CHRONIQUE. Partie I: LES MILLES ET UN EMPIRES

Bilaly DICKO

Cette histoire est imaginaire. Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que fortuite.

Bilaly DICKO à l’Aéroport International Président Modibo KEITA du Mali.

Avec le temps, nous apprenons qu’il n’est pas une honte que d’avaler parfois sa fierté devant certaines circonstances qui nous montrent notre profonde faiblesse. Cela nous montre simplement que nous sommes humains. Face à certaines situations nous excellons et devant d’autres, nous montrons notre incapacité à tout connaitre. Cela n’enlève rien à la grandeur et à l’originalité de notre personnalité. Il nous fait, par ailleurs, grandir.

Nous sommes à Bamako, alors que la semaine touche à sa fin, un jeune entrepreneur du nom de Boubacar fait La Une de tous les Journaux de la Place. Sous le feu des projecteurs, l’on peut lire : Avec 80 millions de Fcfa, Boubacar vient de lancer l’entreprise qui va révolutionner le domaine de la communication au Mali ; avec le recrutement des experts venues des prestigieuses universités de SciencesPo Paris et de Harvard University, Boubacar est bien parti pour écrire l’histoire. Décryptage… !

A quelques encablures de là, Ahmed, avec 300.000 Fcfa un jeune ambitieux de 25 ans réunit dans le garage de son père 3 amis pour travailler sur un projet qu’ils appellent la révolution du siècle. Passionnés, ils croient fermement en leur projet et restent très tard au boulot pour faire avancer l’idée.

Cependant, tout deux ont l’ambition de réussir leurs business. Ceci est leur histoire, un mélange d’échecs et de réussite, de nuits blanches et de coups bas.

1 an plus tôt.

Ahmed est le benjamin d’une fratrie de 15 enfants, son père cultivateur n’a pas eu la chance de partir à l’école. Avant sa naissance, comme le veut la tradition, il envoya tous ses enfants cultiver le champ familial. Cela lui permettait d’avoir la main d’œuvre gratuite et ainsi nourrir toute la famille. Durant la saison des pluies, les enfants s’occupaient de l’entretien du champ en y travaillant d’arrache-pied pour stocker le maximum de vivres pour l’hiver. Chaque année, le même cycle continuait. Ils cultivent pendant la saison des pluies et mangent ce qu’ils ont cultivé durant l’hiver.

Mais, Ahmed trouvait cette tradition assez cyclique et se demandait pourquoi son père ne commercialisait-il pas l’activité. Ainsi, il se décida de s’entretenir avec son père.

- Baba, je vous trouve très à cheval avec l’agriculture. C’est le seul travail que mes frères et moi connaissons.

Pendant qu’Ahmed cherchait les mots en bégayant, son père le scrute d’un air menaçant. Soudain, il se ressaisit et baissa la tête tout en touchant son nez. Son père le scrute longuement avant d’enchaîner.

- Ma responsabilité est de mettre toi et tes frères en sécurité en vous incitant à travailler pour que vous ne mourriez pas de faim en hiver. Je me bats pour vous et dans ce combat, je dois vous servir d’exemple. Martèle le père d’une voix rassurante.

Ahmed n’a pas été à l’école et ne sait ni lire ni écrire. Mais, il ne cesse de se demander s’il était réellement destiné à rester au champ, cultiver, manger et se reposer. Il n’arrivait pas à comprendre pourquoi son père était si dévoué à l’agriculture.

- Dans la vie, il est important de connaître ses priorités et se battre d’arrache-pied pour leurs protections. Tu dois rester concentré sur ce que nous produisons. Nous nous battons pour la survie de la famille et son union. Ne perds jamais cela de vue, mon fils. Rappelle le vieux.

  • Ecoute-moi, mon fils. Je vais te dire quelque chose que tu dois imprimer. Garde-toi de ne jamais l’oublier. Au cours de ta vie, tu apprendras que plusieurs d’entre nous ont un ego démesuré. Pour certains, c’est une force et pour d’autres, c’est une faiblesse. Mais en fait, pour revenir à la réalité, apprendre à être humble et modeste est l’une des plus belles qualités qui te relèveront vers la gloire. Deux endroits nous font toujours réfléchir et nous montrent combien nous sommes faibles par moments. Il s’agit du cimetière et l’Hôpital. Ces personnes qui gisent dans ces endroits n’y sont pas parce que ce sont des sous-hommes, ils y sont par la force de la nature qui nous rappelle à l’ordre à chaque fois que nous nous croyons maîtres de notre minuscule univers.

A Suivre …

N’hésitez pas à partager cette histoire, me dire ce que vous en pensez. La Suite dépendra de cela.

Bilaly DICKO

Written by

Business Development Expert- Storyteller - 2017 Mandela Washington Fellow - Dartmouth College - HBX Harvard Business School

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