Vivre sa citoyenneté européenne

Tout jeune français a appris à l’école ce qu’est l’Union Européenne, comment elle s’est formée ou encore quelles institutions la régissent. Cependant, les derniers événements politico-sociaux ont entrainé un rejet de l’idée même d’une Union entre États Européens : d’après le sondage PEW, 61% des français y sont aujourd’hui défavorable. Un groupe d’étudiants aixois est donc parti du présupposé que les enseignements transmis (ou donnés ?) sur l’UE ne permettent pas une bonne compréhension des missions de l’Union et de ce que signifie être citoyen européen.

Le projet a comme sujet la construction du continent européen et l’Union Européenne dans sa généralité. Le but est de mettre en place une interface virtuelle regroupant toutes les informations clés de ce sujet, sous forme d’articles mais aussi beaucoup sous forme d’infographies, de schémas, d’illustrations. Le projet s’inspire du site internet Voxe qui a su simplifier les informations relatives à notre pays grâce à un système de couleurs et de dessins très réussi. Le premier objectif est de rendre le savoir accessible facilement et rapidement pour les internautes désireux de découvrir l’Union Européenne d’une manière “non- traditionnelle”. Il s’agit donc de proposer une alternative à Wikipédia et les livres d’école, qui peuvent parfois désespérer de par leur longue lecture ou leur format non-dynamique. Dans un second temps, l’idée est de sensibiliser sur les apports positifs de l’UE, ses avantages pour la France et déconstruire les idées reçues qui supposent qu’une sortie de l’Union serait avantageuse pour notre économie. L’idée n’est pas pour autant d’établir les louanges de cette instance, mais d’informer objectivement sur ses actes, ses rôles et sa communauté. Enfin, l’intérêt est de donner envie de s’informer, d’en apprendre un peu plus sur cette grande instance qui régit tant de choses dans nos quotidiens. Les cibles de ce projet sont toutes personnes ayant 30 ans et moins, susceptibles de vouloir découvrir l’Union Européenne plus en profondeur que ce qui est enseigné à l’école. La cibles secondaire est représentée par toutes personnes travaillant dans l’enseignement. A fortiori, les étudiants/lycéens/collégiens qui étudient cette thématique pourront retrouver dans notre projet des informations, données, descriptions mais aussi des supports d’illustrations originaux et dynamiques. À terme, les supports et les rubriques seraient également adaptés aux écoliers du Primaire, mais cette cible n’est pas prioritaire pour l’instant.

Sortir l’union européenne de sa mauvaise réputation utopie ou réalité ?

Désintérêt explicite ou implicite des citoyens

Cette incompréhension concernant l’Union Européenne se veut autant implicite qu’explicite. En effet, peu de jeunes se sentent réellement concernés par l’Union Européenne. Nombreux questionnements font que l’on se sent d’abord concernés par notre ville, puis par notre région, notre pays pour, finalement, arriver à une identité européenne. Rares sont ceux pour qui ce schéma s’inverse. Cette interrogation constante concernant notre identité première traduit, par conséquent, un manque d’implication autant dans l’engagement politique que dans l’envie de comprendre et connaître nos droits. On est dans le flou et on ne cherche pas nécessairement à y changer quoi que ce soit. De plus, entre une Europe du Nord ayant su maîtriser son économie et une Europe du Sud ayant du mal à s’en sortir, la confiance dans l’Union Européenne a tendance à s’effriter et, ce, depuis 2008. Dans un tel contexte, les frontières entre les nations ont repris de leurs épaisseurs malgré une politique visant, plutôt, à briser les barrières pour favoriser l’échange. Ce problème est d’ailleurs ressenti aux yeux de la jeunesse qui est directement touchée par cette problématique. Certains vont jusqu’à affirmer avoir le sentiment d’être exclus de la marche du monde. En parallèle vient les drames politiques et sociaux ; deux crises globales dont l’Europe a encore du mal à répondre. Par exemple, lors de la dernière présidentielle, les sondeurs ont estimé que 15 à 19% des 18–24 ans ont voté Front National au premier tour, contre 11% en 2007 ce qui prouve que le profond rejet prôné par l’Extrême droite n’est pas repoussoir pour la jeunesse. Il serait, par contre, faussé d’affirmer que la population française nie le fait que l’Union Européenne n’aide pas la France à renforcer sa puissance mais les avis concernant ses réels effets sur la vie quotidienne restent partagés. En effet, la moitié des français estiment que l’Union Européenne accentue le problème de l’immigration en France et qu’elle accroît, en plus, le souci de la crise de l’emploi déjà bien présent dans le pays. De plus, 60% estiment que le terme de chômage correspond bien à l’Europe.

Il est donc évident qu’être citoyen européen est un concept qui s’est perdu au fil du temps à cause de l’évolution de l’image de l’Europe comme notion négative. Peu s’y référencent, peu l’utilisent pour se définir eux-mêmes et peu veulent s’y impliquer justement parce le sentiment d’exclusion est grandissant. Cette montée du presque rejet de l’identité européenne serait donc dû à un manque de compréhension et même d’engagement de la part des deux partis, d’où l’importance de se centrer sur l’essentiel : c’est quoi aujourd’hui être Européen ? Pour bien comprendre ce concept, il faut d’abord comprendre son histoire.

Réaliser les opportunités données

A cause de la montée de l’eurosceptisme, les avantages apportés à la jeunesse européenne sont oubliés. Cette institution a, depuis longtemps, mis l’accent sur l’intérêt de briser les barrières entre les pays afin de tous les réunir en une seule nation. De nombreux bénéfices ont alors émergés suite à cette initiative et notamment pour la jeunesse. En effet, cette initiative permet encore maintenant de voyager sans contraintes administratives, de valoriser l’apprentissage culturel ainsi que le développement personnel. Il cherche activement à offrir un large panel de possibilités d’avenir pour sa jeunesse. Parmi ces possibilités s’en trouve une conséquente : l’ERASMUS. Ce programme, qui est la priorité de la politique européenne en matière d’éducation, a vu le jour en 1987. Bologne, fondé en 1999, renforce les fondements de l’ERASMUS en construisant un espace européen de l’enseignement supérieur dont le but est d’harmoniser les cycles d’études universitaires (licence, master, doctorat). Il se base sur un système de crédit qui s’appelle European Credit Transfer. C’est une valeur en crédit de l’ensemble des diplômes obtenues, en d’autres termes elle permet d’assurer la comparaison et le transfert de parcours de formation au sein de l’espace européen. L’ensemble de ces possibilités accentue la mobilité des étudiants, devenus jeunes actifs. En effet, trouver du travail est devenu plus facile étant donné les opportunités d’embauche plus nombreuses. Par exemple, de 1990 à 1997, la construction du marché commun a permis la création de 1 000 000 d’emplois. Grâce à une demande supérieure à l’offre, les salariés ont plus de choix pour les embauches, ce qui impacte directement sur les salaires. Par ailleurs, les conditions de travail sont renégociées et améliorées à travers l’itinéraire de carrière. En effet, les barrières administratives (comme le visa ou encore la carte de séjour) ne sont plus un frein à la liberté de circulation. Cette liberté se traduit par la réinvention de la notion de la carte d’identité nationale, prenant alors une valeur européenne.

Certains de ces atouts sont vendus par l’Europe mais pas assez auprès de ses jeunes actifs qui voient alors une perte de motivation et d’implication. Les avis la concernant sont partagés et mêmes si certains sont au courant de ce qu’elle offre, ces valeurs sont prises pour acquises. Un gros changement doit donc s’opérer. L’action de notre site serait un début afin d’aider l’Europe à mieux se faire comprendre auprès de la jeune population car les nouvelles générations marquent notre futur.

Ci-dessous, à titre informatif, retrouvez les différentes gouvernances de l’Union Européenne

Céline Clamour, Juliette Polidori, Sarah Bissuel

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