Lettre ouverte à Mame Mbaye Niang ( MJECC) “ Les jeunes manquent de projets bancables”

Monsieur le ministre de la jeunesse de l’emploi et de la construction citoyenne ( MJECC), le 2 avril 2016, je vous cite “ Tout jeune porteur de projet peut obtenir un financement. Cependant il existe une insuffisance de projets et les jeunes maquent de projets bancables.”

Or créer son entreprise représente un rêve pour beaucoup de jeunes Sénégalais. Audacieux, souvent pleins d’énergie et de volonté, ils sont nombreux à désirer se lancer dans l’aventure, par goût du défi, la soif de créer ou plus simplement le souhait de devenir son propre patron. Pourtant, alors qu’ils se sentent en capacité de réaliser ce projet, une peur apparaît souvent lorsqu’il s’agit de le concrétiser : la peur de l’échec. « Si je n’y arrive pas, je fais quoi après ? » Pour cela, ils ont besoin d’être soutenu dans leurs démarches. Le MJECC via son projet PAPEJ (former 17000 entrepreneurs) et votre programme jeunesse se doit de répondre à cette attente et non de nous stigmatiser.

Emploi des jeunes au Sénégal : une arme politique et la guerre des chiffres ?

Je vous cite encore Monsieur le ministre “ le dénominateur commun de la jeunesse, c’est le probléme de l’emploi. Je pense régler le probleme de l’emploi prime sur les loisirs et la distraction. Nous sommes dans un pays en voie de développement, nous avons besoin de travailler plus que de passer beaucoup de temps aux loisirs et à la distraction.” Mame Mbaye Niang

Cette déclaration et votre volonté de créer 110000 emplois via l’agence ANPEJ sont à encourager et à saluer.

Cependant la situation du Sénégal constitue un paradoxe. Avec une stabilité politique, une population jeune et la réputation des écoles de formation de qualité, mais hélas, le taux de chômage et la création d’entreprise chez les jeunes demeurent alarmants.

Nombreux facteurs peuvent expliquer ce phénomène :

/ Une formation pas toujours adaptée aux besoins des entreprises,

/ Le secteur informel représente plus de la moitié de l’activité économique,

/ Le secteur privé et la fonction publique ne peuvent pas absorber les demandes d’emploi, de stages des étudiants et jeunes diplômés,

En matière d’emploi, les jeunes ne veulent plus avoir à attendre d’être en situation d’échec pour bénéficier d’un soutien. Il est bien sûr nécessaire que des filets de sécurité existent pour ceux qui sont en difficulté. Mais cela ne peut tenir lieu de solution proposée à l’ensemble des jeunes. Il faut aussi donner les moyens à ceux qui ne sont pas encore dans l’impasse de faire leur chemin. On ne peut plus se contenter de leur proposer de partir à la recherche du meilleur dispositif « difficulté d’accès à l’emploi ». L’enjeu, c’est donc d’agir par des mesures qui encouragent le choix et l’initiative, des mesures de valorisation de tous les talents. C’est la meilleure façon de démontrer par les actes que les jeunes ne constituent pas un problème mais un formidable potentiel. Puissance publique et entreprises ont donc tout à gagner à favoriser et à soutenir des initiatives génératrices d’autonomie, de créativité et de solidarité.

Je tenais à partager ce message à notre jeunesse à fort potentiel d’être acteur de son devenir professionnel.

Toi acteur public, il est temps de déployer des approches nouvelles sur une logique d’ « empowerment » consistant « à donner aux jeunes les moyens d’accroître et de renforcer leurs capacités d’agir par eux-mêmes pour conduire leur vie professionnelle »

Oumar BA, fondateur http://manucreateur.com/ / o.ba@manucreateur.com / 77 489 04 14

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