Qu’il s’agisse de Madame Le Pen ou de Monsieur Macron les arguments ayant pour objectif d’aborder la sortie de l’euro et le retour au francs manquent singulièrement de punch et de pédagogie.

La candidature souverainiste du ce second tour évoque un retour au franc avec un euro comme monnaie d’affaire ce qui correspond peu ou prou au rétablissement de l’écu. En gros, une monnaie qui n’a jamais fait ni de mal ni de bien à personne. Pour faire simple, une double monnaie, comme proposée par les souverainistes, ne changera pas grand choses aux inconvénients que rencontrerait le franc en terme de spéculation. Cette dernière, au lieu d’exister entre la nouvelle monnaie nationale et le dollars s’effectuera alors entre le franc et cette monnaie d’affaire que sera l’écu… C’est tout !

Ceci étant dit, on ne peut pas évoquer le retour au franc sans parler des questions légitimes qu’il soulève: peur de la dévaluation, Quid de l’ épargne ? Quelle évolution pour la dette ? Comment allons nous payer nos importations et notamment l’énergie ? Bref, beaucoup de questions sérieuses auxquelles on offre des réponses incomplètes voir fausses.

La dévaluation qui suivra le retour au franc dévastera le pouvoir d’achat.

Commençons par la dévaluation. C’est vrai, il y en aura une… Et c’est même souhaitable ! Que font des pays comme la Chine par exemple pour s’assurer de la prospérité ? Ils dévaluent !! On nous cite sans cesse la période des 30 glorieuses, mais on dévaluait ! Ce procédé largement utilisé par nos concurrents permet de rendre les exportations très compétitives!

Bien entendu nos importations d’énergie vont coûter un peu plus cher, dans un premier temps en tous cas. Mais n’est-ce pas l’occasion pour la France de développer ses capacités en matière d’énergie propre et sur une boucle plus locale ? La mise en oeuvre du nucléaire ne nous a t-elle pas assuré une réelle indépendance énergétique durant des décennies ? Reprenez vos factures d’énergie, vous constaterez facilement que le prix de l’électricité, du gaz et de l’essence représentent principalement des taxes et des coût d’abonnements eux même lourdement taxés. Voilà un beau levier de baisse du coût l’énergie non ?

Enfonçons le clou quand à la dévaluation car nous venons pourtant d’en connaître une d’environs 20% face au dollars. C’est en gros, de l’ordre du dévissage prédit au franc face à l’Euro en cas de FREXIT. Le monde ne s’est pas écroulé même si la facture d’essence fait un peu plus mal à cause, toujours, des taxes. Une dévaluation du francs engendrera donc assez peu d’effets dans un Etat bien géré… Evidement, les importations des produits allemands dont nous sommes le premier client et dont l’attrait parfois injustifié tient souvent au marketing, rencontrera à coup sûr des difficultés. Et ils le savent bien nos “amis” allemands !

A ce sujet, et puisque l’on parle des allemands: ces derniers pratiquent, eux aussi, une forme de concurrence déloyale basée sur une forte économie sociale liée à leur dénatalité tout en pratiquant une immigration taillable et corvéable à merci qui leur donne un grand avantage. Certes, ils le paieront cher demain… Mais si demain on rase gratis les bénéfices sont quand à eux bien actuel avec en prime une explosion de la pauvreté dont le futur nous contera les conséquences.

La dette deviendra insoutenable pour nous et les générations futures.

Précisément, parlons de la dette qu’un état ne paie jamais soit dit en passant. Selon les économistes, les taux de remboursement de cette dernière flamberaient en cas de passage au francs. Cette affirmation se heurte quand même à une simple réalité qui démontre que l’on n’a pas besoin de revenir au franc pour voir notre dette devenir ingérable.

A ce jour, la France est en passe de devenir un pays considéré comme désindustrialisé. Hors, nous savons que dans les zones de reclassement faisant suite aux délocalisations industrielles, la tertiairisation de l’économie basée sur les services aura impliqué une baisse des salaires et une perte des savoir faire techniques. C’est ce que la destruction des bassins industriels de notre pays a démontré depuis des décennies. Je pense en particulier à la Lorraine tout dernièrement avec les coûts sociaux induits et que l’ on se garde bien de relier à ceux des délocalisation puisque ce sont nos impôts qui paient donc…Nous !

Pour information, nous importons 82% de ce que nous consommons. Cela signifie que nous achetons plus que nous vendons et de fait nous déséquilibrons ainsi la balance du commerce extérieur. Notre consommation est donc basée sur un principe d’endettement de notre pays et la dette… C’est nous citoyen qui l’a payons dans tous les cas et à tous les niveaux ! Pensez-vous raisonnablement que cette situation puisse durer sans exploser ?

De fait, il est assez évident de penser que de produire à nouveau en France nous permettra de rétablir un équilibre de la balance du commerce extérieur (notamment avec l’Allemagne) entraînant ainsi une baisse mécanique du chômage et des coûts exhorbitants qui en découle. Voilà un foyer d’économie monumental.

Nous aurons alors tout intérêt à fabriquer de la qualité et à nous détourner du jetable au profit du réparable. C’est cela la véritable économie durable !

Le retour au franc sera un désastre pour l’épargne des citoyens

Terminons cette réflexion sur le FREXIT en évoquant l’épargne. Evacuons immédiatement une contre vérité: Non ! votre épargne ne sera pas détruite suite à un retour au franc. La raison en est simplement qu’avec une rémunération actuelle à 0,75% liée à la négation du niveau réel de l’inflation votre épargne est déjà en train de fondre comme neige au soleil !

Avec le retour au franc, cette dernière bénéficiera, au contraire, du rebond économique lié à la reprise de nos entreprises. Prenez l’exemple de l’assurance vie, la partie dite en action sera véritablement “fouettée” par la reprise d’activité de notre appareil productif. En économie financière, il y une chose que nos spécialistes autoproclamés oublient toujours :tout se compense !

En conclusion…

Nous échangerons une économie durable contre celle de la gabegie du chômage et des multiples coûts sociaux qu’il engendre tel un cancer qui se métastase et dévore un organisme sur plusieurs fronts.

Quand au fait d’évoquer l’émission d’une monnaie qui ne serait que du papier sans valeur aux yeux de certains… Quel pudique silence de ceux-ci sur le Quantitative Easing Européen donné entre 800 et 1100 milliards d’euros. Celui-ci n’aura servit qu’à racheter des dettes à des banques tout en en transférant le poids du financement sur l’épargne des citoyens européens via une rémunération à des taux scandaleusement bas.

C’est un peu comme si chaque épargnant louait un appartement sans percevoir de loyer et ce serait même le propriétaire qui paie. Du taux négatif en quelques sortes… C’est une manière habile et difficilement perceptible de spolier les épargnants que nous sommes de leurs épargne. Car rapellons que si la dette française est de 2000 milliards d’euros, l’épargne est quand à elle de 12000 milliards d’euros. Le beau gâteau que voilà !

Cet article un peu long avait pour objectif de vous expliquer pourquoi il ne faut pas avoir peur de situations que nous avons tous connu plusieurs fois dans notre vie en terme de changement de monnaie et puis… Tout le monde sait que l’Euro à l’agonie, ce débat est déjà un peu obsolète.

Ce ne sera qu’une de plus et surement pas un saut dans l’inconnu .En vérité, envoyer un porte hélicoptère au large de la Corée du Nord… ça c’est un saut dans l’inconnu !

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