Le jeu du viol -the rape game

Tout comme un viol, je vais commencer cet article de façon rude, sèche et intrusive. Je décide donc, d’une certaine façon, de m’imiscer dans une partie de votre intimité pour parler d’un sujet dont j’ai envie que l’on prenne au sérieux. Mon dare, mon sujet. Mon jouet.

Si le viol est perçu de façon comme un acte qui prend son partenaire sexuel comme un jouet, il est vrai, en effet, que le terme ne joue pas sur les mots. Le viol est intrusif et force l’autre à s’engager dans un jeu qu’il n’a pas accepté de jouer à la base.

Le viol est connu pour sa plaisanterie salace avec le non-consentement de sa victime. Le violeur, lui, n’en est pas une, de victime, car il est tout à fait conscient des règles du jeu qu’il enfreint. Il décide en effet de détruire les barrière de du partage en forçant son jouet, sa poupée, à se soumettre à ses règles improvisées.

Ces règles, n’existent pas, bien sûr. Le violeur n’est qu’un simple maître du jeu anarchique sans dieu ni maître. Il décide des lois qu’il vient de s’inventer afin d’obtenir la grâce du plaisir à jouer. Mais quel jeu joue-t-il ?

Le viol, d’une certaine manière, est un jeu possible. Lorsque le périmètre de sécurité est assuré entre les deux partenaires, il est tout à fait possible de consentir à la mimique du non-consentement. Ceci dit, le cercle magique qui oriente une partie de plaisir se fait pourtant détruire par ce maître anarchique et désobéissant, si ce n’est pas un pléonasme.

Le violeur décide donc de casser les barrières de la magie, du plaisir, de la participation volontaire, du don de soi bénévole et de la bonté de la chaleur humaine. Il y a quelque chose de froid, morbide et sauvage, dans cet acte, pour peu dire. Le manque de politesse ne fait même pas partie du vocabulaire d’introduction sur le sujet, tellement ceci en dit peu.

Pourtant, le viol, cet acte transgressant les règles fondamentales du partage et de l’échange, est une barbarie morale qui n’apparait pas seulement chez les plus pauvres d’esprits. L’action étant tellement consciente et décidée qu’elle ne peut passer comme inconsciente ou innocente de la part du violeur. Ca n’existe pas, un viol accidentel. Ce genre d’accident n’existe même pas dans le jeu de rôle lui même.

Quel est donc ce jeu ? Ce jeu barbare, et qu’y a-t-il à comprendre, finalement ? A quoi correspondra la compréhension de ce dérèglement des charmes ? En quoi est-il fascinant d’entendre les hurlements d’une femme criant à l’aide ? En quoi cette recherche de la pénétration douloureuse est-elle pourchasée ? En quoi les sequelles morales et sanitaires qui suivent un viol ont-elles de charmant ?

C’est un crime comme un autre. Et comme tout crime, les mêmes questions se posent… même si ces questions restent totalement naïves derrière leur écran, la confiance brisée, brûlée et écrabouillée est pourtant la plus petite blessure qui reste après la survie d’un viol…

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