Le dessin et la sculpture : un antidote à l’oubli
André Quenault, le sculpteur des objets en métal
« Une fois à la retraite vous êtes rayé de la société », dit André Quenault un saclaysien de 75 ans qui se définit comme « sculpteur original ».
« Vous ne comptez plus quand vous ne travaillez plus ».

Pour exorciser cette peur d’être marginalisé, l’ancien tourneur fraiseur prend des cours de peinture au Bourg de Saclay dès les premiers mois de sa retraite, en 1994.
Au cours de sa carrière il avait eu l’occasion d’apprendre le dessin industriel.
Après avoir suivi différentes formations, André, embauché comme apprenti en 1950 à la Compagnie Générale de Radiologie termine technico-commercial multicartes spécialiste de l’outil industriel.
« Le dessin industriel m’avait appris à transmettre ma pensée sur le papier », dit-il. « La mécanique m’avait donnée l’amour de la ferraille ».
Les Pastels

Ce contact avec la matière, André le retrouve en apprenant à dessiner aux pastels.
Il aime tant cet art que lorsque son épouse, Micheline, décide de partir à Compostelle avec des amies de Saclay, André croquera le pèlerinage sur un carnet de voyage.
Chaque dessin est un instantané du voyage. C’est le clin d’oeil d’un homme sur le parcours de quatre femmes.
En 2004, la peinture et le dessin ne suffisent plus à l’insatiable retraité. Il a besoin de toucher le métal. « J’avais, dans le passé, travaillé du métal récupéré mais il m’est venu l’idée de faire de toutes petites choses », explique-t-il.
La sculpture originale
André se met alors à chiner les objets métalliques dans les brocantes et chez les ferrailleurs. Un roulement à billes de char de la dernière guerre devient un corps de chouette et une tondeuse à main de coiffeur le corps d’un insecte…
« Ce qu’il y a d’unique dans ce que je fais », affirme-t-il « c’est que je ne crée pas de pièces. Je prends un objet et lui trouve une nouvelle attribution ».
André crée une vingtaine de sculptures originales par an. Il les expose et est de plus en plus sollicité.
Ce saclaysien qui redoutait d’être oublié une fois à la retraire a fait l’objet d’un article dans le journal municipal de Saclay en octobre dernier. Avant de me quitter il me dit « vous voyez, si je ne faisais pas ces sculptures vous ne seriez pas là à me parler »…