Le BIM : quand la technologie ne fait pas tout…

Inutile de présenter pour la énième fois ce qu’est le BIM puisque les explications foisonnent… Non, il est bien plus intéressant de parler de la réalité, du concret. Quoi de plus concret que de dire ce qu’une jeune entreprise de métré constate au quotidien. Et nous sommes d’autant plus concernés puisque nous appartenons, chez MonMétreur, à cette génération qui baigne dans les nouvelles technologies de l’internet et du numérique.

D’emblée il faut comprendre que ces technologies ont été vecteur de nouvelles idéologies, de nouvelles façons de voir le monde, de nouvelles manières de communiquer et d’interagir. Bien plus qu’à des fonctionnalités, elles engagent à un état d’esprit.

Notre quotidien professionnel est aujourd’hui rythmé par des échanges francs et directs au sein de notre équipe et par une volonté de diffuser un sentiment de confiance et de transparence. Au delà-même des outils collaboratifs tels que Google Drive, DropBox, Slack et autres, c’est bien notre état d’esprit qui nous permet de voir et d’exercer ce vieux métier différemment.

Nous n’allons pas enfoncer des portes ouvertes : « le BIM c’est bien », « la technologie et le progrès c’est bien »… évidemment. Nous voulons rappeler à chacun à quel point les potentialités de la technologie peuvent être ralenties par les hommes eux-mêmes.

Qu’est ce que le BIM peut représenter pour nous ?

Sur le principe, le BIM est une évidence. Il est même la preuve du retard technologique et organisationnel du BTP en matière de collaboration.

Or, force est de constater qu’en pratique, tout le monde en parle (du BIM) mais peu l’on vu en action, et moins encore le mettent en oeuvre. Nous sommes en relation quotidienne avec des dizaines d’entreprises du BTP et nous faisons ce constat.

« Faites vous du BIM ? » ou la question « valise »

Cette question lancinante qui nous est posée, justement par ceux qui n’ont eu l’occasion d’y goûter et qui y voient un nouveau critère de crédibilité surpassant les autres.

Réponse : « Évidemment que nous faisons du BIM ! Nous en faisons matin, midi et soir ! »

En 6 mois d’activité depuis notre lancement en mars 2017, nous avons étudié plus de 80 dossiers, pour 50 clients dans toute la France, en Belgique et au Maghreb. Nos clients appartiennent à toutes les catégories d’entreprises puisqu’elles réalisent un chiffre d’affaires annuel allant de 100k € à plus de 150 millions d’euros.

Vous devez savoir que pour elles rien n’a changé. Les entreprises maintiennent leurs pratiques et habitudes de travail. Nous n’avons pas constaté de prise de conscience à la hauteur de ce qu’elle devrait être. Personne n’est à blâmer, mais les faits sont là.

« Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer . » Antoine de SAINT-EXUPÉRY

Au delà des problématiques technologiques et structurelles du BIM (notamment le fait que le format IFC est encore instable et immature), les valeurs nécessaires à la pénétration du BIM n’ont absolument pas été suffisamment diffusées.

C’est pour nous le coeur du sujet :

  • Comment proposer une plateforme de partage de données centralisées et collaborative quand personne ne collabore vraiment ?
  • Comment mettre en place une technologie offrant une généralisation de la transparence des métiers quand cette culture de la transparence est si absente dans le bâtiment ?
  • Comment demander le partage du savoir-faire quand le détournement est une pratique répandue ?

Le BIM aura pour effet un décloisonnement des missions. Or, chacun a pris la précaution de rester à distance de ses partenaires par peur d’élargir le champ de sa propre responsabilité.

La collaboration implique une généreuse discipline de la part de tous les intervenants : tenir à jour les plans, disposer au moment opportun des données constructives de base permettant aux intervenants futurs de pouvoir composer à temps leurs propositions, anticiper les besoins… La transparence consiste à prouver aux autres que le niveau des prestations est à la hauteur des attentes et que le travail est fait dans des conditions respectables. Enfin, le partage des données doit être réalisé dans des conditions de confiance et d’honnêteté absolues. Le tout devant être sécurisé par une législation mature et adéquate.

Désir de collaborer et plaisir de partager dans un esprit de confiance, voici les valeurs qui seront les conditions sine qua non de la diffusion du BIM dans le BTP.