oui Tesla aussi mais ça, c’est une autre histoire.


Si l’exemple de la voiture électrique est souvent reprise, ce n’est pourtant ni la première fois ni la dernière qu’une vieille idée revient sur le devant de la scène. Prenon un exemple récent.

Retrouver les pistes cyclables des années 30 en Angleterre

Un projet Kickstarter qui a atteint la somme demandée en 2 jours propose de retrouver et inventorier les pistes cyclables oubliées.

Piste cyclable des années 30 en Angleterre

Notamment les pistes cyclables construites entre 1934 et 1939 pour obéir à une clause instituée par le ministre des transport de l’époque : si vous empruntez de l’argent à l’état pour construire une route, vous devez obligatoirement y adjoindre une piste cyclable.

L’auteur de la campagne, l’historien Carlton Reid, espère que le nombre de personnes ayant apportées leur support à la campagne Kickstarter permettra convaincre le gouvernement de financer la réhabilitation et la maintenance des pistes oubliées et de les connecter aux pistes modernes.

A suivre…