Comment j’ai arrêté de vouloir plaire à tout le monde à tout prix

“Vouloir plaire à tout le monde” ou avoir un besoin de reconnaissance a toujours été presque pathologique chez moi et je pense qu’une personne dans le même cas ne se débarrasse jamais vraiment de cette petite tare (spoiler : le titre est un peu trompeur). Ce besoin de reconnaissance traduisait clairement un manque de confiance de moi et était lourd car une lutte constante avec moi-même au quotidien.

“vouloir plaire à tout le monde” vous éloigne de vous-même. Explications : dans le souci de faire plaisir à autrui, vos actions leur profite plus qu’à vous. Et, à toute chose, l’excès nuit (je ne vous apprends rien). Agir trop en fonction des autres vous dessert, et vous finissez par attirer les profiteurs. C’est là que le cercle vicieux commence. Je vais raconter une anecdote simple et banale qui résume bien cette situation : entrée au collège et dans le souci de plaire à des camarades de classe, je décide de faire profiter à une “amie” d’un compte quasi illimité dans un magasin de papeterie en face de l’école. Je me sentais valorisée, faire partie d’un groupe sachant que tout ça était superficiel. Sauf qu’après avoir obtenu ce qu’elle souhaitait, elle m’a bien entendu ignorée par la suite et j’omets les brimades. Sauf qu’en attirant une personne mal intentionnée, je me suis attirée des ennuis (=compte vidé = justification auprès des parents) et ma confiance en moi a encore été mise à rude épreuve (à cause des brimades et du rejet).

“vouloir plaire à tout le monde” m’a souvent amenée à ce genre de situations et processus : action pour valoriser les autres → sentiment d’intégration et vernis fragile d’estime de soi → ennuis et rejet → déprime et perte de confiance en soi.

“vouloir plaire à tout le monde” pose un autre problème : le manque de spontanéité. Á force de vouloir tout contrôler, tout ce qu’on fait manque de naturel. Nos rapports sont dans la séduction (non, la séduction littérale er pas que don juanesque) donc nos relations superficielles.

“vouloir plaire à tout le monde” est devenu lassant. Pour résumer, disons que j’ai fait un burn-out du besoin de reconnaissance. Sauf que passer de celle qui avait besoin de plaire constamment à celle qui a trouvé un équilibre entre altruisme et égoïsme n’a pas été un long fleuve tranquille. La cure a commencé par un rejet total de la séduction à tout prix. J’ai ensuite commencé à penser à moi, uniquement à moi. J’avais besoin de cette phase. Puis, je me suis intéressée au sujet, à lire des bouquins et la vie pro m’a beaucoup aidée. Je me suis exercée à dire “non” de manière diplomatique (ou pas d’ailleurs). Arrêter de donner des excuses mais dire simplement pourquoi je ne veux pas et basta. Je me suis faite plaisir : shopping, voyages, week-end solo à ne rien faire, binge-watching et surtout j’ai arrêté d’assumer les contraintes des autres. bref, la libération. Et puis, je me suis redécouverte.

J’ai recommencé à vouloir faire plaisir à des gens qui le méritent, à mettre des limites et quand je regarde en arrière, j’ai fait un long chemin vers l’estime de moi en me disant que ce n’était peut-être pas si compliqué. L’avantage d’avoir arrêté de plaire à tout le monde est plus riche que vous ne le pensez : fini les relations toxiques, le porte-feuille s’en porte mieux, on se sent moins fatigué en mettant des limites et on fait des projets pour soi. Indirectement, j’ai appris à me fixer des objectifs et à me projetter. Bref, je me rapproche (pas à pas) de moi-même.