Programme au rabais pour la Berlinale 2016 ?

La Berlinale 2015 m’avait plu. Vrai, je n’y avais pas vu quantité de films, et si la moitié ne m’avait qu’à moitié convaincue, l’autre m’avait impressionnée (Knight of Cups, Victoria). Cette année, c’est donc avec empressement que j’attendais la Berlinale 2016. Que ne fut mon désarroi à la lecture du programme : une petite minorité de films me semble cette année attractive. En recherchant des documentaires, je butte sur le nom de Michael Moor. Dur à avaler. Enfin, je porte mon choix sur la programmation des courts-métrages et la catégorie Panorama : des films qui seront peut-être plus difficiles à trouver en dehors du festival.

Première séance : Antes o tempo não acabava de Sérgio Andrade et Fábio Baldo

Le thème du film m’a paru prometteur : le déchirement d’un individu entre ses racines indigènes et la vie brésilienne contemporaine. Je ne dirais pas que le film est mauvais ; en revanche il me paraît inabouti, en tout cas pas à la hauteur d’un des plus grands festivals de cinéma au monde. Les pérégrinations du personnage nous font ressentir tout l’ennui et la vanité de la vie, sans toutefois apporter d’éléments de réflexion. Malgré des évènements d’une grande intensité en théorie (notamment le sacrifice d’une petite fille), le spectateur ne parvient pas à s’impliquer émotionnellement dans le film. Seule la première scène est fantastique et prouve malgré tout le talent des metteurs en scène : dommage que le reste ne suive pas.

Deuxième séance : 8 court-métrages allemands des années 60

Pour le coup, c’était franchement mauvais. Je m’étonne que de tels films aient pu survivre aussi longtemps et surtout trouver leur place au sein d’un festival d’une telle renommée. Imbus du vent de liberté insufflé sur le cinéma par la nouvelle vague, les réalisateurs filment des incongruités injustifiées et racontent en voix off tout ce qui leur passe par la tête. L’irrationalité est cool. J’en aurais ris lors d’une projection sans faste dans la cave enfumée d’un bar de Neukölln ; mais enfin, payer 11 euros et encourager un programme aussi peu sélectif à la Berlinale, c’est à mon sens inacceptable.

Peut-être me suis-je trop vite laissée aller à une dénonciation outrée au bout de seulement deux séances. Je serais bien sûr heureuse d’apprendre que je me suis trompée quant au reste de la programmation. Cette année malheureusement, prise par mon travail et mes cours du soir, je n’aurai pas le loisir d’insister et de rechercher coûte que coûte la perle de cette 66e édition. En attendant d’aller voir les films récompensés à leurs sorties, ciao Berlinale, bonjour Boddinale !