Avotech, le premier syndicat des avocats de la Legaltech

Case.one France
Oct 23, 2017 · 3 min read

Dans un communiqué de presse du 3 octobre 2017, des avocats créateurs de Legal Start-up, telles Call a Lawyer et Fast Arbitre, annoncent la création d’un syndicat voué à réunir les avocats à l’initiative de la Legal Tech en France. Son nom : Avotech. Mathieu Davy, son président, et Jérôme Giusti, son vice-président, ont expliqué la portée de ce syndicat et leur ambition au journal Les Échos dès le lendemain de la parution du communiqué de presse. Retour sur cette initiative française.

Ce premier syndicat des avocats de la LegalTech, Avotech, tend à défendre les valeurs des technologies au service du droit, la promotion et la défense des intérêts des avocats de la profession, créateurs de Legal Tech. Réunis pour porter une vraie réflexion et porter d’une seule et même voix des nouveaux projets technologiques, Avotech se veut être un « do tank » à même de porter des réformes.

Le marché des avocats est en pleine mutation avec l’arrivée de nouveaux acteurs, tels que les LegalTech, start-up juridiques redéfinissant la relation client et les besoins juridiques du marché. Leur objectif via les nouvelles technologies n’est pas de remplacer l’avocat. Au contraire, les Legal Technologies s’adressent aux professionnels du monde juridique. Comment Avotech, premier syndicat des avocats créateurs de LegalTech, entend insuffler un vent nouveau dans le secteur juridique ?

Avotech, un « do tank » à vocation syndicale

Le monde de l’entreprise rencontre un bouleversement depuis l’arrivée des nouvelles technologies. Le marché des avocats prend non sans difficultés le pas et intègre doucement ces nouveaux outils au service de leurs compétences et de la relation-client.

En créant Avotech, les avocats de la LegalTech ouvrent une voie méconnue pour un secteur encore conservateur selon ses fondateurs : le « do tank ». A contrario d’un think tank (laboratoire d’idée), le do tank veut mêler travail intellectuel et expérimentations sur le terrain.

Pour Mathieu Davy et Jérôme Giusti, les avocats créateurs de LegalTech sont aujourd’hui trop dispersés pour parler d’une seule et même voix. Leur « do tank » à vocation syndicale entend porter d’une voix uniforme leurs travaux de réflexion sur l’implantation des nouvelles technologies dans une profession encore réticente à leurs utilisations. Ce travail doit se faire auprès de la profession d’avocat, des instances ordinales et auprès d’autres syndicats.

Si les choses ont certes évolué, les craintes restent encore fondées et des LegalTech d’avocats se voient toujours refuser leur exercice dans certains barreaux de France. L’objectif est ainsi d’uniformiser le périmètre d’application des LegalTech en s’appuyant sur le socle déontologique de la profession.

Une ambition, porter des réformes

Selon Mathieu Davy et Jérôme Giusti, Avotech n’aura pas pour seule mission de réunir en un consortium d’avocats du secteur des Legal Technologies. Son ambition est plus grande : porter des réformes au sein de la profession de manière à faire évoluer les mentalités.

Président d’Avotech et co-fondateur de Call a Lawyer, Mathieu Davy déplore une perte de vitesse de la profession d’avocat au regard du digital malgré quelques avancées législatives comme la Loi Macron du 6 août 2015. Dorénavant, les avocats sont habilités à exercer à titre accessoire une activité commerciale suite à la modification du régime des incompatibilités à l’exercice de la profession d’avocat édicté à l’article 111 du décret n° 91–1197 du 27 novembre 1991. Créer une entreprise du droit est donc possible. Grâce à cette avancée, les plus jeunes avocats se sont saisis de cette opportunité en créant en complément de leur activité professionnelle des LegalTech.

Même si plusieurs barreaux en France et le Conseil National des Barreaux (CNB) ont mis en place des incubateurs pour faire émerger ses entreprises et qu’un système de remise de prix pour encourager l’innovation a été instauré, Mathieu Davy considère que cela ne va pas assez loin tout en saluant l’initiative. Ces incubateurs seraient des laboratoires de réflexion connectés aux Ordres des avocats, ce qui conduiraient la plupart des LegalTech à se tourner vers des incubateurs plus innovateurs comme le tout nouveau Station F.

Néanmoins, Avotech est un premier pas vers la digitalisation du monde des avocats. Son président se réjouit déjà de cette première initiative 2.0 !

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