Quelques mythes sur le travail en remote

Le deuxième va vous surprendre 🤓

Depuis que je me suis lancé en freelance en 2014, je n’ai pratiquement effectué que des missions en télétravail, à de rares exceptions près : une mission dans une société à 10 minutes de voiture de chez moi, et une autre dans le bâtiment où je louais mon bureau.

Il m’est donc arrivé à de très nombreuses reprises de travailler plusieurs mois pour des sociétés dans tous les coins de la France (et même des USA) sans avoir le moindre contact physique avec leurs dirigeants ou leurs employés. Et vous savez quoi ? Cela n’a jamais posé le moindre problème !

Il existe des centaines de sociétés à travers le monde qui fonctionnent avec des équipes en remote éclatées sur tout le globe et plusieurs fuseaux horaires différents, et pas des moindres : Amazon, Dell, Salesforce, Adobe, Xerox, SAP, Sodexo, … autant de compagnies qui ont réussi à intégrer avec succès le télétravail dans leur culture d’entreprise. Pas besoin de magie, il suffit simplement d’un minimum d’organisation !

Voici donc quelques-uns des mythes les plus répandus sur le travail en remote :

1. On est moins productif que dans un “vrai” bureau

Je l’indique en tout premier car c’est l’une des fausses idées les plus répandues sur le télétravail. Ce mythe part du postulat qu’on ne peut vraiment bien travailler qu’en étant entouré physiquement de ses collègues, afin de ne pas être tenté de faire autre chose que ce pour quoi on est payé.

Et pourtant : comment être productif quand vos collègues papotent dans l’open-space, que le téléphone des Business Developers n’arrête pas de sonner ou que le développeur en face de vous tape comme un malade sur son magnifique clavier mécanique dernier cri ?

Que dire de ces heures perdues chaque jour dans le RER A qui est toujours en retard (quand il passe), ce fichu métro qui est bloqué depuis plus de 20 minutes à cause d’un incident voyageur, ou ces kilomètres de bouchons pour enfin arriver à passer le périphérique ? Cela n’aide clairement pas à arriver dans un contexte serein au boulot, et rajoute un peu plus de stress sur le chemin du retour.

Personnellement j’ai pris le parti dès le début de mon aventure freelance de louer un bureau à 5 minutes maximum de voiture de chez moi. J’avais un chouette bureau dans une pépinière d’entreprise lorsque je vivais en Normandie. J’ai désormais un petit bureau dans la rue principale d’un village pittoresque d’Occitanie à la sortie des gorges de l’Aveyron. C’est une façon pour moi de bien scinder ma vie personnelle de ma vie professionnelle, et par conséquent limiter les distractions au maximum (du style le ménage, le bricolage, la lecture, le carressage de chats, …).

D’autres télétravailleurs arriveront tout à fait à se contenter d’un espace de bureau dédié chez eux, l’important étant de se créer un espace consacré au travail dans lequel on se sente bien !

2. On ne peut pas travailler en équipe

C’est la deuxième excuse que j’entends le plus souvent lorsque j’indique que je ne travaille qu’à distance. Dans l’imaginaire collectif, un télétravailleur est un ours solitaire qui travaille au fond d’une grotte sur des projets sans importance qui ne requièrent aucune collaboration.

L’argument massue contre le remote lors d’une discussion avec un recruteur sur LinkedIn

De nos jours, il existe une multitude d’outils qui permettent un travail collaboratif à distance d’excellente qualité :

  • Jira ou Trello pour la gestion de projet
  • Confluence pour la documentation de l’entreprise sous forme de wiki
  • Github ou Gitlab pour le développement en équipe et les revues de code via des pull requests
  • Zoom, Skype, Appear.in pour les visioconférences
  • Le très célèbre Slack pour les discussions entre collègues
  • Le vénérable mail (et oui, il sert toujours !)

J’en oublie certainement encore plein (n’hésitez pas à les indiquer en commentaire !), mais ce sont les services que j’ai le plus utilisés, et qui couvrent un large spectre des besoins rencontrés lors du travail en équipe à distance.

Une conversation Slack de tous les jours

Si vous ne voulez pas de travailleur en remote car vous êtes persuadé que c’est ingérable au quotidien, demandez-vous plutôt si vous ne pourriez pas améliorer l’organisation de votre équipe afin de rendre cette intégration possible !

3. On ne peut pas s’échanger d’informations sensibles

Il m’est arrivé de devoir refuser des missions de prime abord très intéressantes, car on me demandait de me déplacer à Paris pour le lancement de la mission.

Pour vous donner une petite idée de ce qu’implique un déplacement vers le centre de l’Univers français :

  • La gare la plus proche de chez moi est à 20 minutes de route de campagne. Les seuls bus qui passent dans le coin, ce sont les transports scolaires.
  • Il n’y a aucun parking sécurisé près de la gare pour y laisser mon véhicule plusieurs jours.
  • Le seul train rejoignant Paris est un Intercité qui passe par tous les coins les plus reculés du centre de la France (Gourdon, Souillac, Brives-la-Gaillarde pour n’en citer que quelques-uns) et met plus de 6 heures à atteindre la gare d’Austerlitz.
  • Il ne reste plus qu’à prendre le RER / Métro / train pour enfin pouvoir atteindre les locaux du client.
  • Et rebelote dans le sens inverse pour rentrer !
“But I would walk 500 miles, and I would walk 500 more just to be the man who walks a thousand miles”

En résumé, pour une journée d’onboarding, je vais facturer 2 jours+ les frais de déplacement, de logement et de nourriture, et cela sans même commencer à compter le temps passé dans les bureaux du client. On ne va pas se mentir, ce n’est pas forcément très intéressant pour lui. Et je vous avoue que je me passe bien de cela aussi quand tout peut se faire à distance sans le moindre problème !

Le VPN installé depuis un bâtiment sécurisé, j’aurais pu comprendre pour une mission avec le CNES ou l’ESA, à la rigueur.

Comment fait-on alors ? Il est certain que s’envoyer des mots de passe en clair sur Slack ou par email, ce n’est pas le top niveau sécurité. C’est là qu’intervient la cryptographie à clé asymétrique (j’en parle dans mon article “Le HTTP expliqué avec des pigeons voyageurs”) et les fameuses clés GPG !

Je ne vais pas vous faire un cours là dessus, mais pour faire très simple il suffit de transmettre une clé publique à votre client pour qu’il chiffre les données sensibles avec avant de vous les envoyer. Il ne vous reste plus qu’à les déchiffrer grâce à votre clé privée, et le tour est joué !

Notez que le même principe est utilisé pour signer ses commits, afin de prouver que vous êtes bien la personne qui a développé le code envoyé.

Un commit signé avec la mention “Verified” sur Github sur le dépôt de mon site web

Pour les clients moins technophiles, il existe également des solutions simples d’utilisation telles que les gestionnaires de mots de passe (1password ou Lastpass pour ne citer que les plus connus) qui permettent le partage de données sensibles très facilement, avec une gestion des droits assez poussée pour le travail en équipe.

4. On est seul et malheureux

Qui n’a jamais imaginé un travailleur en remote comme une personne socialement inapte, qui reste enfermée dans une pièce sombre avec son casque calé sur les oreilles pour rester dans sa bulle (petit bonus pour le pull à capuche), et qui n’ouvrira qu’à la seule personne capable de lui apporter un peu de joie éphémère : le livreur de pizzas.

Pizza, mon amour

Dans la vie réelle, le télétravailleur est une personne comme tout le monde (si si, je vous assure) !

La possibilité de travailler à distance fait même partie des avantages les plus demandés dans l’enquête réalisée par StackOverflow en 2018 auprès des développeurs du monde entier, ces derniers cherchant de plus en plus à améliorer leur qualité de vie à travers leurs choix de carrière. Le télétravail permet en effet de moduler plus facilement sa journée pour faire face aux petits tracas du quotidien (déposer ses enfants à l’école, se déplacer durant les heures d’ouvertures d’une administration, aller faire une petite course rapide, etc.). Les travailleurs en remote, en étant capables de gérer plus facilement leurs besoins personnels, sont finalement plus heureux et productifs !

Le télétravail arrive en 5è position des avantages les plus demandés chez les développeurs

De plus, il existe différentes alternatives au travail à la maison pour changer d’environnement et voir de nouvelles têtes ! Chaque ville possède désormais de multiples espaces de co-working qui permettent de rencontrer de nouvelles personnes et discuter sur le temps de midi ou durant une pause café. Il est également possible de bosser dans les bibliothèques ou encore les cafés, qui sont de plus en plus nombreux à offrir des coins dédiés aux travailleurs avec prises électriques et wi-fi de bonne qualité.

5. On travaille à moitié nu dans notre canapé

Et pourquoi pas ? L’important est de travailler dans un environnement où l’on pourra être productif ! Être en slip sur votre terrasse, ou à poil dans votre baignoire ne vous empêchera en rien de travailler correctement. Il faut juste penser à s’habiller un minimum pour les visio-conférences avec les collègues ;-)

J’espère que cet article vous aura permis de découvrir les nombreux avantages du travail en remote, et si vous n’êtes toujours pas convaincu, je serai ravi d’en discuter avec vous dans les commentaires !

Le petit bonus de fin

Le travail en remote, ça marche pour de vrai, même quand on est freelance.

Témoignage LinkedIn d’un Product Manager après une mission de 6 mois en full-remote dans la startup Early Birds